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  • L'enseignement 100% IA du David Game College de Londres
    Jan 13 2026

    Face au recours de plus en plus fréquent et incontrôlé des élèves à des outils comme Mistral, Claude ou Chat GPT, un collège-lycée privé de la City de Londres a voulu prendre les devants : l'établissement a ouvert l’an dernier une classe où l'enseignement est entièrement dispensé par un agent d'intelligence artificielle. Les jeunes étudient pour l’équivalent du brevet des collèges et du baccalauréat. Ils n'ont pas de professeurs mais des coachs pour suivre leur progression. Si les résultats sont là, une question se pose : qui contrôle le contenu de ces outils ?

    De notre correspondante à Londres,

    Quatorze adolescents les yeux rivés sur leurs écrans. Rien d'étonnant à première vue, sauf qu'ils sont en classe et qu'ils sont en train d'apprendre. « Je n'enseigne pas les matières au programme. Mais enseigner, c'est aussi donner aux élèves l'envie d'apprendre, les aider à comprendre le fonctionnement du cerveau dans l'apprentissage et leur donner les méthodes les plus efficaces. Nous avons des rendez-vous individuels chaque semaine et nous vérifions leurs données en continu : c'est un soutien beaucoup plus intensif parce que je n'ai pas à planifier une centaine de cours ou à préparer ou corriger des tests. Tout se fait automatiquement ! », explique Alexander, coach éducatif au sein de l'établissement David Game à Londres.

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    S'ils ont une question, les élèves la posent à l'agent intelligent appelée Violette. S'ils n'ont pas compris, ils peuvent lui demander de répéter ou bien d'expliquer plus simplement les choses. Cela enlève la timidité ou la honte devant ses camarades, assure Alexander. Heymans est, lui, même en plein cours de biologie sur les ganglions lymphatiques. Il étudie pour l'examen que les élèves du Royaume-Uni passent à 16 ans. « C'est une méthode très intéressante. Vraiment, j'adore. Chaque plateforme a son propre type d'apprentissage. On ne s'ennuie pas », renchérit-il.

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    « D'où viennent les données utilisées pour nourrir ces moteurs d'intelligence artificielle » ?

    Principal du collège, David Dalton est celui qui a lancé l'idée de cette classe 100% IA, quand Chat GPT est monté en popularité. Conscient du pouvoir de perturbation de cette nouvelle technologie dans l'éducation, il a, dit-il, voulu au contraire prendre les devants. L'école a alors investi environ un million d'euros pour développer sa propre plateforme. « Ce n'est pas une expérience, dans le sens où nous savions déjà qu'on pouvait obtenir des résultats supérieurs avec un enseignement individuel sous cette forme. Mais les résultats sont spectaculaires », souligne-t-il.

    Selon l'établissement, tous les élèves de l'an passé ont amélioré leurs résultats d'au moins deux points. Mais à l'heure qu'il est, il n'y a aucun mécanisme, aucune structure gouvernementale qui surveille l'utilisation de l'IA dans les écoles. Pourtant, selon Lili Villard, chercheuse à l'Institut des politiques éducatives, environ la moitié des enseignants des écoles secondaires britanniques utilisent l'IA et environ les trois quarts des élèves le font aussi. « Leurs algorithmes sont souvent construits à partir de différents sous-ensembles de données. Or, nous ne savons pas nécessairement d'où viennent les données utilisées pour nourrir ces moteurs d'intelligence artificielle. Il y a un réel manque de recherches et de données », déplore-t-elle.

    Un comité d'évaluation des technologies pédagogiques a été mis en place par le ministère de l'Éducation britannique, mais pour l'instant, il n'en est qu'à la phase de recueil des informations.

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  • Colombie: à la frontière avec le Venezuela, la résurgence de la crise du Catatumbo
    Jan 12 2026
    En Colombie, un groupe dissident des Farc a appelé, jeudi 8 janvier, à un « sommet des guérillas » à la suite de l'intervention militaire américaine au Venezuela et à la chute de Nicolas Maduro. Cette initiative fait figure de main tendue en vue de faire front commun face aux États-Unis, alors que les combats entre différents groupes rebelles font rage dans la région du Catatumbo, dans le nord-est de la Colombie. Des affrontements qui font des centaines de déplacés : depuis le 24 décembre, les autorités de la ville de Cucuta ont ainsi recensé l'arrivée de près de 2 300 réfugiés. De nos envoyées spéciales à Cucuta, Au centre régional d'aide aux victimes de Cucuta, Maria, 32 ans, attend de la nourriture et du lait pour son bébé. Le 25 décembre dernier, elle a fui son village sans rien emporter. Aujourd'hui, ses trois enfants sont traumatisés. « La petite, dès qu'elle voit quelqu'un en uniforme, elle a peur. Mes fils de 8 et 14 ans ont déjà vu des morts. D'ailleurs, le jour où on est parti, il y avait des corps sur la route », raconte ainsi Maria. Entre les Farc et l'ELN, les combats se sont intensifiés Depuis un an, la guérilla de l'ELN et un groupe dissident des Farc s'affrontent pour contrôler le Catatumbo. Depuis trois semaines, les combats - avec des drones - s'y sont de nouveau intensifiés, alors que certains villageois ne sortent plus de chez eux depuis des mois déjà. Une situation intenable pour Maria : « Ils nous ont dit qu'ils ne voulaient voir personne dehors, qu'on devait rester enfermés chez nous. Mais comme ils ont coupé l'électricité et que les enfants étaient malades, c'était impossible de rester. Mon fils de 8 ans avait de la fièvre et la petite tousse : il fallait qu'on parte. Sur la route, ils nous ont arrêtés. Mais quand ils vont vu mon fils très malade, ils nous ont laissé passer », reprend celle-ci. Interrogée sur l’identité de ceux qui l’ont arrêtée, elle évoque simplement « les deux groupes qui se battent », n’osant pas prononcer leurs noms. « Si le Catatumbo était pauvre, il n'y aurait pas de guérilla » Bien que réfugié à Cucuta, Maria continue d'avoir peur car les deux guérillas ont des informateurs dans la ville. C'est dire combien cette région est stratégique pour elles, comme l'explique ce leader communautaire qui tient à garder l'anonymat : « Si le Catatumbo était pauvre, il n'y aurait pas de guérilla. Les groupes armés sont ici à cause des richesses qu'ils s'accaparent : les mines illégales, le charbon, l'élevage, l'huile de palme, les pierres précieuses, les champs pétroliers, et bien sûr la drogue. Mais si leur seule source de financement était la drogue, alors le conflit serait sur le point de se terminer car avec ce qui se passe dans les Caraïbes, les envois ont diminué ». Zone de production mais aussi zone de transit, le Catatumbo est un point névralgique du trafic de drogue dont tire profit une partie de l'armée vénézuélienne. C'est d'ailleurs de ce côté-là de la frontière que vivent les chefs des guérillas colombiennes. Mais depuis la chute de Nicolas Maduro, ils envisageraient de rentrer en Colombie. « Évidemment que ça m'inquiète, mais pas à cause des chefs. Eux, ils ne participent pas aux combats. Ils vont passer par ici et aller se cacher. Le problème, c'est qu'ils ont des hommes avec eux qui vont venir grossir les rangs des combattants ici. Du coup, le conflit pourrait continuer indéfiniment », développe le leader communautaire. À moins, espèrent plusieurs acteurs de cette crise, que la pression des États-Unis sur la Colombie fasse effet. Jeudi 8 janvier, Gustavo Petro et Donald Trump se sont engagés à mener des actions conjointes à la frontière. À lire aussiDonald Trump invite Gustavo Petro à Washington: les États-Unis amorcent-ils une désescalade avec la Colombie?
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  • Etats-Unis-Canada: quand les tensions politiques s'invitent dans les patinoires de hockey sur glace
    Jan 11 2026

    Menaces d’annexion, guerre commerciale et droits de douane… Près d’un an après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a sérieusement refroidi les relations entre les États-Unis et le Canada. Les tensions entre les deux pays se sont même parfois invitées au coeur du sport national canadien : le hockey sur glace, avec l'hymne américain sifflé ou des rivalités exacerbées…

    De notre envoyé spécial à London,

    À London, dans l’Ontario, près de la frontière avec les États-Unis, sur la glace, l’affiche du soir oppose deux franchises junior de hockey. Les Canadiens des London Knights, en vert et jaune, reçoivent les Erie Otters, en blanc et bleu, venus de Pennsylvanie, aux États-Unis. Et jouer contre des Américains, ce n’est plus tout à fait anodin, expliquent ces deux fans.

    « Il y a longtemps, quand j’étais plus jeune, ce n’était pas très important. Mais maintenant, ça l’est devenu, surtout si le Canada joue contre les États-Unis. C’est devenu une affaire personnelle, en quelque sorte, à cause de la politique. Quand on entend Trump dire qu’il veut faire de nous le 51e État des États-Unis, évidemment, en tant que Canadien et souverainiste, ça ne passe pas », affirme le premier. « Oh oui, on veut les battre pour envoyer un message politique ! », réagit le second.

    L’hymne américain sifflé

    Dans les gradins pourtant, pas de message hostile. Comme avant chaque rencontre contre une franchise américaine, une trentaine d’enfants entonnent l’hymne des États-Unis. Ailleurs dans le pays, au plus fort des tensions, l’hymne américain a parfois été sifflé. « Mais ce n’est jamais arrivé ici, à London », raconte Johan, un fidèle supporter des Knights. « C’est une forme de respect. Nous, on veut juste voir du bon hockey et là, on parle d’enfants qui jouent. Ce ne sont même pas des adultes. On essaie de laisser le plus possible la politique en dehors du hockey... »

    Il faut dire que malgré les crispations politiques, le hockey reste aussi - et surtout - un espace de coopération entre les deux pays. La ligue junior de l’Ontario, l’OHL, compte trois franchises américaines. Et dans l’effectif des London Knights, deux jeunes joueurs viennent des États-Unis. Mais « c’est assez fluide. Ils viennent ici, ils vivent ici, ils sont logés chez l'habitant. Nous leur obtenons un visa étudiant pour qu'ils puissent venir jouer pour nous. C'est donc un bon arrangement, déclare Rick Steadman, l’un des entraîneurs des Knights. Et c’est la même chose dans l'autre sens : aux États-Unis, ils font venir des joueurs canadiens. Cela fonctionne très bien pour tous les joueurs de hockey, qui pouvent aller d'un pays à l'autre ».

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    « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu’avant aux États-Unis »

    Mais si les joueurs vont et viennent de part et d'autre de la frontière, ce n’est plus forcément le cas de tous les fans.

    « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu’avant aux États-Unis. Les fans des London Knights ont l’habitude d'aller voir les matchs un peu partout. Mais désormais, ils se rendent beaucoup moins aux États-Unis parce qu’ils s’inquiètent de la situation à la frontière. Moi, par exemple, en tant que journaliste, j’y réfléchis à deux fois avant d’aller aux États-Unis parce que je me dis : est-ce que je veux vraiment me prendre la tête avec les gardes-frontières ? C’est juste une sorte de barrière que nous n’avons jamais connue, même lors du premier mandat de Trump », analyse Ryann Pyette, journaliste sportif au London Free Press.

    Comme beaucoup de fans, celui-ci espère néanmoins retrouver les États-Unis sur la glace, le mois prochain, en finale des JO, dans le match pour la médaille d’or.

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