Idées Podcast Por RFI arte de portada

Idées

Idées

De: RFI
Escúchala gratis

OFERTA POR TIEMPO LIMITADO | Obtén 3 meses por US$0.99 al mes

$14.95/mes despues- se aplican términos.

La parole à ceux qui pensent le monde. Chaque dimanche, Idées prend le temps d’écouter celles et ceux qui décryptent le monde contemporain. Lors d’un entretien de près d’une heure, mené par Pierre-Édouard Deldique, ces «témoins du siècle», intellectuels francophones, auteurs d’essais pour la plupart, livrent leurs pensées. Une exigence : la clarté, afin de répondre à la curiosité des auditeurs de RFI. Ceux-ci sont d’ailleurs invités à réagir à leurs propos et à dialoguer avec eux. Réalisation : Vanessa Rovensky. *** Diffusions le dimanche à 19h10 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
Ciencias Sociales
Episodios
  • George Orwell, l’intemporel
    Jan 11 2026

    Le numéro de décembre-janvier de La Revue des Deux Mondes consacre son dossier à George Orwell, figure majeure de la pensée, dont l’œuvre continue de résonner avec acuité dans notre monde contemporain.

    Sous le titre « Orwell, l’intemporel », la Revue propose en effet un ensemble d’articles qui explorent la puissance prophétique de l’auteur de 1984 et La Ferme des animaux, mais aussi la complexité d’un écrivain trop souvent réduit à ses dystopies.

    Aurélie Julia, la passionnante directrice de la revue, est l’invitée de Pierre-Édouard Deldique, dans ce nouveau numéro du magazine IDÉES. Dans l’éditorial, elle pose une question qui traverse tout le numéro : « Aurions-nous dépassé en 2025 les sombres prédictions de l’écrivain britannique ? ». L’interrogation mérite en effet d’être soulevée. Face à l’essor des pouvoirs autoritaires, à la montée de la surveillance numérique, à l’appauvrissement de la langue, à la prolifération de la post-vérité ou encore aux promesses ambiguës du transhumanisme, Orwell apparaît comme un compagnon de route indispensable pour penser les dérives de nos sociétés.

    La revue rappelle que la force d’Orwell tient à la cohérence entre sa vie et son œuvre : immersion parmi les plus pauvres, engagement dans la guerre d’Espagne, observation minutieuse des mécanismes de domination. Cette expérience du réel nourrit une lucidité qui, aujourd’hui encore, éclaire nos inquiétudes.

    À lire aussiCannes 2025: Raoul Peck s'intéresse à la lucidité très contemporaine de George Orwell

    Comme à chaque fois, le numéro rassemble des contributions variées, qui dessinent un portrait pluriel de l’écrivain. L’ensemble compose un dossier dense qui mêle littérature, réflexion politique et analyse sociétale. Orwell n’y est pas figé dans une posture de prophète, mais il est présenté comme un penseur du réel, dont la lucidité dérange autant qu’elle éclaire. La revue insiste sur un point essentiel : si Orwell demeure si actuel, ce n’est pas parce qu’il aurait « prédit » notre monde, mais parce qu’il a compris les mécanismes universels du pouvoir, de la manipulation et de la servitude volontaire.

    En rassemblant des voix diverses, La Revue des Deux Mondes propose un numéro qui invite à relire Orwell dont les textes continuent de nous mettre en garde contre les dérives de notre temps. Ce dossier offre ainsi une porte d’entrée stimulante pour quiconque souhaite comprendre pourquoi, près de 75 ans après sa mort, Orwell demeure l’un des penseurs les plus nécessaires pour affronter les défis du XXIᵉ siècle. La Revue des deux mondes, décembre 2025 – janvier 2026.

    À écouter aussi :Philippe Jaworski, éditeur d'une sélection d'oeuvres de George Orwell

    ► Les références musicales :

    • Superpoze Statues
    • Eurythmics Doubleplusgood (Bande originale du film 1984)
    • Eurythmics Winston's Diary (Bande originale du film 1984)
    • Calvin Russell Big Brother
    Más Menos
    45 m
  • Retour sur l’œuvre de Philippe Descola
    Jan 4 2026

    Dans IDEES, Pierre-Edouard Deldique reçoit l’anthropologue de renom Philippe Descola pour un retour sur son travail de recherche à l’occasion de la parution aux éditions du Seuil de son ouvrage Politiques du faire‑monde, qui prolonge les grandes lignes de l’anthropologie de Philippe Descola.

    Issu des « Tanner Lectures » prononcées en 2023 à l’université de Berkeley aux États-Unis, l’ouvrage condense plus de cinquante ans de recherches, notamment auprès des Achuar d’Amazonie. Il propose une réflexion ambitieuse : comment repenser nos institutions, nos catégories et nos manières d’habiter la Terre à partir d’une anthropologie des ontologies ?

    Avec clarté et profondeur, Phillipe Descola revient, dans son livre et dans ce numéro d’IDEES, sur l’héritage problématique, selon lui du « siècle des Lumières », c’est-à-dire la séparation radicale entre nature et culture, véritable matrice de la modernité occidentale. Cette distinction, rappelle-t-il, n’est ni universelle ni nécessaire. Elle est un programme d’étude du monde qui a permis l’essor des sciences, mais qui a aussi rendu possible l’exploitation illimitée de la nature ou non-humains.

    L’un des apports majeurs de Descola est la typologie de quatre ontologies — ou filtres ontologiques — qui structurent les manières humaines de composer un monde. Elles ne sont pas des « visions du monde » abstraites : ce sont des manières de faire monde, c’est‑à‑dire de sélectionner certaines relations comme pertinentes pour composer un cosmos habitable.

    Il nous les détaille dans ce nouveau numéro du magazine qui interroge ceux qui pensent le monde. L’enjeu politique est clair : le naturalisme n’est qu’une ontologie parmi d’autres, et non l’horizon indépassable de l’humanité. Il s’agit de rompre avec l’idée que seuls les humains composent le politique. Les non-humains — animaux, plantes, lieux, esprits, objets techniques — doivent être reconnus comme acteurs de mondes.

    Philippe Descola plaide pour une diplomatie des ontologies, où les collectifs humains reconnaissent la légitimité d’autres manières d’habiter la Terre. C’est une autre façon de concevoir l’ONU du futur.

    Politiques du faire‑monde est un texte bref mais dense. Son ambition politique, au sens noble du terme, est affichée. Les propos clairs de Philippe Descola au micro en sont une preuve supplémentaire. Ce livre est indispensable.

    À lire aussiPhilippe Descola: «Par-delà nature et culture»

    ► Les références musicales :

    • Jean-Michel Jarre - Amazonia, Pt. 8
    • No Tongues - Tortue Géniale
    • Pierre Bachelet - Des Cobras Et Des Gazelles
    • Francesco Agnello - Hang 12
    Más Menos
    45 m
  • Arthur Schopenhauer s'invite dans Idées
    Dec 28 2025

    Ce dimanche, dans IDEES, Pierre-Edouard Deldique reçoit Christian Sommer, l’éditeur de l’œuvre maîtresse du philosophe allemand intitulée : « Le Monde comme volonté et représentation » dans la prestigieuse collection « La Pléiade » chez Gallimard.

    Ce livre publié en 1819 est un livre à la fois métaphysique, esthétique, éthique et littéraire, qui propose une vision du monde d’une rare puissance.

    Notre invité, spécialiste de philosophie, lui rend justice en soulignant à la fois la rigueur conceptuelle et la puissance stylistique d’un texte souvent réduit à tort à son pessimisme.

    Schopenhauer y développe la thèse suivante : le monde est double. Il est représentation, c’est‑à‑dire phénomène structuré par notre esprit, et il est aussi volonté, une force métaphysique irrationnelle qui anime toute chose. Nous sommes dépendants d’elle.

    Le philosophe reprend Kant : nous ne connaissons jamais les choses en soi, seulement les phénomènes tels qu’ils apparaissent dans les formes de notre esprit. Cette thèse permet à Schopenhauer d’affirmer que le sujet est la condition de possibilité du monde. Le réel n’est pas un donné brut : il est une construction.

    Alors que se cache-t-il derrière la représentation ?

    La seconde partie de ce livre majeur introduit la notion centrale de volonté. Il ne s’agit pas ici de la volonté consciente ou rationnelle, mais d’une force aveugle, irrésistible, universelle, qui traverse la nature entière.

    Conséquence: vivre, c’est vouloir ; vouloir, c’est manquer ; manquer, c’est souffrir. La vie oscille entre désir (souffrance) et satisfaction (ennui). D’où la réputation de pessimisme attachée à Schopenhauer.

    Dans la troisième partie de l’ouvrage, le penseur développe une théorie de l’art. L’art, dit‑il, suspend la volonté. Il nous permet de contempler les choses sans désir, sans intérêt, sans finalité.

    L’esthétique devient ainsi une voie de salut : l’art nous arrache momentanément à la souffrance du vouloir‑vivre.

    Enfin, le quatrième livre propose une morale fondée sur la compassion. Si la volonté est universelle, la souffrance l’est aussi. Reconnaître en autrui la même volonté qui nous traverse fonde une éthique de la pitié, proche du bouddhisme, de l’hindouisme.

    Mais la véritable délivrance, pour Schopenhauer, est plus radicale, elle passe par l’ascèse, la négation progressive du vouloir‑vivre. C’est une voie exigeante, presque mystique, qui vise à éteindre le désir lui‑même. Schopenhauer apparaît alors comme un penseur de la sobriété heureuse et de l’altruisme. Pas mal pour un homme surnommé « le pessimiste de Francfort » !

    Les références musicales :

    - Amar Nath Mishra

    Raga Sindhu Bhairavi

    - Wolfgang Amadeus Mozart

    Ouverture de l’opéra Don Giovanni interprétée par l’orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam (dirigé par Nikolaus Harnoncourt)

    - Richard Wagner

    Prélude de l’opéra Siegfried interprété par l’orchestre philharmonique de Vienne (dirigé par Georg Solti)

    Más Menos
    46 m
Todavía no hay opiniones