Episodios

  • Hadja Lahbib : «Israël doit respecter ses obligations et laisser l'aide humanitaire entrer à Gaza»
    Jan 16 2026
    Cette semaine, nous recevons Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité. Guerres en Ukraine et à Gaza, manifestations en Iran ou tensions entre les Vingt-Sept et les États-Unis, elle commente les multiples conflits et crises face auxquels l’UE doit réagir. L’Europe se trouve chamboulée par les manœuvres géopolitiques de Donald Trump qui remettent en cause l’ordre mondial d'après-guerre. Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité, définit son rôle comme le fait « d'anticiper les crises, qu'elles soient provoquées par des catastrophes naturelles, par des guerres ou par des attaques cyber ». « Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles » La Commission européenne souhaite que chaque État membre mette au point un kit de survie accessible aux citoyens, contenant de la nourriture, de l'eau et des copies de documents d'identité importants en cas de crise. « Ces kits de survie sont déjà répandus et acceptés dans des pays comme la Suède, la Finlande ou le Danemark. Dans d'autres pays, comme la France, la Belgique ou l’Espagne, c'est plus difficile. Cela a provoqué certaines questions. On m'a demandé si nous n’avions pas peur de semer la panique. Je dirais plutôt le contraire. Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles car nous pourrons faire face, par exemple, à une fermeture pendant quelques heures de toute alimentation énergétique », détaille la commissaire européenne. « L'objectif est de mettre à genoux la population » L’Ukraine est victime de coupures d'électricité quotidiennes à cause des frappes russes sur ses infrastructures énergétiques. « C'est une stratégie très claire poursuivie par les Russes. Cela enfreint les règles du droit de la guerre. Il y a des règles à respecter. On ne vise pas les infrastructures vitales même en temps de guerre. L'objectif est de mettre à genoux la population. » De nombreux habitants de Kiev se réfugient dans des trains afin d’avoir accès à des générateurs, notamment fournis par l’UE : « Depuis le début de la guerre, nous avons fourni à peu près 9 500 générateurs à l'Ukraine pour lui permettre de survivre. Depuis 2022, nous avons aidé l’Ukraine à hauteur d’environ 1,25 milliard d'euros. Et nous allons continuer », explique la commissaire, également en charge de l’aide humanitaire. « C'est une crise qui nous concerne tous » Au début du mois, les États-Unis ont attaqué le Venezuela et capturé son président, Nicolas Maduro, l’accusant notamment de narcoterrorisme. Depuis, l’administration américaine travaille avec la présidente par intérim et entend prendre le contrôle des ressources pétrolières du pays. L’UE, qui prône l’intégrité territoriale et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, semble peu audible sur ce dossier. Hadja Lahbib regrette l’attitude des États-Unis : « Pendant des décennies, ils ont incarné cette force pour la liberté, pour la défense de la démocratie. Évidemment, il y a beaucoup d'amertume aujourd'hui. [...] Ce n'est pas que Maduro avait une légitimité démocratique, certainement pas, mais ici, c’est le droit international et la Charte des Nations Unies qui sont remis en question. » Elle en appelle à l’autodétermination des Vénézuéliens : « Ce qui est important aujourd'hui, c'est que les Vénézuéliens aient le dernier mot. [...] Ce sont eux qui m'intéressent. [...] Ce qui m'inquiète, c'est le régime qui sera mis en place et comment finalement le droit à l'autodétermination des peuples sera garanti. » Les Vénézuéliens représentent la deuxième nationalité à déposer le plus grand nombre de demandes d’asile dans l’UE. « Il faut réduire la crise. Nous contribuons à l'aide humanitaire aux Vénézuéliens, aux pays limitrophes qui accueillent beaucoup de réfugiés, mais aussi en Europe. [...] C'est une crise qui nous concerne tous. » « Nous serons auprès des Iraniens dans l'aide humanitaire » En Iran, la répression des manifestations par le régime au pouvoir a déjà causé des milliers de morts et plus de 10 000 arrestations. Si certains États membres ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour demander le respect de la liberté d’expression, l’UE est jugée trop timide par certains dans la condamnation de cette répression. « Nous envisageons des sanctions. Nous en avons déjà pris beaucoup, entre autres contre les Corps des Gardiens de la Révolution islamique », se défend la commissaire européenne. Elle appelle à écouter les Iraniens : « Ce qui nous importe, c'est que le premier et le dernier mot reviennent au peuple iranien. [...] Il y a une fatigue du régime qui étouffe les libertés fondamentales. [...] Il y a un ras-le-bol général même si toutes les régions ne sont pas concernées donc il faut être extrêmement prudent....
    Más Menos
    20 m
  • Gaël Veyssière: « L'Ukraine n'est pas en train de s'effondrer »
    Jan 9 2026
    Cette semaine, nous recevons Gaël Veyssière, ambassadeur de France en Ukraine. Il décrit les dures conditions de vie des Ukrainiens et appelle à l’union des États membres pour soutenir le pays financièrement et militairement. L’Ukraine vient de vivre son quatrième Noël sous la menace russe. Pour Gaël Veyssière, ambassadeur de France en Ukraine depuis 2023, ce début d’année est « difficile » pour les Ukrainiens : « Il y a des coupures d'électricité pendant les deux tiers de la journée. Il y a de plus en plus de frappes russes avec un nombre important de vecteurs, c'est-à-dire des drones et des missiles. » Pourtant, selon lui, les Ukrainiens sont « extraordinairement résilients ». « Ils tiennent le coup. Ils savent pourquoi ils se battent et continuent, explique l’ambassadeur. Les Ukrainiens sont déterminés à ne pas se laisser faire et à ne pas se laisser imposer un ordre russe ou des concessions territoriales. » « La Russie progresse militairement mais très lentement » À ce jour, la Russie occupe 20 % de la superficie totale de l’Ukraine. Selon les chiffres de la carte interactive en ligne DeepState, la Russie a conquis moins d’1 % du territoire en 2025 alors que Vladimir Poutine affirme être en train de gagner la guerre. « C'est faux », rétorque Gaël Veyssière. « Ces chiffres le montrent très clairement. La Russie progresse militairement, c'est vrai, mais très lentement. [...] L'Ukraine n'est pas en train de s'effondrer. Le narratif russe n'est pas fondé. Vraisemblablement, dans six mois, la situation ne sera pas tellement pire sur le plan militaire en Ukraine qu’elle ne l’est maintenant. Ce que cherchent les autorités russes, c'est à créer une situation dans laquelle on dirait que ce n'est plus la peine de soutenir l'Ukraine puisqu'elle est en train de perdre. » En 2025, l’avancée russe a été particulièrement notable dans l'oblast de Donetsk avec 78 % du territoire occupé. L'oblast de Louhansk, quant à lui, est presque entièrement occupé. « L’avenir de l’Ukraine est en jeu, explique Gaël Veyssière. La viabilité de l'Ukraine est en jeu ainsi que le fait qu’elle puisse être une puissance souveraine et que nous respections ses frontières. » « Il y a une intense activité diplomatique pour trouver un accord » Alors diplomatique en ce moment pour essayer de trouver un accord. Pas forcément avec les Russes pour l'instant, mais au moins entre les Ukrainiens, les Américains et les Européens, pour ensuite aller voir les Russes, poursuit l’ambassadeur de France en Ukraine. « Les choses ont beaucoup progressé. Il y a des textes, c'est discuté avec les Américains et les Européens de façon très approfondie. [...] Il y a des discussions intenses pour arriver à un point d'équilibre qui engagerait les Ukrainiens, les Américains, les Européens et qu'il faut ensuite que les Russes acceptent. » « Il faut former l'armée ukrainienne » Les 35 pays membres de la « Coalition des Volontaires », essentiellement européens, se sont accordés à Paris pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à une surveillance d'un potentiel cessez-le-feu sous « leadership » américain, une fois un accord de paix trouvé avec la Russie. Des garanties de sécurité indispensables pour Gaël Veyssière : « Des garanties de sécurité doivent permettre aux Ukrainiens de se projeter dans le futur, en se disant que les Russes les ont attaqués en 2014 et en 2022 mais qu’ils ne les rattraperont pas demain parce qu'il y aura suffisamment de garanties pour que cela ait lieu. » Outre une force multinationale de la « Coalition des volontaires » soutenue par les Américains, il appelle à « former l'armée ukrainienne » afin qu’elle soit « robuste et équipée » et puisse « jouer un rôle de dissuasion ». « Il y a eu division mais on a réussi à trouver une solution » Au sommet européen du 18 décembre dernier, les États membres ont peiné à trouver une solution afin d’accorder une aide financière à l’Ukraine. La Commission européenne et certains pays plaident pour avoir recours aux avoirs russes gelés en Europe, majoritairement immobilisés en Belgique. Cependant, les Belges s’y opposent, notamment par peur de représailles russes. Pour financer l’effort de guerre ukrainien, les Européens ont finalement décidé de réaliser un emprunt en commun de 90 milliards d'euros.« Cela aurait été mieux si nous avions pu nous mettre d'accord sur les avoirs gelés, mais en réalité, il y avait un besoin à très court terme et il fallait trouver des financements pour l'Ukraine. Cette solution financière a été trouvée », tempère Gaël Veyssière. Selon lui, la question des avoirs russes « n’est cependant pas oubliée » : « Au contraire, selon les conclusions du Conseil européen, nous allons continuer à essayer de mettre sur pied une formule pour pouvoir utiliser plus ...
    Más Menos
    20 m
  • Elli Tsiforou : «Il y a un manque de transparence de la Commission concernant le Mercosur»
    Dec 19 2025
    Cette semaine, nous recevons Elli Tsiforou, secrétaire générale du Copa-Cogeca, organisation syndicale et professionnelle agricole au niveau européen. Elle réitère son opposition au traité du Mercosur et demande une simplification des normes imposées aux agriculteurs. En marge du sommet européen, des milliers d’agriculteurs ont manifesté ce jeudi (18 décembre) à Bruxelles pour protester, entre autres, contre la réforme des subventions de la Politique agricole commune (PAC) dans le budget 2028-2034 de l’UE. Ils accusent la Commission européenne de vouloir réduire le budget qui lui est accordé. «Il y a un danger pour la communalité de la PAC» Pour le Copa-Cogeca, organisation syndicale et professionnelle agricole ayant participé à ces manifestations, cela constitue l’une des principales causes de mécontentement : «L'enveloppe de la PAC dans cette nouvelle proposition va être réduite de moitié en comparaison du budget actuel. L'agriculture va représenter un peu moins de 15% de l'enveloppe totale du budget européen», explique Elli Tsiforou, secrétaire générale de l’organisation, également ancienne conseillère politique dans les domaines de l’agriculture au Parlement européen et hellénique. La Commission européenne prévoit également de fusionner les budgets dédiés aux fonds de cohésion et aux subventions agricoles sous un seul canal, ce à quoi s’oppose le Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen : «Nous n’avons pas seulement des coupes budgétaires importantes [...] mais aussi un changement radical de la structure qui porte vers une renationalisation de la politique. Nous considérons cela comme un danger pour la communalité de la PAC. Cela va mener à 27 politiques agricoles au sein de l'Union européenne (UE) et va briser le marché unique et le fonctionnement de la chaîne alimentaire. [...] La PAC est un pilier de la construction européenne et du marché unique.» «Cet accord est injuste pour les agriculteurs européens» Les agriculteurs manifestaient également contre l’accord du Mercosur, un traité de libre-échange entre l'UE et plusieurs pays d’Amérique Latine, éliminant la quasi-totalité des droits de douane industriels entre les deux blocs. Cet accord prévoit de faciliter l'entrée en Europe de produits agricoles sud-américains non contraints aux normes environnementales et sociales imposées aux agriculteurs européens. Les filières concernées sont inquiètes et le Copa-Cogeca considère cet accord comme injuste : «Le Copa-cogeca a une position très claire là-dessus, soutenue à l'unanimité par tous ses membres. [...] La question de la réciprocité des standards est en jeu car avec les pays du Mercosur, l'écart est énorme. C'est quelque chose qui ne peut pas être accepté par notre communauté», précise Elli Tsiforou. En réponse au mécontentement de certains pays européens au sujet de cet accord, le Parlement européen a voté pour l’ajout de mesures de sauvegarde qui prévoient un suivi des produits sensibles comme le boeuf, la volaille ou le sucre et une possible réintroduction de droits de douane en cas de déstabilisation du marché. Si elle reconnaît «les efforts» des députés européens pour offrir des garanties aux agriculteurs européens, Elli Tsiforou affirme que cela «n'apaise pas leur inquiétude» : «Cela ne change pas notre position concernant cet accord commercial. La question de la réciprocité reste toujours ouverte. Nous ne sommes pas protégés sur cet aspect-là. Cet accord est injuste pour les agriculteurs européens.» «Nous demandons aux législateurs de bloquer cet accord» Elli Tsiforou dénonce également le fait que les agriculteurs subissent déjà la pression d’autres accords commerciaux : «Il faut aussi tenir compte de l'aspect cumulatif du commerce international. Certains secteurs sont déjà sous la pression d'autres accords, comme celui avec l'Ukraine ou de futurs accords. Les secteurs visés doivent être protégés.» Sous la pression de la France et de l'Italie qui sont contre cet accord, la Commission européenne n’a pas eu d’autres choix que de reporter la signature de ce traité. En effet, l’adoption de l’accord nécessite une majorité qualifiée, soit le ralliement d’au moins quinze États sur 27. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, espère à présent pouvoir conclure l’accord en janvier. «Nous avons vu des manœuvres de la part de la Commission et aussi du Parlement afin de tout faire pour que l'accord passe. C’est un manque de transparence dans le fonctionnement démocratique des institutions. [...] Pour nous, rien ne change. Notre position est très claire : nous demandons aux législateurs de bloquer cet accord et de résister aux manœuvres de la Commission», réitère la secrétaire générale du Copa-Cogeca. «Nous ne devons pas mettre à risque la productivité» Le Conseil européen a ...
    Más Menos
    20 m
  • Nicușor Dan : «Nous avons un parti anti-européen et pro-russe qui atteint 40% des voix»
    Dec 12 2025
    Cette semaine, nous recevons Nicușor Dan, président de la Roumanie. Récemment élu, il commente les défis à mener par son pays en termes de budget et de corruption et réitère son alignement aux valeurs européennes. Nicușor Dan a été élu président en mai 2025 avec 53,6% des suffrages face au candidat d'extrême droite George Simion, pro-Trump, populiste et eurosceptique. Le président, de son côté, l’a remporté avec un programme pro-européen et anticorruption. Ce suffrage a fait suite à l’élection présidentielle de novembre 2024, annulée du fait de l'invalidation des résultats du premier tour. La Cour constitutionnelle du pays avait alors invoqué l'usage irrégulier de TikTok comme outil de campagne permettant au candidat pro-russe Calin Georgescu d’arriver en tête au premier tour du scrutin. Avec plus de recul, Nicușor Dan affirme aujourd’hui que la Cour constitutionnelle a eu raison d’annuler cette élection : «Il y a eu une influence russe et les règles de financement de la campagne électorale n’ont pas été bien respectées. [...] Nous pouvons aujourd’hui dire que la campagne de désinformation russe a commencé, il y a dix ans. Les autorités roumaines ont pris cela à la légère. Pourtant, une technologie très sophistiquée a impacté les dernières semaines de la campagne électorale.» «L’année prochaine, nous serons entre 6 et 6,5% de déficit» La Roumanie, pays de 19 millions d’habitants, a connu une progression de 134% de son pouvoir d'achat moyen en vingt ans, la plus importante d’Europe. Cependant, le déficit du pays atteint 9%, trois fois la limite autorisée par les règles de l’Union européenne (UE). Pour remédier à cela, le gouvernement a mis en place des mesures d'austérité : «Ces mesures seront reconduites l’année prochaine, il n’y aura pas de mesures supplémentaires dont les gens ne sont pas encore au courant. L’année prochaine, nous serons entre 6 et 6,5% de déficit. Ces mesures sont difficiles mais nous n’avons pas le choix car nous avons une dette publique. Nous devons montrer aux investisseurs, aux fonds d’investissement et aux banques que la Roumanie va régler son déficit.» «Il y a de la corruption à tous les niveaux» Alors que la Bulgarie voisine a vu son gouvernement chuter après de grandes manifestations anti-corruption, Nicușor Dan a fait de la lutte contre la corruption son fer de lance dans un pays particulièrement touché par celle-ci : «En Roumanie, il y a de la corruption à tous les niveaux. Pour lutter contre, nous avons besoin de prendre des mesures administratives mais aussi agir au sein du système de justice. Il y a une volonté de lutter contre la corruption mais cela va prendre du temps.» Le 7 décembre, le libéral Ciprian Ciucu a été élu maire de Bucarest devant la candidate d’extrême droite Anca Alexandrescu. Cette dernière figurait cependant en tête des sondages, alors que Bucarest n'est traditionnellement pas une place forte de l'extrême droite. «Nous avons un parti anti-européen et même pro-russe, qui, en s’alliant à d’autres petits partis, atteint 35 à 40% des votes», indique Nicusor Dan, ancien maire de Bucarest, en référence au parti Alliance pour l'unité des Roumains (AUR). «Mais les gens qui votent pour ces partis ne sont pas forcément anti-européens ou pro-russes. Il se sentent abandonnés par les autres, par les politiques des partis disons classiques, qui sont pro-européens. Nous devons regagner leur confiance dans les prochaines années.» «Stimuler notre économie de défense européenne» Dans un contexte de tension sécuritaire au niveau européen, la Roumanie, qui partage 650 km de frontière commune avec l'Ukraine, a fortement augmenté ses dépenses militaires ces dernières années. Celles-ci représentaient 2,2% de son PIB en 2024 et devraient atteindre 2,5% en 2025. L’UE a d’ailleurs alloué 16,7 milliards d'euros au pays dans le cadre de son programme SAFE, un instrument de prêt à prix compétitifs pour le secteur de la défense. S’il dit ne pas craindre une confrontation directe avec la Russie, il affirme que les positions européennes doivent être claires : «Nous devons faire savoir à la Russie que nous sommes prêts. Bien sûr, nous ne souhaitons pas avoir une guerre sur le territoire européen mais nous devons leur dire : ‘Si vous voulez attaquer, nous sommes prêts'.» Nicușor Dan explique que, par le passé, la défense n’était pas un secteur parmi d’autres, pas plus important que celui de la santé par exemple. «Avec le contexte géopolitique actuel, l’Europe doit agir pour être capable, dans un laps de temps le plus court possible, de se défendre.» En matière d’achat d’armement, le président roumain reconnaît avoir conclu des contrats avec des entreprises américaines valables «jusqu’à 2033». Il incite aujourd’hui à «stimuler notre économie de défense européenne...
    Más Menos
    20 m
  • Pierre Moscovici: «La France s'affaiblit et a un nœud coulant autour du cou»
    Dec 5 2025
    Cette semaine, nous accueillons Pierre Moscovici, qui quitte la présidence de la Cour des comptes française pour rejoindre la Cour des comptes européenne. Cet ancien député et commissaire européen tire la sonnette d’alarme sur l’état des finances de la France et appelle l’UE à être unie face au plan de paix des États-Unis pour l’Ukraine. La dette française s’élève à un niveau record de 115,6%, la troisième plus haute des Vingt-Sept, derrière la Grèce et l'Italie. Son déficit représente 5,4% de son PIB faisant de la France l’un des plus mauvais élèves de l’Union européenne (UE). Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes en France et ancien ministre, rappelle que la France «n'est pas n'importe quel pays, ni dans le monde, ni dans l'UE. Elle a un rôle moteur dans la construction européenne». Bien que le pays soit la deuxième plus importante économie de l’Union, il reconnaît ses difficultés budgétaires : «Si la France n'est pas capable de balayer devant sa porte, sa crédibilité est atteinte. [...] La dynamique de notre dette est mauvaise. Nous sommes les seuls dont la dette croît autant. Notre déficit est le plus élevé de la zone euro.» Pierre Moscovici, également ancien député et commissaire européen, évoque les difficultés budgétaires passées de la Belgique, l'Espagne, le Portugal ou la Grèce : «À l’époque où j’étais commissaire, penser que nous aurions des taux d'intérêt plus élevés que ces pays était inimaginable. [...] En se retrouvant dans cette situation, nous ne pouvons pas faire face aux défis du futur que sont le financement de la transition écologique, de la transition numérique, que sont l'effort de défense ou le renforcement de notre capacité d'innovation et de recherche. [...] La France s'affaiblit et a un nœud coulant autour du cou, qui, petit à petit, la rend impuissante et l'empêche d'agir pour le bien de ses citoyens.» Alors que la France est en plein vote de son budget pour l’année 2026, Pierre Moscovici met en garde : «Si nous voulons rester sur une trajectoire qui nous amène à moins de 3% de déficit en 2029, et c'est fondamental pour inverser le cours de la dette, il faut que le budget voté nous emmène sous les 5% de déficit.» «La paix ne peut pas se faire aux conditions de Poutine» Les États-Unis tentent de négocier un plan de paix entre l’Ukraine et la Russie et semblent peu se préoccuper de l’avis des Européens. «Nous ne pouvons pas avoir des négociations purement russo-américaines et traiter du sort des Ukrainiens sans eux et sans leur président légitime, monsieur Zelensky. [...] Nous ne pouvons pas non plus discuter de l'avenir de l'Ukraine sans les Européens, parce qu'elle est sur notre continent et que les garanties de sécurité, le moment venu, doivent être européennes. La paix doit préserver les intérêts des Ukrainiens et ne peut pas être une paix aux conditions de Vladimir Poutine.» La Commission européenne a présenté cette semaine un plan pour financer l’Ukraine sur deux ans. Pour ce faire, l’une des options retenues est d’avoir recours aux avoirs russes gelés en Europe, dont l’immense majorité est immobilisée en Belgique. Par peur de représailles russes, les Belges s’opposent pour le moment à cette option. S’il explique ne pas avoir un éclairage complet sur la légalité de la réquisition de ces avoirs, il n’est pas contre l’idée proposée par la Commission : «Il me paraîtrait bon que la volonté exprimée d'utiliser ses avoirs russes gelés aille jusqu'au bout pour financer ce que nous devons à l'Ukraine. Il faut naturellement limiter les risques. Il faut offrir des garanties aux États membres.» «Pour être entendu, il faut être soi-même volontaire» Il appelle les Vingt-Sept à «aller de l’avant» au sujet de ces avoirs russes : «Si nous sommes trop timides, trop repliés sur nos intérêts nationaux et pas suffisamment actifs, alors il ne faut pas s'étonner d'être une étape qu'on rate. Pour être entendu, il faut être soi-même volontaire.» L’autre option envisagée par la Commission pour financer ce prêt est le recours à un emprunt européen mais cela nécessite l’accord à l'unanimité des États membres. Certains d’entre eux, comme la Hongrie, s’opposent à cette proposition. Un système de vote à l’unanimité remis en question par l’ancien ministre français des Affaires européennes : «Il faut avancer. Le problème de l'Europe, c'est ce consensus que nous devons chercher. J'ai toujours respecté tous les États membres. Il faut les traiter comme tous égaux mais il ne faut pas non plus accepter cette logique du veto. Il faut aller vers davantage et même la totalité des décisions qui soit prise au vote à la majorité qualifiée.» Il dénonce le fait que certains dirigeants comme le Premier ministre hongrois Viktor Orban ou le Slovaque Robert Fico «ont ...
    Más Menos
    20 m
  • Maxime Prévot «Saisir les avoirs gelés russes, pose un problème en droit international»
    Nov 28 2025
    Face au plan de paix de Donald Trump pour l'Ukraine qui laisse encore l’Union européenne à la traine, Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères s’exprime sur ce conflit au cœur de l’Europe. Il évoque les enjeux de défense : réarmement, service national et la question sensible des avoirs russes gelés. Il commente aussi les questions de politique intérieure. Maxime Prévot regrette que pour Gaza, comme pour l’Ukraine, l’UE qui est pourtant au cœur de son territoire, les Européens soient laisses de côté. S’il salue par principe les efforts des Américains pour la paix, il remarque ironiquement que «les USA choisissent le restaurant, commandent le menu mais c’est l’Union européenne qui doit payer la facture». Une situation inacceptable : «Il ne peut pas y avoir de solution de paix durable qui concerne l'Ukraine sans l'Ukraine et sans l'Europe, nous sommes nous-mêmes des acteurs-clé qui doivent être autour de la table» Il souhaite participer à l'édification d'une stratégie qui ne discrédite pas l'Ukraine. «L'objectif n'a jamais été de veiller à ce que celle-ci mette un genou en terre ou abdique. Je rappelle qu'elle est la victime de cette guerre». Le ministre rappelle que les questions de l’intégrité territoriale sont essentielles non seulement par rapport à l'Ukraine, mais aussi eu égard droit international. Il ne peut pas y avoir de place non plus pour l'impunité pour des actes d'agression posés par la Russie, et ajoute-t-il «c'est la raison pour laquelle un scénario de paix avec la force comme moteur qui tord le bras aux Ukrainiens n'est pas acceptable». Selon le ministre Maxime Prévot, malgré les scandales de corruption dans l’entourage du président ukrainien, Volodymr Zelensky reste le mieux à même de défendre les intérêts des Ukrainiens. Il fait confiance à la justice ukrainienne pour tirer cela au clair, mais refuse que cette question soit instrumentalisée pour fragiliser le président et donc le peuple ukrainien. Sur la question sensible des avoirs gelés russes que les Européens voudraient utiliser à hauteur de 140 milliards d’euros pour financer les réparations en Ukraine, Maxime Prévot reste inflexible. Il évoque des problèmes juridiques liés à toute démarche qui pourrait être assimilable à une confiscation et aux mesures de rétorsion auxquels la Belgique seule ne pourrait faire face. Selon lui, pour aider l’Ukraine : «Il nous semble que la meilleure voie à suivre est celle d'un emprunt directement contracté par l'Union européenne» même si Viktor Orban proche du Kremlin y mettrait son veto. Toujours en matière de défense, la Belgique comme la France se soucie de son réarmement et a décidé elle aussi de rétablir un service militaire volontaire. «Avec l'espoir», explique Maxime Prévot, «de susciter des vocations qui permettront d'accroître l'enrôlement dans nos forces armées par la suite.» Il reconnait que la Belgique a souvent été l'un des mauvais élèves de l'OTAN pour ses investissements en matière de défense. «Le gouvernement a décidé de changer cet état de situation. Avec des financements à plusieurs dizaines de milliards d'euros qui vont être mobilisés pour rattraper notre retard et continuer d'être un partenaire fiable de l'OTAN» Sur la situation économique en Belgique avec une dette publique brute de 107% du PIB en 2025, un déficit de 5,3% du PIB et une grève qui a paralysé le pays plusieurs jours, le ministre estime que l'Union européenne a eu raison de tirer la sonnette d'alarme. «Nous avons fait œuvre de pédagogie auprès de nos populations en expliquant qu'on ne pouvait plus vivre au-dessus de nos moyens, que ces dernières décennies, des réformes indispensables qui devaient être prises, fussent-elles impopulaires, ne l'ont pas été. On se trouve maintenant au pied du mur, avec le risque d'être potentiellement l'un des plus mauvais élèves de la zone euro. Et donc, explique-t-il, «en un an, nous avons fait un effort de redressement structurel de nos finances de 32 milliards d'euros. C'est du jamais vu depuis ces 50 dernières années. Ça se fait évidemment avec des grincements de dents. Nous en sommes conscients, nous l'assumons.» Le ministre Prévot rappelle par ailleurs, «que la Belgique est connue pour son sens du compromis. Nous avons un gouvernement composé de cinq partis, un socialiste, deux centristes, deux libéraux et conservateurs. Mais nous arrivons à faire bouger le pays parce que de longue date, nous avons compris que faire un compromis, ce n'était pas se compromettre. Je pense que ça peut probablement inspirer d'autres pays qui nous sont proches.»
    Más Menos
    20 m
  • Bartjan Wegter: «La police anti-terroriste doit accéder aux messages cryptés»
    Nov 21 2025
    Cette semaine, nous recevons Bartjan Wegter, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme. 10 ans après les attentats qui ont frappé la France, il détaille les mesures mises en place par l’UE pour contrer le terrorisme et alerte sur un risque d’attaque toujours élevé. La France a récemment commémoré les 10 ans des attentats du 13 novembre 2015 lors desquels 132 morts ont perdu la vie. Bartjan Wegter, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, un poste créé en 2004 après les attentats de Madrid, qualifie ces hommages de «très émouvants». «C’était impressionnant d'entendre les témoignages et de voir les survivants de ces attentats horribles qui ont choqué la France», s'émeut-il. «Il faut rester vigilant» Après ces attentats, Bartjan Wegter parle «d’un tournant historique dans la lutte contre le terrorisme dans l’Union européenne (UE)» : «Nous nous sommes rendus compte qu'il fallait mieux s'organiser au niveau européen, qu'il fallait penser au-delà du niveau national.» Il explique que les auteurs de ces attaques ont «profité de la libre circulation en Europe» afin de commettre ces attentats. «Nous avons renforcé nos frontières extérieures et nous avons établi des bases de données interopérables. [...] Nous avons aussi renforcé la coopération de la police et de la justice grâce à Europol et Eurojust, deux agences impliquées dans le domaine. Nous avons fait en sorte de renforcer leur rôle. [...] Nous avons créé une task force sous le nom de fraternité franco-belge afin de mener les enquêtes nécessaires dans le contexte de ces attentats. [...] L’Europe s'est mieux organisée de façon stratégique pour appréhender le futur et prendre en considération les menaces à venir.» S’il évoque des progrès réalisés en matière de contre-terrorisme, Bartjan Wegter explique qu’il «faut rester vigilant» : «Je dirais que nous sommes mieux placés aujourd'hui qu'il y a dix ans. [...] Beaucoup d'attentats ont été déjoués. [...] Mais la menace numéro un en Europe reste toujours le jihadisme.» «Daech recrute désormais en Europe, parmi les plus jeunes» En Europe, un suspect de terrorisme sur trois est un mineur ou un jeune adulte. Selon Bartjan Wegter, cela s’explique par le fait que cette population soit «particulièrement vulnérable». «Ils sont victimes de désinformation et notamment de la propagande de Daech qui a été très ciblée et très efficace dans de multiples langues et qui visait justement les mineurs. Ils utilisent par exemple des plateformes de gaming pour atteindre les jeunes», détaille-t-il. «Une diminution des efforts de modération en ligne» Pour lutter contre la radicalisation en ligne et les méfaits des réseaux sociaux sur les jeunes, la France réfléchit à l'interdiction de leur usage avant quinze ans. Des menaces provenant des réseaux sociaux que Bartjan Wegter observe également : «Il y a plusieurs mouvements qui influencent tout ce qui se passe en ligne et qui influencent nos jeunes et risquent de les radicaliser. Il y a l'ultra droite, l'ultra gauche.» Il note un risque particulier pour les «jeunes garçons» qui peuvent être «attirés par l'ultra violence.» Selon lui, les grandes entreprises de la tech détenant ces réseaux sociaux doivent jouer un rôle : «Nous voyons une diminution des efforts de modération de la part de la plupart de ces compagnies. [...] Derrière tout cela, il y a les algorithmes qui amplifient le genre de contenu qui pose problème et qui risque de radicaliser nos jeunes.» S’il se félicite de la possibilité pour les utilisateurs d’utiliser des messageries cryptées afin de protéger leur vie privée, il déplore une difficulté pour les enquêteurs d’accéder à ces données : «Il faut avoir un débat clair et honnête qui reconnaît le besoin de permettre à nos enquêteurs de mener à bien leurs enquêtes, toujours dans le respect de la loi, comme ils l'ont toujours fait depuis des années, par exemple quand il y avait des paquets suspects ou des lettres à ouvrir. [...] C'est la même chose pour tout ce qui est digital car nous constatons que plus de 80% des enquêtes sont maintenant dans le domaine digital. Il faut permettre à nos enquêteurs de faire leur travail. Pour cela, il faut une coopération de l'industrie et des plateformes.» «Ce qui se passe en Afrique va toucher notre sécurité intérieure» Dans la région du Sahel en Afrique de l’Ouest, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, gagne du terrain. Bartjan Wegter explique que l’UE collabore avec de nombreux pays africains au sujet de cette menace terroriste : «Les pays en Afrique occidentale ont besoin de notre soutien et de notre expérience pour lutter contre le terrorisme. [...] C'est une région qui nous préoccupe. [...] Tout ce qui se passe hors de nos frontières risque, à un certain moment, de toucher notre ...
    Más Menos
    19 m
  • Christina Egelund: «Le développement technologique est au cœur d’une bataille mondiale»
    Nov 14 2025
    Cette semaine, nous accueillons Christina Egelund, ministre danoise de l'Enseignement supérieur et de la Science. Renforcement de la défense, développement de l’intelligence artificielle et course à l’espace, elle évoque les domaines-clé pour relancer la compétitivité de l’Union. Le Danemark est à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne (UE) jusqu’à la fin de l’année 2025. Christina Egelund, ministre danoise de l'Enseignement supérieur et de la Science au sein du gouvernement de coalition tripartite entre socialistes et centre droit de Mette Frederiksen, estime qu’il s’agit d’un «moment crucial pour l'Europe». «Il y a une guerre sur le terrain européen, une concurrence technologique, des changements climatiques, l’élargissement de l’UE […] Tout cela était dans notre agenda […] avec l'ambition d'avoir une Europe unie et forte.» «Nous allons rétablir une industrie militaire de défense en Europe» Ces derniers mois, le Danemark a été la cible de multiples incursions de drones sur son territoire, notamment au-dessus d’aéroports, causant ainsi des interruptions du trafic aérien. «Je n'aurais jamais imaginé qu'au Danemark, qui est un pays pacifiste, nous soyons survolés par des drones», s’alarme Christina Egelund. Si l’origine des drones est encore inconnue, le gouvernement a déclaré qu’il ne fallait pas exclure une implication russe. «Cela montre que le développement technologique est au cœur de cette bataille mondiale,» poursuit la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science. En termes de défense, le pays nordique va augmenter cette année son budget militaire à 3,5% de son PIB contre 2,3% en 2024. En 2022, le pays a réintégré la politique de sécurité et de défense commune de l'Union, après une exemption de 30 ans. «Nous allons rétablir une industrie militaire de défense en Europe et dans mon pays. Pendant beaucoup d'années, nous n’avons pas assez investi dans notre défense», insiste la ministre danoise. «D’ici 2030, nous y investirons 5% de notre PIB, comme le réclame l’OTAN. C'est la priorité numéro un pour notre gouvernement.» Pour ce faire, elle encourage l’utilisation de biens civils pour des usages militaires, tels que les drones : «Nous sommes dans un contexte et dans un moment dans l'histoire où investir dans la recherche uniquement pour un usage civil, c'est un luxe qu'on ne peut plus vraiment se permettre.» «Il faut absolument rester dans la course» Alors que l’usage de l’intelligence artificielle se développe à toute vitesse aux États-Unis sur fond de dérégulation décidée par l'administration Trump, l’Europe peine à se démarquer dans ce domaine. Selon Christina Egelund, «il faut absolument rester dans la course». «L'intelligence artificielle est probablement la nouvelle technologie qui vient avec le pouvoir transformatif le plus fort qu'on a connu depuis très longtemps, peut-être depuis la révolution industrielle. Si elle appelle à investir dans cette technologie, elle se doit, selon elle, de se conformer aux «valeurs européennes» telles que «le respect pour l'individu, l'humanité, les valeurs démocratiques, la transparence.» Pourtant, les États-Unis demandent à l’UE d’assouplir sa régulation numérique car elle impacte tout particulièrement les firmes de tech américaines. Des contraintes aux entreprises que l’UE s'apprête à assouplir. «Est-ce que nous voulons laisser cela aux mains non seulement d'un autre pays, les États-Unis, mais également des grosses entreprises avec un leadership qui n'est pas élu démocratiquement ?», s’interroge la ministre. Pour faire front, elle appelle de ses vœux à investir dans «des infrastructures européennes», comme des usines géantes à intelligence artificielle partagées entre plusieurs États, sans compétition pour les attirer sur un territoire particulier. «Nous avons besoin d'attirer du travail depuis l'extérieur» Le Danemark, dont la démographie est fortement en baisse, a besoin de main-d'œuvre. Elle tente ainsi d’attirer des talents de l’étranger : «Nous avons besoin d'attirer du travail depuis l'extérieur, mais aussi des étudiants que nous pouvons former et qui, je l'espère, auront envie de rester ici.» Pourtant, le pays dirigé par une sociale-démocrate a l'une des politiques d’immigration les plus restrictives en Europe, ce qui, selon la ministre, n’est pas en contradiction avec sa volonté d’accueillir des étrangers : «Je pense qu'il faut faire une distinction entre les gens qui viennent pour travailler ou étudier et la migration. Dans ce débat, nous avons tendance à tout mélanger. […] Nous avons une économie ouverte et dépendons des collaborations internationales. Nous sommes absolument ouverts aux étudiants et aux gens qui veulent venir pour travailler», se justifie-t-elle.
    Más Menos
    20 m
adbl_web_global_use_to_activate_DT_webcro_1694_expandible_banner_T1