Elli Tsiforou : «Il y a un manque de transparence de la Commission concernant le Mercosur» Podcast Por  arte de portada

Elli Tsiforou : «Il y a un manque de transparence de la Commission concernant le Mercosur»

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Cette semaine, nous recevons Elli Tsiforou, secrétaire générale du Copa-Cogeca, organisation syndicale et professionnelle agricole au niveau européen. Elle réitère son opposition au traité du Mercosur et demande une simplification des normes imposées aux agriculteurs. En marge du sommet européen, des milliers d’agriculteurs ont manifesté ce jeudi (18 décembre) à Bruxelles pour protester, entre autres, contre la réforme des subventions de la Politique agricole commune (PAC) dans le budget 2028-2034 de l’UE. Ils accusent la Commission européenne de vouloir réduire le budget qui lui est accordé. «Il y a un danger pour la communalité de la PAC» Pour le Copa-Cogeca, organisation syndicale et professionnelle agricole ayant participé à ces manifestations, cela constitue l’une des principales causes de mécontentement : «L'enveloppe de la PAC dans cette nouvelle proposition va être réduite de moitié en comparaison du budget actuel. L'agriculture va représenter un peu moins de 15% de l'enveloppe totale du budget européen», explique Elli Tsiforou, secrétaire générale de l’organisation, également ancienne conseillère politique dans les domaines de l’agriculture au Parlement européen et hellénique. La Commission européenne prévoit également de fusionner les budgets dédiés aux fonds de cohésion et aux subventions agricoles sous un seul canal, ce à quoi s’oppose le Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen : «Nous n’avons pas seulement des coupes budgétaires importantes [...] mais aussi un changement radical de la structure qui porte vers une renationalisation de la politique. Nous considérons cela comme un danger pour la communalité de la PAC. Cela va mener à 27 politiques agricoles au sein de l'Union européenne (UE) et va briser le marché unique et le fonctionnement de la chaîne alimentaire. [...] La PAC est un pilier de la construction européenne et du marché unique.» «Cet accord est injuste pour les agriculteurs européens» Les agriculteurs manifestaient également contre l’accord du Mercosur, un traité de libre-échange entre l'UE et plusieurs pays d’Amérique Latine, éliminant la quasi-totalité des droits de douane industriels entre les deux blocs. Cet accord prévoit de faciliter l'entrée en Europe de produits agricoles sud-américains non contraints aux normes environnementales et sociales imposées aux agriculteurs européens. Les filières concernées sont inquiètes et le Copa-Cogeca considère cet accord comme injuste : «Le Copa-cogeca a une position très claire là-dessus, soutenue à l'unanimité par tous ses membres. [...] La question de la réciprocité des standards est en jeu car avec les pays du Mercosur, l'écart est énorme. C'est quelque chose qui ne peut pas être accepté par notre communauté», précise Elli Tsiforou. En réponse au mécontentement de certains pays européens au sujet de cet accord, le Parlement européen a voté pour l’ajout de mesures de sauvegarde qui prévoient un suivi des produits sensibles comme le boeuf, la volaille ou le sucre et une possible réintroduction de droits de douane en cas de déstabilisation du marché. Si elle reconnaît «les efforts» des députés européens pour offrir des garanties aux agriculteurs européens, Elli Tsiforou affirme que cela «n'apaise pas leur inquiétude» : «Cela ne change pas notre position concernant cet accord commercial. La question de la réciprocité reste toujours ouverte. Nous ne sommes pas protégés sur cet aspect-là. Cet accord est injuste pour les agriculteurs européens.» «Nous demandons aux législateurs de bloquer cet accord» Elli Tsiforou dénonce également le fait que les agriculteurs subissent déjà la pression d’autres accords commerciaux : «Il faut aussi tenir compte de l'aspect cumulatif du commerce international. Certains secteurs sont déjà sous la pression d'autres accords, comme celui avec l'Ukraine ou de futurs accords. Les secteurs visés doivent être protégés.» Sous la pression de la France et de l'Italie qui sont contre cet accord, la Commission européenne n’a pas eu d’autres choix que de reporter la signature de ce traité. En effet, l’adoption de l’accord nécessite une majorité qualifiée, soit le ralliement d’au moins quinze États sur 27. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, espère à présent pouvoir conclure l’accord en janvier. «Nous avons vu des manœuvres de la part de la Commission et aussi du Parlement afin de tout faire pour que l'accord passe. C’est un manque de transparence dans le fonctionnement démocratique des institutions. [...] Pour nous, rien ne change. Notre position est très claire : nous demandons aux législateurs de bloquer cet accord et de résister aux manœuvres de la Commission», réitère la secrétaire générale du Copa-Cogeca. «Nous ne devons pas mettre à risque la productivité» Le Conseil européen a ...
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