Episodios

  • Marie-Hélène Lafon: «Je suis une travailleuse du verbe»
    Jan 15 2026

    Dans son nouveau roman « Hors champ », l'autrice Marie-Hélène Lafon revient sur ses terres du Cantal pour raconter l'histoire d'une fratrie.

    Une ferme avec une cour verte et bleue. Une famille deux enfants : un frère et une sœur. Elle décide de partir, lui de rester.

    Le nouveau roman de Marie-Hélène Lafon se déroule dans la vallée de la Santoire, dans le Massif Central, un lieu enclavé et rude et traverse cinquante ans.

    Il s'agit d'un huis-clos avec deux personnages principaux : un frère et une soeur. Le roman explore le lien qui unit cette fratrie qui grandit avec un père violent. Et avec cette phrase, fil rouge du roman, que Claire, la soeur qui fuit cette vie, lance à son frère « si un jour tu veux arrêter tout ça …. Tu peux compter sur moi ».

    Invitée : Marie-Hélène Lafon, professeure agrégée et autrice française née à Aurillac dans le département du Cantal auquel son oeuvre est en grande partie consacrée. Le hasard de la naissance m'a fait la grâce de me placer là, à cet endroit là du monde, à la fois infime et crucial. Alors qu'elle a six ans et qu'elle apprend à lire, elle décide de devenir écrivain. Elle travaille à « voix haute » pour ajuster au mieux les mots.

    En 2020, elle a obtenu le Prix Renaudot pour son roman « Histoire du fils », une fresque familiale sur trois générations.

    Son dernier roman «Hors Champ» est publié aux éditions Buchet-Chastel.

    Programmation musicale :

    Les artistes Bernard Lavilliers et Gaëtan Roussel avec le titre «Lovés».

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  • Hélène Frédérick : « Correcteur, c'est un métier qu'on remarque quand il est mal pratiqué »
    Jan 14 2026

    L'écrivaine québécoise Hélène Frédérick revient sur son métier (pas toujours mis en valeur) de correctrice dans son quatrième ouvrage paru aux éditions Verticales.

    C'est tout le temps dans l'ombre qu'un correcteur met en lumière les textes d'un autre, même si ce n'est plus tout à fait le cas de l'autrice Hélène Frédérick qui sort petit à petit de l'ombre et prend de plus en plus la lumière, elle qui en est déjà à son quatrième ouvrage paru aux éditions Verticales.

    Avec Lézardes, la romancière québécoise prend une nouvelle direction dans sa carrière, puisqu'elle s'éloigne du monde du roman en décidant de raconter sa vie de correctrice à travers de nombreux petits chapitres axés autour d'un mot-clé.

    C'est un métier qu'on remarque seulement quand il est mal pratiqué.

    Pour l'écrivaine québécoise, le métier de correcteur fait partie de ce genre de professions que l'on ne remarque que quand ledit correcteur fait une faute.

    D'autant qu'être correcteur ne consiste pas seulement à corriger les fautes des journalistes et des auteurs mais également à vérifier les faits et les chiffres énoncés par ceux-ci.

    Il y a la correction des fautes mais il y a aussi la vérification des faits qui est très importante dans la tâche du correcteur.

    Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille » avec la complicité du lexicographe Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et des élèves de CM2 de l'école Vulpian du 13e arrondissement de Paris. Et, cette semaine encore, Lucie n'a pas pris des vessies pour des lanternes !

    Invitée : Hélène Frédérick, écrivaine née au Québec mais vivant à Paris depuis 20 ans, autrice de quatre ouvrages dont trois romans, tous parus aux éditions Verticales. Son dernier livre Lézardes est d'ores et déjà disponible.

    Programmation musicale :

    L'artiste Erik Pédurand avec son titre « Cinéma ».

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  • Kumina de Victor de Oliveira, une pièce qui questionne la brutalité des migrations
    Jan 13 2026

    Le dramaturge Victor de Oliveira présente sa nouvelle pièce Kumina. Une pièce intimiste qui aborde, en plusieurs langues, les sujets de l'exil et des migrations à travers des textes de grands auteurs internationaux et qui se joue du 13 au 17 janvier au Théâtre des Quartiers d'Ivry.

    Avec Kumina, une pièce de théâtre écrite et interprétee par lui-même, qui se joue du 13 au 17 janvier 2026 au Théâtre des Quartiers d'Ivry, Victor de Oliveira, exilé du Mozambique, son pays de naissance, à un jeune âge, s'attèle à un sujet sensible : celui de la brutalité des migrations.

    « Kumina », c'est le nom d'un rituel funéraire effectué à l'origine par les esclaves mais qui existe encore aujourd'hui dans les Caraïbes, notamment en Jamaïque et en Barbade, et qui a cette particularité de pouvoir aussi se faire lors des mariages et des naissances.

    Dans sa pièce, il exprime également l'ambivalence entre l'adulte qui aujourd'hui s'exprime sur un sujet que l'enfant ne pouvait pas vraiment comprendre à l'époque.

    C'est l'adulte qui essaie de comprendre ce que l'enfant a pu sentir.

    Pour ce faire, il se sert de textes de grands auteurs internationaux comme ceux du Barbadien Kamau Brathwaite, de l'Italien Dante ou encore des Portugais Fernando Pessoa et Luis de Camões.

    Invité : Victor de Oliveira est un acteur, metteur en scène et professeur de théâtre, né au Mozambique. Il a fait ses premières classes de théâtre à Lisbonne, avant de rejoindre le prestigieux Conservatoire Supérieur National d'Art Dramatique de Paris. Polyglotte, il a foulé les plus grandes scènes d'Europe, notamment au Portugal, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg et en Angleterre, même si son terrain de jeu privilégié reste la France.

    Programmation musicale :

    L'artiste Simone Ringer avec son titre "Il est vilaine".

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  • Comment apprendre à écrire du rap ?
    Jan 12 2026

    En 2026, pour la deuxième année consécutive, les Laboratoires d'Aubervilliers organisent des ateliers d'écriture rap. L'occasion de comprendre comment on apprend à écrire du rap. Pour ce faire, oXni, rappeuse, artiste multi-casquettes et animatrice d'ateliers d'écriture rap, et Djoko, rappeur et producteur, donnent des pistes.

    Comment écrire du rap ? L'an dernier, Eesah Yasuke nous racontait sa méthode, oscillant entre la pulsion d’écriture et le travail précis de la langue... Mais les autres ?

    Les Laboratoires d’Aubervilliers, lieu de recherches et de créations pluridisciplinaires dans le département de la Seine-Saint-Denis, organisent chaque année le Contest Open Mic, un concours de rap ouvert aux néophytes, et des ateliers d’écriture ouverts à toutes et tous.

    Écriture automatique, improvisation, pulsions, émotions, recherches poussées... Qu'est-ce qui motive untel à écrire du rap ? Talent ou travail ?

    Et, surtout, comment apprendre à écrire du rap, du jour au lendemain ?

    Tant de questions que Pascal Paradou s'est posées et auxquelles Djoko, rappeur et producteur, et oXni, rappeuse engagée, artiste protéiforme et animatrice d'ateliers d'écriture rap aux Laboratoires d'Aubervilliers, ont répondu avec pédagogie.

    Peut-on écrire du rap sans inspiration de ses pairs, sans engagement ?

    Pour certains, comme Djoko et oXni, il n'est pas fondamentalement nécessaire de puiser de l'inspiration dans le travail des "anciens", puisque les codes de la musique ont changé aujourd'hui, voire se sont simplifiés.

    Pour d'autres, comme les rappeurs old school, il est nécessaire de s'inspirer de l'histoire et de la littérature, à l'image de MC Solaar qui nous expliquait déjà, il y a quelques temps, l'importance de la lecture au profit de l'écriture.

    Invités :

    Djoko, rappeur, producteur, co-fondateur du label C4 Industrie et du festival des Arts de rue des cités.

    Et oXni (pour objet X non identifié), artiste multidisciplinaire. Elle a animé des ateliers d'écriture rap aux Laboratoires. Son dernier album "Chaoscène" est sorti en septembre 2025.

    Et, comme chaque lundi, la chronique "Ailleurs" nous emmène en Norvège, où Corentin Buczkowski, attaché de coopération pour le français et correspondant Sport et Francophonie à l'Institut français de Norvège, nous parle du Concours de la Francophonie organisé pour les classes apprenant le français en Norvège.

    Programmation musicale :

    L'artiste oXni avec ses titres "Revue de peste" et "Chaoscène".

    L'artiste Lacheb et son morceau "Endommagé".

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  • Céline Minard invente un nouveau monde dans son roman « Tovaangar »
    Jan 8 2026

    Dans son nouveau roman Tovaangar, l'autrice Céline Minard imagine notre futur avec des êtres hybrides.

    Un monde, autre monde, drôle de monde, non pas celui de notre actualité souvent vertigineuse, inquiétante en ce début d’année mais un monde rêvé, créé, un monde comme nul autre pareil. Le roman se passe dans un autre temps. Un autre présent, ou passé....les temporalités de ce monde étant complètement chamboulées.

    Dans ce temps non précisé, une quantité d’espèces aux noms bizarroïdes, mais pas un humain, pas même un survivant... ou plus précisément « ils n'existent plus en tant que tel ».

    Et donc ce monde, on va le découvrir aux côtés d’Amaryllis Swansun une « Auboisière », « bipède glabre de culture forestière ».

    Tovaangar, c'est un mot qui signifie les terres du bassin de Los Angeles mais également le mot « monde » en langage Tongva, celui des Indiens natifs de ces lieux. C'est un monde complet et local....

    Invitée: l'autrice Céline Minard. Son roman Tovaangar est publié aux éditions Rivages

    Programmation musicale :

    L'artiste Sébastien Tellier avec le titre « Naïf de coeur ».

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  • "La littérature orale est une forme très élaborée de l'oralité"
    Jan 7 2026

    La Revue des oralités du Monde n°5, consacrée à la transcription des textes de Littérature orale vient d"être publiée.

    Par principe il y a quelque chose d’éphémère dans la littérature orale de la variabilité son essence c’est le présent il s’agit donc de transmettre et de transcrire pour sauvegarder ?

    La parole étant immatérielle, dès lors qu'elle est prononcée, on ne peut plus la restituer.

    Comment alors retranscrire ces langues et leurs textes ? Toutes les langues sont-elles logées à la même enseigne ?

    Invités :

    Ursula Baumgardt, professeur émérite en oralité et littérature africaine, INALCO, PLIDAM

    Aliou Mohamadou, Professeur émérite de linguistique peule, INALCO, PLIDAM

    Il a écrit l'article "Les sytèmes de transcription du peul et leurs applications", une question qui a travrsé tout le 19e siècle puisque les premiers textes peuls datent des années 1850/1853. Le peul n'avait pas de norme orthographique, la question était donc de les établir mais comment établir des règles écrites, lorsqu'on parle d'une langue orale ?

    Tous les deux sont membres fondateurs Revue des oralités du monde, et de l'Encyclopédie des littératures en langues africaines (ELLAF), une bibliothèque numérique des littératures africaines.

    Et comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Et pour cette nouvelle année, elle est toujours aussi déterminée mais rassurez-vous, vous ne serez pas le dindon de la farce ! Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de la classe de cm2 de l’école Vulpian à Paris !

    Programmation musicale :

    L'artiste VJ avec Sidiki Diabaté avec le titre Toi et moi

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  • Nassera Tamer: «Mettre des mots n'est pas une thérapie, mais c'était nécessaire»
    Jan 6 2026

    Allô la place est le titre du premier roman de Nassera Tamer, roman sur la langue maternelle, sur les fantômes de l’exil et sur l’immigration et ses silences.

    Allô la place, c'est aussi le nom d’un taxiphone quelque part dans Paris. Les taxisphones, ces petites boutiques qui ont essaimé dans Paris et la petite courrone ces vingt dernières années au moment du boum d'Internet et dans lequelles on peut trouver de tout, imprimer des documents, faire réparer son téléphone et même envoyer de l'argent à l'étranger ! Ces lieux fascinent l'autrice car « ils racontent la trajectoirs de personnes qui viennent d'autres pays, et la possibilité de rester en contact avec ses proches restés loin. Ce sont des lieux chargés d'un quotidien banal, prosaique, qui portent des histoires importantes ».

    Dans ce récit, Nassera Tamer cherche aussi « sa place ». Fille d'immigrés marocains, transfuge de classe, elle raconte ses tiraillements entre ses deux cultures, deux langues. Elle grandit dans les années 1980 dans un quartier populaire du Havre, en Normandie, puis elle suit des études de Droit à Paris.

    Elle cherche alors à renouer avec le darija, un arabe dialectal marocain, langue de sa mère. Elle commence par s'inscrire sur un site de conversation pour discuter avec une femme vivant à Casablanca. Les mots lui reviennent...

    Invitée : Nassera Tamer. Son premier roman "Allô la place" est publié aux éditions Verdier

    Programmation musicale :

    Les artistes Lucas Santtana et Piers Faccini avec le titre Battre des ailes.

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  • Et si nos voix et l'IA nous aidaient à préserver nos langues?
    Jan 5 2026

    Aujourd’hui, les langues de France - à l’exception du français - restent largement absentes des outils numériques et des systèmes vocaux. Pour inverser cette tendance, l'Inria et ses partenaires lancent une campagne nationale et participative de collecte de voix.

    Comment travailler à la pluralité des langues dans un monde dominé par l'intelligence artificielle ?

    Grace à une collecte de voix, le projet COLaF (pour Corpus et Outil pour les Langues de France) cherche de la parole spontanée pour créer des outils en langue locale !

    Selon la DGLFLF, il y a environ 75 langues reconnues en France, langues majoritairement absentes des outils numériques. « Mais de toute façon à part cinq ou six langues, dont le français, les langues sont très peu utilisées dans les outils numériques », précise Sam Bigeard.

    L'objectif de ce projet est de créer un corpus et un jeu de données, d'enregistrements et de textes. Chaque utilisateur peut enregistrer ce qu’il veut, en allant sur une plateforme. L'utilisateur est guidé par une question : « Quelle est votre recette préférée ? » « Quelle est la maison de vos rêves ? »« Avez-vous un animal de compagnie ? », et on y répond dans sa langue !

    La première langue à l'essai est l'alsacien. Selon une étude datant de 2022, 36% d'Alsaciens disent parler encore "très bien" la langue alsacienne et 10% "assez bien" . « Ce qui est intéressant, c'est qu'on entend l'alsacien qui est parlé aujourd'hui. On a un observatoire fantastique ! », ajoute Pascale Erhart.

    Les enregisrements sont ensuite transcrits car le but de la manoeuvre est de pouvoir faire de la transcription automatique. «​​​​​​​ Mais ce n'est pas toujours simple car parfois certaines langues ne sont pas des langues écrites. »

    Pour le moment, ils disposent de l'équivalent de 4h30 d'enregistrement en alsacien. Le picard, le breton, l'occitan, les créoles, le shimaoré, la langue des signes sont également à l'étude.

    Invités :

    • Sam Bigeard, ingénieur et chef de projet COLaF au sein de l'équipe Multispeech du Centre Inria de l'Université de Lorraine.

    • Pascale Erhart, Maître de Conférences à l'Université de Strasbourg, Faculté des Langues, et enseignante en dialectologie alsacienne et mosellane.

    Pour participer au projet, rendez-vous ici

    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Cotonou au Bénin où des initiatives similaires naissent pour préserver les langues locales. 60% de la population parle une langue locale. La plateforme J'aime ma langue a démarré en juillet 2025. Il vise à utiliser la voix des utilisateurs pour collecter des données pour les modèles d'intelligences artificielles, une première en Afrique !

    Avec Jean-Eudes Awanvoeke, chef du projet Jaimemalangue.

    Programmation musicale :

    L'artiste Meryl en duo avec l'artiste Théodora avec le titre Instruction.

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