Episodios

  • Un pirate dans l'avion !
    Apr 12 2026
    L’autre soir dans l’avion en rentrant du Mexique, j’étais assise à côté d’un pirate. Un véritable pirate débarqué de la fin du 19ème, chemise large moitié ouverte, foulard autour de la taille, bandana tête de mort bien serré sur le crâne, longs cheveux noirs jusqu’aux omoplates, barbe grisonnante de 8 jours, un cache-œil tenu par une sangle. On aurait dit le Capitaine Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes. Très intriguant cet homme ! Il lui manquait juste un perroquet sur l’épaule et une carte au trésor sur les genoux. En réalité il jouait à Candy Crush sur son portable avec toute la concentration que peut permettre la vision d’un seul œil. J’observais du coin de mon œil à moi cet homme au look de pirate assumé, imaginant mille scénarios, 1000 aventures sur son navire, me disant que sa p’tite valise cabine cachait sûrement son butin de bois, de fourrures, de soie, de coton et d’épices, et qu’il avait dû planquer son trésor d’or et d’argent sous le cocotier d’une île perdue. Sur quel galion, sur quelle frégate avait-il traversé les mers pour arriver à l’heure à l’aéroport choper son vol Mexico-Paris ? Je l’imaginais acharné sur le pont à tirer des boulets de canon et des mitrailles sur les navires de commerce au beau milieu des Caraïbes, entre 2 jets-ski. Je le voyais déjà sortir de sa besace en cuir un grand coutelas tranchant et se préparer sous mon nez un casse-dalle au pâté. Pire, il était peut-être assis sur son tromblon et prévoyait de le dégainer à un moment du vol pour semer la panique en nous prenant pour cibles et nous chourrer nos plateaux-repas. Je commençais à me faire de sérieux films, au moins aussi élaborés qu’A l’abordage et le Vagabond des mers ! A l’atterrissage à Paris, il ne s’était rien passé de tout ça. Après sa partie de Candy-Crush, il s’est endormi la bouche ouverte et n’a pas plus ouvert son œil de tout le voyage. J’avoue que moi aussi j’ai fini par sombrer, dans des rêves aux saveurs de viande séchée archi salée et de tortues de mer aux haricots secs. Après 10 heures de vol, un peu hagards, on se déplie, on s’étire, on se sourit, on récupère en baillant nos sacs et nos valoches, et à la queue-leu-leu on sort de l’engin céleste. C’est à ce moment-là que je le vois, devant nous, notre pirate des airs. Il marche cahin-caha se balançant d’une jambe à l’autre. A gauche, une jambe musclée, à droite une longue prothèse en métal. Quelle émotion de voir cet homme, traumatisé par une amputation, assumer son handicap en l’intégrant dans un look de pirate assumé. En un instant, cet homme nous est apparu en héros, le héros qui accueille son handicap et le traverse avec un humour admirable, incroyablement touchant. Le héros qui ne cache pas sa faille mais qui l’assume et la partage, non pas de manière tragique mais avec courage. Voilà ce que sont nos patients en atelier art-thérapie : des héros fragiles qui se montrent tels qu’ils sont et se révèlent dans des œuvres créatives pleines d’inventivité ! A chacun de nous, il manque un regard, un équilibre, et nous marchons de traviole. Osons montrer nos failles, elles font de nous des pirates de lumière !
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    3 m
  • Un Toit pour un Moi !
    4 m
  • Nos gueules de biais !
    4 m
  • La force du binôme !
    Mar 22 2026
    J’étais le wk dernier dans les monts du Lyonnais chez l’une de mes soeurettes. Danscette belle maison retapée de leurs mains au fil des années, se côtoient parpériodes, une trentaine d’humains au cœur joyeux, immense famille à l’Italienne,filles et fistons, neveux, nièces, copains, conjoints, voisins, et toute une équipe decousins de 6 mois à 13 ans, à l’énergie solaire et à la tendresse contagieuse. Cettemaison est une véritable auberge du bonheur. Vous y passez 48h, vous en revenezbéats, durablement imbibés de cet amour intense et libre qui y circule à flots. Unefamille multi-culturelle, aux profils atypiques, dans laquelle chacun, du plus vieux auplus petit, veille sur l’autre, d’une façon particulière et belle. Samedi matin, on décidede pédaler en chœurs jusqu’au village voisin. Des vélos de toutes les tailles sontrépartis par âge et par format. Chacun enfourche sa monture à roulettes, à pédales,à vitesses, on installe les tout petits à l’arrière sur les porte-bébés et c’est parti lacolonie sur les chemins jolis entre vignes et pommiers ! Trop drôle cette queue-leu-leu d’enfants acharnés dans les côtes, pas flippés des descentes, fiers et ferventscomme des cavaliers en croisades, qui s’attendent aux ronds-points, se surveillentdu coin de l’œil, se font des politesses et s’échangent leurs montures au gré de leursenvies. J’étais au spectacle, hilare de bonheur, épatée par la ferveur de cette petitetroupe aux guiboles miniatures et sacrément sportives. Quels coups de pédale et devolonté ! Un p’tit binôme complice m’a particulièrement fondu le coeur. Marius, 7 anspédalait en danseuse dans les côtes sur son micro vélo, courageux, un vrai athlètedu Tour de France, tout en crachant régulièrement larmes et poumons avant deréattaquer la route. A côté de lui, Manël, sa cousine de 2 ans, ballotée dans sonporte-bébé, ne le quittait pas du regard, le suivait, le fixait, et l’appelait. La p’titepoupette faisait littéralement la coach ! Marius, régulièrement tournait vers elle saptite bouille toute suante et les 2 se décochaient alors des sourires de vainqueurs àfaire fondre une banquise. Elle lui filait de la force, il puisait de l’énergie, on aurait ditque le soleil s’allumait entre eux à chaque croisement de regards ! J’avais devantmoi, grâce à ces 2 p’tits êtres totalement connectés, une belle et tendre analogie del’accompagnement thérapeutique. Sur la route côte à côte, elle dans son siège,détendue mais attentive, concentrée, ne perdant pas une miette du plaisir ou de lagalère ressentis par son cousin chéri. Lui, volontaire, riant ou râlant selon la dosed’effort, porté, soutenu, encouragé, consolé par le regard de sa mini cousine. Un vraibinôme de vainqueurs ! A l’arrivée, après 1h de ce voyage intense, leur joie et leurfierté communes ! Rien de plus inspirants que 2 enfants aux cœurs tout purs reliésl’un à l’autre comme 2 anges de lumière, témoignages ambulants de la force dubinôme ! Si ça fait belle lurette que nous roulons sans p’tites roulettes, on a toujoursbesoin d’un plus petit que soi ! Binôme thérapeute/patient, binôme d’amis, binômetoujours !
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    4 m
  • Un ange à l'aéroport !
    Mar 15 2026
    Je passais un matin il y a peu le contrôle à l’aéroport pour m’envoler vers ailleurs. Aucontrôle, les gens, la plupart ce jour-là gens d’affaires très affairés, étaient sérieux,pressés, jetaient littéralement leur valise sur le tapis et sortaient leurs ordis,téléphones, tablettes d’un geste machinal et habituel, retiraient leurs pompes àtalonnettes, leurs vestes et leurs ceintures, il faut que ça passe, on n’a pas bcpd’avance, y a du boulot, y a des réunions en vue, le timing est serré. Une fois lecontrôle passé et réussi, tout le monde se resape, reboucle sa ceinture, récupèrefissa sa valise noire et son sac à ordi, et court vers la porte d’embarquement. Il y ades mails à envoyer avant de monter dans l’avion, y a des calls à préparer, y a du tafmessieurs mesdames. J’observais ce remue-ménage avec autant d’admiration quede consternation. Quel courage ont ces travailleurs inlassables et en même temps àquoi rime tout ce délire, pressé pressé toujours plus vite plus efficace. Pauvreshumains qui avons sans cesse 3 longueurs d’avance sur notre propre corps, quicourons derrière nos vies, à grandes enjambées de vols en meetings, nos écranspour seul horizon, un jus d’orange en vol sous la cravate avalé sans le goûter,survolant sans le des reliefs fascinants et des étendues d’eau salée magiques debeauté ! Perchée dans mes pensées, palpée les bras en croix par la contrôleuse etson bip, me passe alors sous les jambes un p’tit bonhomme haut comme 2 pommes,3 ans peut être, blond comme un épi de blé. Nos jambes lui servaient de ponts, nossacs au sol de haies, il virait de bord entre 2 contrôleurs, reprenait de l’élan autourd’une jambe choisie au hasard et glissait sur le carrelage en riant aux éclats de sajolie voix cristalline. On aurait dit un ange tout droit descendu des cieux venu nousfaire réaliser avec amour l’absurdité de nos comportements en nous faisant unedémo de la vraie vie. 2 mondes s’entrechoquaient : le monde grave et sérieux dubusiness qui court nuques fléchies sous la pression des meetings, et le monde légerinsouciant de l’enfance qui court trombine ravie pour le bonheur de vivre. Il était beauce p’tit bonhomme, imbibé de joie lumineuse, fervent dans ses olympiadesimprovisées. Une vision divine ! Nous courbés sous le poids de la charge mentale, luifaisant à toutes berzingues des courbes dans cet espace ultra organisésoudainement dédié au jeu et au plaisir. Merveilleux contraste ! Un véritable appel àla vie, à la créativité, à la liberté, au sautillement et au rebond ! Cette scène est unetrès belle analogie de l’art-thérapie. Au beau milieu de la pression de nos viesmillimétrées, des contraintes quotidiennes de nos plannings chargés, del’encombrement de notre mental, l’art-thérapie offre un espace de rêve, de liberté, derespiration, d’invention, d’insouciance ! Comme ce p’tit bonhomme blond, en atelierart-thérapeutique, on contourne un moment nos vies sérieuses pour rebondir commedes biches dans un champs, s’évader au gré de nos imaginaires, rire, lâcher,chanter, danser, écrire, vivre ! Nous ne passons plus de contrôle de sécurité, nousentrons dans la gratuité, et nous nous allégeons ! Au prochain contrôle d’aéroport,puisse la vision de ce chérubin sautillant nous embarquer dans la vraie vie, celle quivibre et résonne et nous rappeler à l’éternel enfance !
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    4 m
  • Zef thérapeutique !
    Mar 8 2026
    Depuis quelques mois, comme vous sans doute, je roule en vélo, enfin sauf quand ilpleut, sauf quand il neige, sauf quand j’ai froid, sauf quand il grêle…Autant vous direque cet hiver, mes sorties et trajets à pédalade ont été assez rares. Par contre, jesors par tous les vents ! Vent d’Ouest, vent d’autan, vent de travers, vent frais, grandcoup de vent sur la monture, vent chaud, vent du désert, j’aime le vent. Il réveillemon sang de Manchote insulaire ! Quand il souffle sur mon pif et ma bécane en rouelibre, j’ai l’impression de chevaucher sur les routes avec un vieux copain de toujours.Le vent balaye mes idées fixes, fait le tri dans mes pensées, évacue les trop-pleinsdu mental, réanime tout ce qui sommeille en moi, stimule mon réservoir énergétiqueavec une vigueur joyeuse qui me rend hilare. Perchée sur ma selle, les mainscramponnées au guidon, je gobe le vent la bouche ouverte et m’en remplit le corps etle coeur jusqu’à débordement. Vous aussi, vous avez sûrement une attacheparticulièrement forte et vibrante à l’un des éléments de la nature. Au feu du soleil quivous réchauffe la couane, au bleu pur du ciel qui vous met en émoi, au moelleux del’herbe qui vous invite à une sieste allongée, aux senteurs de la rose et du jasmin, àla pluie qui vous rappelle que vous êtes chtis et que vous ne perdez pas le Nord, à laneige qui réveille votre âme de poète romantique, à la mer qui vous emmène au-delàde vous et vous ramène en votre centre au fil de ses flux et reflux. Nous avons desalliances avec la nature, par les goûts, les couleurs, les senteurs, les ressentis, noussavons ce qui nous fait du bien, ce dont notre corps a besoin. Et il est bon d’enprofiter, d’y puiser des ressources, de boire l’eau du ciel gosier grand ouvert, de serouler dans les herbes douces et folles, de faire la planche les bras en croix surl’Océan géant, de grimper dans les arbres et d’enlacer l’écorce, de faire crisser laneige en tassant les cristaux, de se mijoter des soupes de plantes sauvages et decauser du temps qui passe avec une coccinelle à pois ! Notre relation d’amour avecla moindre parcelle de nature est l’analogue d’un atelier art-thérapie : elle nouslibère, nous apaise, nous allège. Par ce lien, on s’ancre, on se pose, on setrouve.Les amis, zef-thérapie, neige-qui-crisse-thérapie, clapotis-thérapie, cure-de-soleil ou hélio-thérapie, herbes douces ou phyto-thérapie, rigologie, bains de forêt ousylvo-thérapie, rubis turquoise ou lithothérapie, pépiements ou sono-thérapie, lanature nous offre moult moyens bienfaisants à utiliser sans modération pour selibérer de tensions corporelles et psychiques, pour remplir notre réservoir d’émotionspositives. Cueillons, buvons, absorbons à profusion ces cadeaux de la nature,chacun selon ses appétits ! Que votre semaine soit belle, joyeusement embarquéedans un vent de folie douce !
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    4 m
  • Vivants jusqu'à la Saint-Glinglin !
    Mar 1 2026
    « Il faut que tu restes vivant pour le reste de ta vie ! » Nos amis porteurs de handicapvont bien souvent droit au but bien plus efficacement que nous qui avons tendance àtortiller du chapeau et à nous enliser dans la fumée de nos pensées logiques ! Il fautque tu restes vivant pour le reste de ta vie ! Merveilleuse injonction lancée du fond deses tripes par une amie atteinte de trisomie. Quelle sagesse lumineuse ! Voilà quinous verticalise, active en nous la sève, nous éclabousse le cœur. Quel programmeplein d’ardeur : rester vivant pour le reste de nos vies ! C’est exactement ce qu’oncherche en atelier art-thérapie, solliciter chez nos patients les moindres parcelles deleur corps capable de se mouvoir, solliciter les plus infimes recoins de leur cœurcapable de s’émouvoir ! Georgette se déplace à micros pas fragiles, courbée sur sondéambulateur qu’elle appelle sa p’tite mob, mais mettez-lui de la musique swing etGeorgette alors danse, elle plie les genoux, se balance en cadence, lâche sa p’titemob pour lever les 2 bras, elle rit de se sentir à nouveau libre dans cet instant. A 92ans, elle est au bout du chemin et elle reste vivante ! Hubert est à un stade avancéde la maladie d’Alzheimer, angoissé, désorienté, il déambule dans les couloirs del’Unité protégée, mais entonnez ses mélodies fétiches et il vient alors déterrminé àpas lents mais certains vers le groupe, se pose, relève le regard, le visage, aspire leson qui sort de votre voix comme s’il avait attrapé un papillon couleur de feu dansson filet, et Hubert se met à fredonner, il respire, il souffle, il articule des mots sur lesairs qu’il aime, et il rit de se sentir vibrer dans cet instant. A 89 ans, il est au bout duchemin et il reste vivant ! Marthe vit chez elle, indépendante mais fragile, elle souffrede la solitude. En besoin de lien et de stimulation, elle rejoint l’Ehpad Hors les Murstous les Jeudi matins, pour un atelier qui la motive à sortir de chez elle quelquesheures. Offrez-lui quelques vers poétiques, 2 3 alexandrins, des rimes douces quil’apaisent, et Marthe alors embarque comme en rêve dans la musique des mots. Sonfront s’ouvre, ses sourcils se détendent, elle desserre les mâchoires, se laisse glisserplus au fond du fauteuil, confortable, à l’écoute, bercée. La posture se relâche, et ellesourit dans ce voyage bienfaisant d’un instant. A 85 ans, elle est au bout du cheminet elle reste vivante ! « Il faut que tu restes vivant pour le reste de ta vie ! » Il y a millemanières adaptées de cultiver en chacun de nous cette part vivante, d’arroser cettevibration qui nous tient en éveil, qui nous fait palpiter, nous élargit sans limites d’âgeles ailes et l’horizon. Les outils art-thérapeutiques sont pléthores ! L’art bien sûr, maisle jardinage, l’animal, les couleurs, la cuisine, la nature, la clownerie, les bouquets,les pliages, la pêche, les concerts, les jeux, la photo, le modelage, les puzzles, lesmusées, les senteurs, les arômes, les images, les albums, la couture, les bijoux, lestoutous, le lien, l’amour en somme ! Puisse cette exclamation de notre amietrisomique nous invitant à vivre jusqu’au bout de nos jours nous agrandir le cœur,nous déployer l’envie, nous imbiber d’espoir jusqu’à la St Glinglin !
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    4 m
  • Ma clown Claudette
    4 m