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  • À la Une: confusion et incertitude autour du détroit d'Ormuz
    Apr 18 2026

    « Les efforts de Trump pour contraindre l’Iran à conclure un accord suscitent optimisme et confusion », titre le Wall Street Journal, « le président américain affirme que l’Iran a accepté de renoncer à son uranium enrichi et que le détroit d’Ormuz sera entièrement rouvert ». Mais tout n’est pas si simple, comme le souligne le Washington Post : « L’Iran a limité l’ouverture du détroit d’Ormuz », le ministre iranien des affaires étrangères Abbas Araghchi « a précisé que la navigation était autorisée, uniquement "le long de la route coordonnée" approuvée par l’Iran. »

    Quant à renoncer à son uranium enrichi, il semble bien que l’Iran n’y soit pas prêt. « Téhéran affirme que son uranium enrichi ne va nulle part », titre le Times, à Londres. « Détroit d’Ormuz, cessez-le-feu, négociations : une solution à la guerre en Iran est-elle vraiment proche ? » s’interroge de son côté le quotidien allemand die Welt, qui juge qu’on est « encore loin de la fin de la crise au Moyen-Orient, les positions des belligérants demeurant très divergentes ». En France, le Figaro semble, lui, un peu plus optimiste, estimant que « la trêve entre l’État hébreu et le Hezbollah offre au président américain un succès diplomatique et la perspective d’une issue à sa guerre contre Téhéran ».

    Une trêve qui interroge

    Au Liban, la conclusion de cette trêve de dix jours avec Israël suscite beaucoup moins d’optimisme. « Cessez-le-feu : une victoire ou un piège pour le Liban » ? La question est posée par l’Orient-Le Jour. Pour le journal francophone libanais, « les clauses fuitées par les Américains relèvent davantage d’un accord sécuritaire – qui n’a pas été négocié au préalable – entre le Liban et Israël, que d’un cessez-le-feu censé permettre la tenue de négociations ». Pas question, donc, de crier victoire.

    « La réalité ne se discute pas », remarque l’Orient-le Jour, elle ne peut être ni contournée ni travestie. Une guerre qui laisse derrière elle des milliers de morts, des milliers de blessés, plus d’un million de déplacés, des villages entiers effacés de la carte, un Sud de nouveau occupé, ne peut, en aucune manière, être transformée en victoire sans que cela ne relève d’une fabrication délibérée ».

    Le journal Haaretz, lui, analyse ainsi la situation. Pour le quotidien israélien, « le cessez-le-feu pourrait renforcer l’autorité du gouvernement libanais, relancer la diplomatie avec Israël, et priver l’Iran d’un atout majeur dans les négociations avec les États-Unis. Mais il est essentiel qu’Israël prenne conscience des limites de Beyrouth quant à sa capacité à désarmer le Hezbollah ».

    « Deuxième continent le plus vaste du monde »

    Une question enfin : quand le continent africain obtiendra-t-il sa dimension exacte sur la carte du monde ? Question posée par le journal Le Monde. Le quotidien français nous explique que « l’Union africaine a chargé le Togo de présenter à l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, la projection Equal Earth, qui donne une représentation de la taille des continents plus proche de la réalité ». Et pas, comme le souligne le quotidien français, une carte « élaborée en 1569 », appelée Mercator, « où le Groenland est aussi vaste que l’Afrique » alors que « dans la réalité, l’Afrique est quatorze fois plus grande que le Groenland ».

    Interrogée par Le Monde, Fara Ndiaye, directrice exécutive adjointe de l’ONG Speak Up Africa, analyse ainsi la situation : « Les cartes ne sont pas neutres. Ce sont des symboles puissants qui façonnent notre vision du monde. Quand l’Afrique est systématiquement représentée comme plus petite qu’elle ne l’est, cela renvoie le message implicite que c’est une région périphérique. Or, c’est le deuxième continent le plus vaste du monde en superficie et en population ».

    Seulement voilà, utiliser une nouvelle carte n’a rien d’évident. Selon Le Monde, « aucun État africain n’a officiellement adopté la carte alternative, du fait des obstacles financiers et techniques ». « Sans oublier », conclut le quotidien français, « la nécessité de soumettre le sujet aux géants du numérique, vecteurs de notre représentation cartographique du monde, à portée de téléphone ».

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  • À la Une: incertitudes après le cessez-le-feu instauré au Liban
    Apr 17 2026

    C'est un cessez-le-feu fragile et à l’avenir incertain. Du point de vue du Wall Street Journal, « la volonté de paix entre Israël et le Liban risque de provoquer une nouvelle confrontation avec le Hezbollah ». Le Hezbollah, rappelle le quotidien américain, « groupe terroriste désigné par les États-Unis, qui est en guerre intermittente contre Israël depuis les années 1980 ». « Sans le Hezbollah à la table des négociations, le cessez-le-feu et la possibilité d’un accord de paix israélo-libanais seraient fortement compromis » estime encore le Wall Street journal.

    De son côté, citant un haut responsable israélien, le Jerusalem Post assure « que les États-Unis entendent désormais mener activement le désarmement du Hezbollah. Ce même haut responsable israélien, assure que « "Trump souhaite que cela se produise, donc cette fois-ci, les États-Unis seront bien plus impliqués" ».

    Quelle est la position du Hezbollah, face au cessez-le-feu annoncé entre le Liban et Israël ? « Il dit qu’il va respecter le cessez-le-feu à condition qu’Israël arrête complètement les hostilités, dont les assassinats qui visent ses membres », explique l’Orient-le Jour, le journal francophone libanais, selon lequel ce cessez-le-feu est tout de même « une première victoire » pour le président libanais Joseph Aoun.

    Protestations

    Mais en Israël, ce cessez-le-feu est très mal accueilli par une partie de la classe politique et des habitants du nord d’Israël. C’est le journal Haaretz qui l’annonce : « L’opposition israélienne et des habitants du nord d’Israël rejettent le cessez-le-feu conclu avec le Liban ». Le député Avigdor Lieberman, chef du parti d’opposition Yisraël Beitenu, explique Haaretz, a déclaré qu’un cessez-le-feu au Liban constituait une « trahison des habitants du nord d’Israël » Dans une vidéo publiée sur X, il accuse : « Une fois de plus, on donne au Hezbollah, le temps de se rétablir et de se renforcer (…) Toute guerre, assure-t-il encore, « doit se terminer par l’élimination du Hezbollah ».

    Impunité des colons

    Alors que l’attention du monde est captée par le conflit au Moyen Orient, le journal le Monde met l’accent sur la situation en Cisjordanie. « En Cisjordanie, l’impunité absolue des colons auteurs de crimes », titre le quotidien français, qui explique « que depuis 2020, la justice israélienne n’a prononcé aucune condamnation à de la prison ferme contre les colons juifs responsables de la mort de civils palestiniens, alors que le nombre et la gravité des crimes qu’ils commettent ne cessent de croître ».

    L’envoyée spéciale du Monde a rencontré de nombreux témoins. Comme la mère de Saïd Naasan, électricien, « fauché par le tir d’un colon, tout près de la maison familiale nichée en hauteur du village d’Al-Moughaïr, à l’est de Ramallah, en Cisjordanie occupée ». « Le 23 septembre 2025, raconte-t-elle, les colons sont arrivés et l’un d’eux avait une arme. Mon fils allait avoir 23 ans ». « Le drapeau jaune du Fatah, le parti nationaliste palestinien, a été apposé après coup, comme une marque de respect, au-dessus de l’étroit lit de l’absent », raconte le Monde.

    Silence de l'armée et de la police

    Autres meurtres, celui d’Ibrahim Al-Wadi, 62 ans, et Ahmad Al-Wafdi, 25 ans. « Ils ont été abattus par des colons qui passaient en voiture. Mon père a reçu une balle dans le torse, mon frère trois : à la gorge, la poitrine et sur le côté », raconte Mohamed Al Wali, 30 ans. « La nuit précédente, ajoute-t-il, des assaillants avaient attaqué le village, incendié des maisons, tué trois habitants, et un autre avait été tué par l’armée. C’est pour ça que mon père et mon frère étaient là. Ils attendaient le passage de leur convoi funéraire ».

    Selon le Monde, « au moins 25 palestiniens ont été tués entre 2020 et 2025, par des habitants des implantations juives, hors confrontations armées ». Le quotidien français s’est heurté au silence de l’armée et de la police, quand il a cherché à savoir « quelles suites judiciaires » avaient été données à ces violences meurtrières. Et pour cause, explique le quotidien français : « La dernière condamnation d’un colon pour le meurtre d’un Palestinien en Cisjordanie remonte à 2020 ».

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  • À la Une: va-t-on vers un cessez-le-feu au Liban?
    Apr 16 2026
    C’est une première depuis des décennies : l’ambassadrice libanaise et son homologue israélien ont entamé avant-hier à Washington des pourparlers directs de paix. Dans le même temps, des négociations parallèles se sont ouvertes entre le Liban et les États-Unis. Les discussions devraient se poursuivre ce jeudi à propos d’un cessez-le-feu. C’est du moins ce qu’a annoncé Donald Trump… Alors, « un cessez-le-feu. Depuis hier en fin d’après-midi, les Libanais ne parlent que de ça, s’exclame L’Orient-Le Jour à Beyrouth. Si l’accord annoncé se confirmait, il serait le fruit de multiples efforts internationaux et régionaux, à l’intersection desquels se trouvent les États-Unis, l’Iran et l’Arabie saoudite. (…) Une chose est sûre, relève encore L’Orient-Le Jour : Benyamin Netanyahu n’est pas convaincu par ce processus et cherchera probablement à exploiter toute faille pour le torpiller. Ou du moins pour repousser l’échéance. Réussira-t-il ? Les heures ou peut-être les jours qui viennent seront porteurs de réponse ». Vers un désarmement du Hezbollah ? En fait, pointe El Pais à Madrid, « le Liban n’a qu’un seul objectif en tête : un cessez-le-feu immédiat. Cela permettrait d’aborder des questions plus complexes, telles que le désarmement du Hezbollah, parti politique et milice pro-iranien, la délimitation d’une frontière définitive et, à terme, la reconnaissance d’Israël et l’établissement de relations diplomatiques. De son côté, poursuit El Pais, Israël considère son offensive comme un atout pour les négociations et souhaite, premièrement, obtenir le désarmement du Hezbollah et, deuxièmement, un accord de paix prévoyant le retrait de Beyrouth de l’Initiative de paix arabe de 2002, laquelle incluait la reconnaissance d’un État palestinien et exigeait la fin de la présence israélienne dans les territoires occupés ». En attendant, chacun tente d’avancer ses pions, affirme Haaretz à Tel Aviv : « Israël attend un éventuel coup de sifflet final des Américains qui signifierait la fin de la guerre au Liban, et peut-être aussi en Iran. Dans l’intervalle, Israël tente de gagner du terrain, tandis que son ambassadeur négocie directement avec le Liban à Washington. Et l’Iran, qui a intérêt à un cessez-le-feu au Liban, cherche à limiter les dégâts infligés au Hezbollah, tout en essayant d’empêcher un accord qui contraindrait ce dernier à désarmer au nord du Litani ». France : Bolloré étend sa mainmise dans le secteur de l’édition À la Une également, en France, ce coup de tonnerre dans le monde de l’édition : 115 écrivains, et non des moindres, annoncent leur départ des éditions Grasset en réaction au renvoi de son directeur, Olivier Nora. Celui-ci a été licencié avant-hier par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, propriétaire de Grasset. Dans une lettre commune, publié notamment par Le Monde, ces écrivains, dont Virginie Despentes, BHL, Laure Adler, Frédéric Beigbeder ou encore Vanessa Springora, qualifient la décision de Vincent Bolloré d’« atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale ». Commentaire de La Croix : « comme un titre de presse, une maison d’édition a une histoire, et une identité. Celle de Grasset était portée dans toute sa pluralité et son excellence par son PDG. L’histoire dira si le calcul de Vincent Bolloré est bon, qui consiste à vider une maison d’édition de sa substance et à faire fuir les écrivains qui l’animent et l’incarnent ». Trumpisation… « Grasset ou la trumpisation de l’édition française », s’exclame pour sa part Le Temps à Genève. « Cela fait plus de dix ans que Vincent Bolloré accroît son contrôle non seulement économique mais idéologique sur les médias et le monde éditorial français, de Canal+ à Hachette, avec ses filiales, Grasset et Fayard. (…) Le vent glacé du populisme réactionnaire traverse l’Atlantique pour atteindre à pleine force le Quartier latin ». Pour Le Soir à Bruxelles, il est clair que « l’empire médiatique de Vincent Bolloré est un écosystème savamment conçu pour porter l’extrême droite au pouvoir ». Alors « une fatalité ? Non », répond le quotidien belge. « Si aux États-Unis, Fox News a porté Trump au pouvoir, la mise sur orbite de l’extrême droite par Bolloré en France n’est pas inévitable. Mais il faudrait pour cela que les adversaires des populistes travaillent sur de vrais projets, avec une vision, des idées et des propositions ».
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  • À la Une: la guerre qui n’en finit plus au Soudan
    Apr 15 2026
    « Une chaussure posée sur un monticule de terre : cette chaussure est tout ce que l’on sait de l’être humain qui est enterré là. Enterré anonymement sur un trottoir, le long d’une rue de Khartoum. Un corps parmi tant d’autres ; des milliers ont été enterrés ainsi, pendant et après le siège de la capitale soudanaise. À quelques mètres de là, des conducteurs de tuk-tuk attendent des clients, des charrettes tirées par des ânes passent, les piétons s’écartent sans même se retourner : le monticule de terre fait désormais partie du décor, accepté, normalisé, comme le feu tricolore cassé qui, plus loin, surplombe la rue, comme les impacts de balles sur les immeubles ». Voilà, la suite de ce reportage est à lire dans la Repubblica à Rome. Un reportage intitulé « la ville des fantômes ». À Khartoum, on ne sait plus où enterrer les morts. Il faut dire, pointe le quotidien italien, « qu’il a fallu 23 mois à l’armée nationale du général Abdel Fattah al-Burhan pour chasser de la capitale les paramilitaires, les RSF, commandés par l’autre homme en uniforme, Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de Hemeti (…). Le Soudan, c’est le pays des deux Nils, des huit frontières, des cinq cents tribus et des deux généraux, relève encore la Repubblica. Ils s’étaient alliés pour contrer la révolution démocratique qui a renversé le dictateur el-Béchir en 2019, mais ils se sont divisés au moment de décider qui serait le nouveau maître ». La plus grande crise humanitaire au monde « Ce 15 avril marque (donc) les trois ans du déclenchement du conflit au Soudan, pointe Libération à Paris. Une guerre civile qui, d’après l’ONU, est à l’origine de la plus grande crise humanitaire au monde. Qu’il semble loin, le temps où l’espoir fleurissait, lorsque début 2019, un mouvement populaire renversait Omar el-Béchir, dictateur au pouvoir pendant près de trente ans… La fragile alliance entre civils et militaires qui lui a succédé s’est rapidement délitée. Jusqu’à ce qu’éclatent les affrontements entre deux camps issus de ce même régime déchu. Trois ans plus tard, soupire Libération, le conflit a provoqué le déplacement de 11 millions de personnes. Près de 30 millions d’habitants ont aujourd’hui besoin d’aide humanitaire. Le bilan humain reste difficile à établir, mais les estimations dépassent les 150 000 morts ». Complicités internationales… Trois ans de guerre donc et trois ans d’inaction internationale… Et « le véritable scandale ne réside pas tant dans l’échec des efforts internationaux de paix, que dans le maintien et l’escalade de cette guerre par des intérêts extérieurs », dénonce le Guardian à Londres. En effet, l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Iran, la Russie et les Émirats arabes unis sont parties prenantes dans ce conflit avec un soutien militaire actif aux forces rivales. « Les Émirats arabes unis sont le principal soutien des RSF, pointe le quotidien britannique, de même que l’Éthiopie voisine. (…) Pour leur part, l’Arabie saoudite et l’Égypte sont aux côtés du général Burhan. Ces implications d’États extérieurs alimentent les craintes d’une véritable guerre régionale. Se pose aussi la question de la responsabilité de l’Europe, qui a financé le contrôle migratoire au Soudan, et qui a indirectement fourni des armes désormais utilisées sur les champs de bataille soudanais ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? » Alors, « Berlin accueille ce mercredi une conférence internationale sur le Soudan, suscitant un certain espoir. La communauté internationale trouvera-t-elle enfin la volonté et la force de contenir les seigneurs de guerre ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung. Réponse du quotidien allemand : non, tant qu’un cessez-le-feu ne sera pas en vue. « Rien ne changera vraiment tant que les seigneurs de guerre seront approvisionnés en armes et qu'aucune négociation sérieuse ne sera entamée ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? », implore le New York Times. La réponse pourrait venir des États-Unis. « Les Américains, rappelle le journal, ont réagi face au nettoyage ethnique au Kosovo, aux tsunamis en Asie du Sud-Est et au Japon, et au séisme dévastateur en Haïti ». Mais en ce moment, ils regardent ailleurs… Quant aux européens, relève Le Soir à Bruxelles, « leur silence face au soutien continu des Émirats arabes unis aux FSR est assourdissant ». Et le quotidien belge de s’interroger : « alors que les Émirats arabes unis ont besoin d’aide pour contrer les attaques iraniennes, ne serait-ce pas le moment de leur suggérer de réévaluer leur appui aux FSR ? »
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  • À la Une: la démocratie reconquise en Hongrie
    Apr 14 2026
    C’est le titre de l’éditorial du Guardian à Londres, et à l’instar du quotidien britannique, la presse internationale revient largement ce matin sur la défaite de Viktor Orbán en Hongrie et sur l’avènement de Peter Magyar, désormais Premier ministre. « Les électeurs ont démontré que la démocratie était bel et bien vivante en Europe centrale », s’exclame le Washington Post. « Les messages de soutien à Orbán du président Trump et le meeting de campagne avec le vice-président Vance n’ont eu aucun effet ». « La Hongrie a aujourd’hui une occasion unique, se réjouit le New York Times. Le succès du parti Tisza démontre que la démocratie peut être restaurée pacifiquement par le peuple, même face à des dirigeants solidement ancrés et lorsque de grandes puissances interviennent pour soutenir leurs protégés. Avec le temps, et avec du discernement, ce parti pourrait opérer un renversement de situation des plus bienvenus. Au lieu d’être un laboratoire de l’autocratie, la Hongrie pourrait devenir un phare de la démocratie ». Une sanction « bienvenue » Le Monde, à Paris, renchérit : « la défaite d’Orbán prouve que cette vague de national-populisme à laquelle il faudrait se résigner, quelles que soient les incohérences, les hypocrisies et les contradictions des programmes qu’elle inspire, n’est pas une fatalité. Outre son illibéralisme, ce national-populisme a produit en seize ans en Hongrie une inflation massive, une corruption galopante et une collection de mauvais classements au sein de l’UE en matière de richesse par habitant. La sanction était inéluctable, pointe encore Le Monde. Elle est bienvenue ». Le Temps à Genève insiste : « à l’heure où les autocraties ont le vent en poupe et où le monde ne tourne pas vraiment rond, il est rassurant de constater que les Hongrois ont osé le changement et donnent un signal clair ». Des lendemains qui chantent ? Toutefois, tempère le quotidien suisse, « l’euphorie ne doit pas pour autant l’emporter. Car pour le vainqueur, le plus difficile reste à faire : transformer un vote de rejet en projet politique durable, sans reproduire les travers qu’il a dénoncés. Et se débarrasser de l’héritage Fidesz. Le défi est immense. Et des doutes sont permis. Un peu vite taxé de "conservateur pro-européen", Peter Magyar devra clarifier certaines de ses positions, qui restent ambiguës. Le scrutin prouve qu’une alternance reste possible, même dans un système fortement verrouillé. Mais ce n’est que maintenant que le "phénomène" Magyar va montrer son vrai visage ». En effet, s’interroge Libération à Paris, « la joie qui s’exprime à Budapest sera-t-elle suivie de lendemains qui chantent ? Seize ans de pouvoir d’Orbán auront laissé sur le pays une marque sans doute indélébile : une Hongrie minée par la corruption, biberonnée aux discours prorusses et acclimatée à ce mot comme taillé pour le type de gouvernement d’Orbán, l’illibéralisme. Pour Péter Magyar – qui reste aligné sur la politique de son prédécesseur sur plusieurs points clés comme l’immigration, sans parler de l’inconnu concernant son soutien à l’Ukraine –, remettre la Hongrie sur des rails sera un travail de longue haleine ». Pour sa part, El Pais à Madrid estime que « l’Europe devrait saisir l’opportunité offerte par la défaite du populisme eurosceptique en Hongrie pour faire progresser son intégration avant que l’Internationale ultranationaliste ne se remette du revers subi dimanche et ne parvienne à prendre le contrôle de l’une des capitales européennes qui possèdent le pouvoir qui manquait à Orbán pour faire tomber l’Union européenne ». Trump en Christ guérisseur… À la Une également cette image générée par l’intelligence publiée par Donald Trump hier… Une image reproduite dans nombre de quotidiens ce matin : avec un Trump sous les traits d’un Christ, imposant les mains sur un malade… Tollé général au sein de la droite religieuse américaine, relève le Wall Street Journal. L’image a été vite supprimée de son réseau. Et Trump s’est défendu en affirmant que cette image le représentait comme un médecin soignant un patient. Commentaire du journal : « la consternation suscitée par les publications de Trump sur les réseaux sociaux pourrait se transformer en handicap politique pour les républicains, alors que le président mène le parti à l’approche des élections de mi-mandat ». Le Washington Post enfonce le clou : « derrière cette image sans filtre, offensante et débridée — on perçoit l’instabilité de l’homme qui l’a diffusée ».
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  • À la Une: le pessimisme à l'ordre du jour avant les pourparlers d'Islamabad
    Apr 11 2026

    Avant les pourparlers sur le Moyen-Orient, le pessimisme est partagé par une grande partie de la presse internationale. Le Washington Post estime ainsi que « sur fond d’accusations de mauvaise foi et de violations du cessez-le-feu de la part de Washington et Téhéran, les négociateurs se rendent à Islamabad pour des pourparlers à haut risque ». Aux yeux du quotidien américain, « les États-Unis et l’Iran ne semblent s’accorder que sur un seul point : leur besoin de trouver une issue à la guerre ». « Les deux parties, ajoute encore le Washington Post, arrivent à la table des négociations avec des exigences qui laissent peu de place au compromis ».

    Au cœur du problème : les attaques israéliennes contre le Liban. Le New York Times constate ainsi que « le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a résisté aux pressions internationales, visant à mettre fin à la campagne menée par son pays contre les militants du Hezbollah, soutenus par l’Iran, dans le sud du Liban ». Il n’empêche. Aux yeux du Wall Street Journal, « l’Iran aborde les négociations de ce week-end avec les États-Unis dans un état d’esprit triomphant, après avoir testé les limites de la puissance américaine et être sorti d’une guerre de 40 jours en contrôlant le détroit d’Ormuz et, par conséquent, les marchés mondiaux de l’énergie ».

    Pas d'euphorie

    Y a-t-il toutefois des raisons d'espérer ? Oui, si l'on en croit Le Figaro, qui place ses espoirs dans la « diplomatie ». « Donald Trump avait pris tout le monde de court en lançant sa guerre au beau milieu de pourparlers avec l’Iran, nous dit le quotidien français, rien n’interdit d’espérer qu’il y mette un terme en apportant une réponse diplomatique aux problèmes que les armes n’ont pas réglé ». Le Figaro se garde toutefois de « céder à l’euphorie », et reconnaît que « rarement négociation internationale aura combiné des enjeux aussi lourds avec une préparation aussi minimale et des positions aussi radicalement opposées ».

    Optimisme mesuré donc, alors que les regards se tournent aussi vers Washington, qui accueillera mardi des pourparlers entre Israël et le Liban. Là encore, la réserve est de mise. Quoi qu’il en soit, le Jerusalem Post annonce « qu’Israël a refusé d’autoriser la France à participer à ces pourparlers directs », en raison « de sa conduite au cours de l’année écoulée, qui a conduit Israël à la considérer comme un médiateur inéquitable ». Les accusations israéliennes reposent notamment sur le fait que la France ait « refusé d’autoriser le survol de son espace aérien aux avions américains transportant des armes à destination d’Israël », et au fait « qu'elle ait fait pression sur l’état hébreu pour qu’il ne lance pas d’opération terrestre au Liban ».

    Historique !

    Enfin, le retour sur terre d'Artémis fait aussi les gros titres de la presse internationale. La presse américaine est enthousiaste. « L’amerrissage d’Artémis 2 donne un nouvel élan à la NASA, dans la course à la Lune », titre le New York Times qui s’enflamme : « Les astronautes – trois Américains et un Canadien – ont captivé le monde entier avec leur mission historique ». « Mission lunaire historique », titre également le Wall Street Journal, selon lequel « les quatre astronautes étaient en excellente santé après leur amerrissage dans le Pacifique ».

    La presse européenne n’est pas en reste. A Madrid, El País estime que « cette première mission habitée depuis plus d’un demi-siècle ouvre la voie à l’ambition des Etats-Unis d’établir sur la Lune une présence permanente ». Mais il y aura de la concurrence. « Chine, États-Unis, Inde, Europe : après la mission Artemis 2, qui seront les premiers à retourner sur la Lune ? » se demande le quotidien français Libération.

    En attendant, l’Amérique se réjouit, et bien sûr Donald Trump n’est pas en reste. Sur son réseau social Truth Social, il a salué une mission « spectaculaire » et lancé « nous allons recommencer et passer à la prochaine étape : Mars ». Un objectif que de nombreux scientifiques jugent toutefois irréalisable...

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  • À la Une: la désolation et l'amertume au Liban après l'attaque massive d'Israël
    Apr 10 2026

    Des photos de ruines, d’immeubles éventrés, de secouristes à l’œuvre font la Une de nombreux journaux, et particulièrement de l’Orient-le Jour. « Beyrouth sous les ruines du mercredi noir » titre le quotidien francophone libanais, « après le déluge de feu israélien de la veille, les secouristes étaient toujours hier à la recherche des corps de victimes, sous les yeux de leurs proches ».

    « Tout est en ruine, déplore le journal. Les immeubles, les corps, les têtes. A chaque fois on se dit que c’est la goutte d’eau, la guerre de trop, celle dont le pays ne se remettra pas. Et on continue d’encaisser, encore et encore, une crise après l’autre, une guerre après l’autre, un massacre après l’autre. Quelle place aura ce « mercredi noir » dans la mémoire collective ? interroge encore l’Orient-le Jour. « En parlera-t-on comme d’un tournant, comme d’une énième tuerie israélienne ou comme le début de la fin de la guerre voire du Liban ? 303 morts, 1150 blessés… » rappelle le journal.

    Dans la presse israélienne, en revanche, peu de détails sur le déluge de feu qui s’est abattu mercredi sur Beyrouth. Le journal d’opposition Haaretz fait sa Une sur « les pourparlers immédiats avec Beyrouth ordonnés par Netanyahou », au sujet du Hezbollah et d’un accord de paix. Précisant toutefois que, malgré l’ouverture des pourparlers, « Israël n’a pas instauré de couvre-feu total »…

    Incertitude

    Les frappes israéliennes contre le Liban, menacent le cessez-le feu de deux semaines avec l’Iran. C’est le point de vue du journal suisse le Temps, qui remarque que « depuis que les Etats-Unis ont annoncé un "deal" avec l’Iran, mardi soir, Israël fait pleuvoir les bombes sur le Liban. Or, Téhéran est clair, remarque le Temps, « de la fin des bombardements ordonnés par Benyamin Netanyahou, dépend la survie du cessez-le-feu. »

    Et les experts ne sont pas optimistes. En tout cas, ceux interrogés par le Temps. Comme Brian Finucane, ancien conseiller du gouvernement américain sur les questions militaires, également analyste au Think Tank International Crisis Group. « Peu de gens savent ce qu’il se passe, y compris Donald Trump, dit-il. On voit que le président cherche une issue, mais en réalité il n’y a pas de terrain d’entente entre Trump et Téhéran ».

    Certes, ajoute cet expert, « Donald Trump peut forcer Israël à cesser le feu, mais à l’instar du début du conflit, largement attribuable aux pressions israéliennes, Benyamin Netanyahou semble avoir la haute main. Or, ses objectifs de guerre, ne correspondent pas forcément à ceux de Donald Trump ». Autant dire que les discussions qui doivent commencer dans les heures qui viennent à Islamabad, sont « incertaines », comme le titre Libération. Selon le quotidien français, « Téhéran pourrait conditionner sa venue à la suspension des frappes israéliennes sur le Sud-Liban ».

    Première rencontre

    Le président français Emmanuel Macron, sera reçu aujourd’hui par le pape Léon XIV. Une visite sur laquelle se penche fort logiquement La Croix. Pour le quotidien catholique : elle est la suite « d’une conversation discrète ». Mais c’est la première rencontre entre les deux hommes. Que faut-il en attendre ? Une invitation officielle du président au pape, à venir en France. « Dans les milieux ecclésiastiques français, précise la Croix, les rumeurs courent depuis des mois : on évoque Notre Dame de Paris, parfois Lourdes, à l’automne ».

    Plus généralement, cette rencontre aura lieu dans un contexte marqué par les conflits en cours, notamment la guerre au Moyen-Orient. Quant à la connexion entre la France et le Saint-Siège, « elle existe sans être massive », nous dit la Croix. « Léon XIV, qui parle un français fonctionnel, n’est pas un pape façonné par l’Hexagone. Son père était (toutefois) d’ascendance française et italienne, et sa branche paternelle remonterait jusqu’au Havre, avec une grand-mère normande », dans le nord-ouest de la France.

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  • À la Une: la trêve en Iran et le carnage au Liban
    Apr 9 2026
    « Dix minutes, cinquante avions, cent soixante missiles, une centaine de cibles, et des centaines de victimes entre morts et blessés », soupire L’Orient Le Jour à Beyrouth. « Les Libanais savaient que les bombardements israéliens ne se limiteraient pas au sud du pays ni à la banlieue sud de Beyrouth. Depuis quelques jours, ils sentaient se rapprocher les flammes de l’enfer. Elles n’ont pas manqué, hier, de dévorer des régions qui n’ont rien à voir avec ce conflit, dénonce le quotidien libanais, marquant en plein jour un record de destructions et de pertes humaines. » « Dans l’ombre du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, le Liban brûle », s’exclame Le Devoir à Montréal. « Et c’est plus qu’un massacre ! », affirme Hady, cet habitant de Beyrouth interrogé par le correspondant sur place de Libération. « “C’est une vengeance, une punition, un crime de guerre… C’est le pire de la mort qui s’abat sur nous“. Et comment lui donner tort ?, s’exclame le journal. Aux pieds de son immeuble, il est presque impossible de donner un nom aux victimes. Les corps retrouvés sont défigurés, ou en morceaux. Les connaissances voisines ont été décimées dans les frappes… Sous les gravats, des images envolées montrent des couples anonymes, bras dessus bras dessous, des souvenirs photographiés des paysages de l’Est et du Sud, aujourd’hui bombardés et occupés. Il faudrait un article par visage pour deviner les vies qui se cachaient sous ce que ces bombes viennent d’arracher. Mais à cette heure, soupire encore Libération, les mots manquent. » Champs de ruine… Pourtant, hier matin, c’était le soulagement… Oui, pointe Le Soir à Bruxelles, « c’était le sentiment qui s’était emparé du monde à l’annonce de l’accord de cessez-le-feu “conclu“ pour quinze jours entre l’Iran et les Etats-Unis. (…) La paix était très loin d’être gagnée, mais après avoir frôlé une sorte d’apocalypse, la trêve soudain proclamée avait le mérite du répit. Celui-ci fut de très courte durée hélas, car dans les heures qui ont suivi, toute l’incertitude et la perversité de ce conflit sont venues du Liban assailli comme jamais par les frappes israéliennes, à l’évidence privé de tout cessez-le-feu. (…) Mais quel champ de ruines !, fulmine le quotidien belge. Tout ça pour ça, se doit-on de conclure à ce stade de la guerre déclarée par Trump et Netanyahou à l’Iran et qui ne compte que des perdants. » Que des perdants ! En effet, aux Etats-Unis, comme en Iran, on crie victoire… Mais en fait, cette « guerre dévastatrice n’a fait que des perdants », constate également le Guardian à Londres. « Le cessez-le-feu annoncé par Trump n’entraînera certainement pas la fin de la guerre, aussi bienvenue soit cette pause, et ne durera peut-être même pas deux semaines. Trump a affirmé que l’Iran avait changé de régime. C’est faux. Au contraire, des personnalités encore plus intransigeantes sont désormais au pouvoir. Il a déclaré que le détroit d’Ormuz serait ouvert ; là aussi, faux… l’Iran a rétorqué que les navires pourraient y passer avec autorisation, et moyennant paiement. » En fait, relève encore le Guardian, « les seuls véritables gagnants sont les fabricants d’armes, la Russie – dont les caisses sont renflouées par les revenus pétroliers – et, sans doute, la Chine, du moins pour l’instant. La Chine qui apparaît comme une puissance plus stable et plus prévisible. » « Quel talent ! » « La tâche est loin d’être terminée », reconnait le Wall Street Journal. « Les négociations pourraient durer deux semaines, puis trois, puis des mois. L’Iran pourrait parier sur le fait que Trump ne reprendra pas les bombardements à l’approche des élections de mi-mandat. Et le reste du monde – et les républicains au Congrès – pourraient faire pression pour qu’il renonce à la guerre. (…) La triste réalité est que Trump s’est lui-même mis dans cette situation. » Finalement, conclut Le Temps à Genève, « la diplomatie par les bombes de Donald Trump n’a fait qu’aggraver la situation au Moyen-Orient. (…) L’Iran a résisté à la superpuissance américaine, tenu le monde assoiffé de pétrole en otage, et obtenu que les cargos utilisant désormais le détroit d’Ormuz collaborent avec son armée. Quel talent ! » Et pendant ce temps, soupire encore le quotidien suisse, « les prix du pétrole, erratiques, mettent sous pression les populations pauvres et les classes moyennes. La Chine et la Russie profitent de cette situation absurde. Le monde est devenu encore plus instable, y compris sur le plan de la menace nucléaire. »
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