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  • Scott & Zelda Fitzgerald / l'alliance littéraire toxique
    Feb 15 2026

    (Cet épisode est la version audio d’une vidéo disponible sur ma chaîne YouTube @SydVesper)


    On l’oublie souvent, mais Zelda Fitzgerald fut elle-même écrivaine. Et si l’on tient à parler de « folie », alors le mot n’est ici ni galvaudé, ni exagéré. Il suffit de jeter un œil à sa biographie pour comprendre. Zelda Sayre, épouse de F. Scott Fitzgerald, l’un des auteurs les plus célébrés du XXᵉ siècle, est trop longtemps restée dans son ombre. Et pourtant, leur histoire commune dépasse de loin le simple cliché du couple d’artistes maudits.Ils formaient un couple mythique et médiatisé, entre fêtes décadentes, mondanités new-yorkaises et exils européens, mais leur alliance fut avant tout un enchaînement d’abus, de rapports toxiques, d’aliénations mutuelles. Une relation passionnelle et destructrice, qui servit surtout à alimenter l’œuvre de Scott, tandis que Zelda s’effaçait dans la confusion, le silence, et la douleur.Diagnostiquée schizophrène, Zelda accumule les séjours en hôpital psychiatrique, les tentatives de suicide, les hallucinations. Celle que Scott surnommait « la première garçonne d’Amérique » était connue pour son comportement jugé instable, mais aussi pour son tempérament flamboyant, excentrique, et insaisissable. Ce qui aurait pu faire d’elle une figure artistique majeure du siècle s’est heurté à une forme d’auto-sabotage, nourrie par une frustration chronique : celle de n’être jamais considérée comme une artiste à part entière, mais comme la muse de son mari.Elle souffrait de ses élans créatifs, de ses désirs d’écriture, de danse, de peinture. Elle tentait, elle cherchait, elle écrivait. Mais elle le faisait sous l’œil constant et méprisant de son mari, qui contrôlait ses textes, lisait ses journaux intimes, l’humiliait parfois publiquement. Zelda, à sa manière, portait en elle le syndrome d’un échec programmé : celui d’une femme empêchée de se réaliser dans une époque qui ne voulait pas de femmes trop brillantes, trop libres, trop dérangeantes.Elle meurt en 1948 dans l’incendie de l’hôpital psychiatrique où elle est internée. Une mort tragique, que beaucoup ont lu comme un écho symbolique : Zelda, toute sa vie, avait été fascinée par le feu, par l’image de la salamandre, cet animal mythique capable de traverser les flammes sans se brûler.Depuis quelques années, un vent de réhabilitation souffle sur son nom. Certaines voix affirment désormais que c’est elle, Zelda, qui aurait dû devenir « la » Fitzgerald du panthéon littéraire. Que Scott lui aurait volé ses journaux, ses phrases, son univers. Que s’il ne l’avait pas brisée, étouffée, internée, elle serait devenue la grande autrice du siècle.Mais voilà. Ce discours, aussi séduisant soit-il, pose problème. Car il repose davantage sur une logique militante que sur la lecture réelle des textes. Scott Fitzgerald était peut-être une ordure. Zelda était peut-être plus brillante que lui dans la vie. Mais cela ne suffit pas à transformer une femme charismatique et abîmée en génie littéraire.Oui, Scott a pillé leur vie pour écrire. Oui, il l’a accusée de faire la même chose quand elle a publié Accordez-moi cette valse. Mais si l’on se penche honnêtement sur son livre, et qu’on le compare aux romans de Scott – même sans admiration particulière pour lui – on mesure la différence entre une voix encore brouillonne, instable, parfois bancale, et un écrivain qui, malgré ses défauts, a su modeler une œuvre cohérente, durable, structurée.La vérité est moins romantique. L’écriture de Zelda est touchante, étrange, pleine de fulgurances, mais elle reste celle d’une femme en lutte avec elle-même, et qui n’a pas su canaliser cette intensité intérieure dans un projet littéraire abouti. Ce n’est pas une insulte. C’est un constat, que n’efface ni la souffrance vécue, ni l’injustice subie.

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    3 m
  • 🍜🍥 RAMEN : un plat japonais qui déteste les adieux 🥲
    Feb 15 2026

    (Cet épisode est la version audio d’une vidéo disponible sur ma chaîne YouTube @SydVesper)


    Assis au comptoir d'un des meilleurs restaurants de ramen de Paris. J'ai écrit ce texte consacré à ce plat japonais qui est sans doute mon préféré. Le ramen est une recette japonaise à base de nouilles servies dans un bouillon. Le contenu décrit l’expérience de dégustation en restaurant japonais (ramen-ya / ramen bar), en particulier au comptoir, et aborde le ramen comme repas consommé en différentes saisons (hiver, printemps, automne, été). La vidéo évoque également la place du ramen dans la culture japonaise, le rapport à l’attente (faire la queue), et certaines références culturelles et littéraires liées au Japon.Sont détaillés plusieurs éléments typiques d’un ramen : bouillon, nouilles de ramen, nori (feuille d’algue séchée), oeuf mollet / ajitama (oeuf mariné ou oeuf servi mollet), menma (pousses de bambou), kikurage (champignons noirs), ainsi que les gestes de dégustation avec baguettes et cuillère. La vidéo mentionne aussi des accompagnements et boissons associés : gyoza, saké, highball.La chronique évoque l’aspect technique des nouilles de ramen, notamment le rôle du kansui (eau alcaline utilisée dans la fabrication des nouilles, influençant la texture et la couleur). Elle aborde également le contraste entre l’intérieur du restaurant (chaleur, vapeur, réconfort) et l’extérieur en hiver (froid, neige), ainsi que la notion de ramen comme “plat de réconfort” et repas rapide. La vidéo revient sur un comportement culturel souvent associé au ramen au Japon : l’aspiration/bruit de succion des nouilles (“slurp”), et son interprétation en termes de politesse et d’appréciation des arômes.Plusieurs lieux et contextes au Japon sont cités : Tokyo (quartiers d’Asakusa et Ginza), Hiroshima, Osaka, ainsi que Hokkaido. La vidéo mentionne aussi des éléments culturels japonais liés au bain : onsen (bains thermaux) et sento (bains publics). Elle évoque l’idée de purification par l’eau chaude, et l’expérience de bains publics au Japon.La chronique contient des références littéraires et esthétiques : Junichiro Tanizaki et son essai Éloge de l’ombre (réflexion sur les matériaux, reflets, laque/céramique), ainsi que Yukio Mishima et le roman Ongaku / La Musique, cité dans le cadre d’un passage lié à Tokyo/Asakusa. La vidéo associe enfin le ramen à des souvenirs de voyage au Japon et à des expériences personnelles (premiers ramens, restaurants à Paris/Opéra, ramen dégustés en voyage).

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    17 m
  • 10 histoires courtes pour reprendre goût à la lecture !
    Feb 15 2026

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    Plus le temps de lire ? Découvrez ces 10 histoires captivantes !Vous adorez lire, mais le quotidien vous empêche de vous plonger dans de longs romans ? Voici la solution idéale : les nouvelles ! Courtes, percutantes et profondément marquantes, ces petites histoires sont conçues pour vous offrir tout le plaisir de la lecture, sans la contrainte du temps.Vous découvrirez dans cette vidéo une sélection de 10 histoires courtes / nouvelles de genres très variés et faisant partie de recueils qui vous permettront de prolonger le plaisir en cas de coup de foudre avec la plume d'un auteur / autrice !00:00 Introduction01:27 « Grand Union » de Zadie Smith02:30 « Le Genre intégré » de William Gibson & John Shirley03:45 « Ken » de Yukio Mishima05:05 « Anacleto Morones » de Juan Rulfo06:17 « Dans les collines, les cités » de Clive Barker07:42 « Revers et dérivées à Tornado Alley » de David Foster Wallace08:43 « Le Marchand et la porte de l’alchimiste » de Ted Chiang09:45 « La Montre du doyen » d’Erckmann-Chatrian10:47 « Révélations du prince de feu » de Léo Henry11:44 « La Nuit catalane » de Paul MorandDans cette vidéo spécialement pensée pour vous, lecteurs pressés ou déçus, je vous propose une sélection exceptionnelle de dix nouvelles, triées sur le volet, issues de différents genres littéraires et de toutes nationalités. Du fantastique au réalisme magique, en passant par la science-fiction, l’horreur ou la satire sociale, chaque récit est une véritable pépite littéraire.Voici un aperçu alléchant de la sélection :📚 Science-fiction : • « Le Genre intégré » de William Gibson & John Shirley : Embarquez dans une errance nocturne fascinante, au cœur du mouvement cyberpunk, où la poésie rencontre la technologie. • « Le Marchand et la porte de l’alchimiste » de Ted Chiang : Une intrigue brillante, mêlant voyage temporel et conte philosophique, digne des Mille et Une Nuits.📚 Horreur & Dark Fantasy : • « Dans les collines, les cités » de Clive Barker : Découvrez l’une des histoires les plus folles de l’auteur de Hellraiser, où des villages entiers s’affrontent en formant des géants humains dans une fête terrifiante et hypnotique.📚 Fantastique classique : • « La Montre du doyen » d’Erckmann-Chatrian : Plongez dans une atmosphère sombre et hivernale au cœur de la Forêt-Noire, sur fond d’accusation criminelle et de mystère haletant.📚 Curiosités littéraires : • « Révélations du prince de feu » de Léo Henry : Entre thriller et récit de voyage, cette aventure brésilienne met en scène Corto Maltese et Blaise Cendrars dans une enquête troublante et immersive.📚 Un essai délirant sur le tennis : • « Revers et dérivées à Tornado Alley » de David Foster Wallace - 1989📚 Nouvelles du monde : • « Ken » de Yukio Mishima : Vivez l’intensité du kendo et les dilemmes moraux dans cette histoire imprégnée de l’esthétique délicate et passionnée du célèbre écrivain japonais. • « Anacleto Morones » de Juan Rulfo : Un huis clos brûlant et sombre au cœur du Mexique rural, où la nature humaine révèle ses aspects les plus crus.📚 Nouvelles littéraires : • « La Nuit catalane » de Paul Morand : Un récit amoureux tragique sur fond d’événements historiques tumultueux à Barcelone, par l’un des grands stylistes de la langue française. • « La Rivière paresseuse » de Zadie Smith : Une satire grinçante et hilarante des travers de la société de consommation, dans un décor de vacances aussi idyllique qu’artificiel.Ces nouvelles sont non seulement des chefs-d’œuvre d’écriture mais appartiennent toutes à des recueils remarquables, qui prolongeront le plaisir si vous tombez sous leur charme.

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    14 m
  • LOVECRAFT 1924 : l’amour avant CTHULHU
    Feb 15 2026

    (Cet épisode est la version audio d’une vidéo disponible sur ma chaîne YouTube @SydVesper)

    Lovecraft à New York en 1924 : mariage avec Sonia Greene, ses lettres, Weird Tales, Houdini. La biographie du créateur de Cthulhu qu'on ne raconte pas.Derrière le cliché du « reclus de Providence », une année charnière : enthousiasme urbain, sociabilité réelle, puis désillusion et bascule vers l’horreur cosmique et le Mythe de Cthulhu.Cet épisode propose une synthèse biographique et documentaire consacrée à H. P. Lovecraft (Howard Phillips Lovecraft) pendant sa période new-yorkaise, en se focalisant sur l’année 1924. Elle revient sur le contexte du départ de Providence, le mariage avec Sonia Greene, et les premiers mois à New York, lorsque l’écrivain découvre la ville, ses quartiers, son architecture, ses vestiges coloniaux, ses promenades nocturnes et ses cercles de sociabilité (amateur press, amis, réunions). L’objectif est de comprendre comment cette phase initialement positive et productive, souvent occultée par la légende noire, prépare une crise intime et matérielle qui renforcera ensuite ses thèmes majeurs : sentiment de déclassement, anxiété urbaine, peur du mélange, obsession des lignées, et, progressivement, élargissement vers l’indifférence cosmique.La relation Lovecraft – Sonia Greene est replacée dans sa chronologie : rencontre, projet conjugal, vie commune à Brooklyn, puis séparation de fait avec les difficultés économiques et professionnelles. Les enjeux très concrets sont détaillés : travail introuvable, instabilité financière, tensions de couple, départ de Sonia pour un emploi ailleurs, et changement d’adresse. L’épisode du second logement à Brooklyn (maison de chambres) est présenté comme un moment clé pour la perception de New York : fascination visuelle d’un côté, malaise social de l’autre, et transformation de la ville en matériau littéraire. La vidéo aborde également la question de l’image publique de Lovecraft, souvent réduite à un auteur isolé, alors que sa vie sociale passe en grande partie par une correspondance abondante, des échanges continus et des réseaux de lecteurs, d’amateurs et d’écrivains.Un volet important concerne la publication et l’économie des pulps, avec un historique du lien entre Lovecraft et Weird Tales. Sont évoqués la place de la revue dans la diffusion de ses nouvelles, le rôle des éditeurs, la sélection des textes, et les conditions de rémunération. La vidéo revient sur la commande liée à Harry Houdini et l’écriture de « Prisonnier des pharaons » (Under the Pyramids / Imprisoned with the Pharaohs), ainsi que sur la manière dont ces travaux alimentaires coexistent avec des textes plus ambitieux. Une mise en perspective compare ces paiements à d’autres publications ultérieures, notamment dans Astounding Stories, afin d’éclairer la précarité de l’auteur et la réalité matérielle derrière l’œuvre.La réception posthume est également abordée : comment Lovecraft devient un « classique » après 1937, la constitution d’un corpus en livre (Arkham House), la canonisation progressive du Mythe de Cthulhu, et l’écart entre la biographie réelle et les étiquettes tardives. La vidéo propose ainsi une lecture utile pour situer les grands textes (The Call of Cthulhu / L’Appel de Cthulhu, The Dunwich Horror / L’Horreur de Dunwich, At the Mountains of Madness / Les Montagnes hallucinées, The Shadow over Innsmouth / Le Cauchemar d’Innsmouth, The Shadow Out of Time / Dans l’abîme du temps) dans un itinéraire humain et historique, en lien avec New York, Providence, la Nouvelle-Angleterre et les années 1920.

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    25 m
  • les PIRES MÉCHANTS de la LITTÉRATURE
    Feb 15 2026

    (Cet épisode est la version audio d’une vidéo disponible sur ma chaîne YouTube @SydVesper)


    Cet épisode propose une sélection d’antagonistes marquants en littérature : méchants, figures de l’ombre, présences obsédantes, machines cruelles, lois incarnées et démiurges psychédéliques. Le fil conducteur : l’antagoniste comme moteur du récit, force d’action, vision du monde, principe actif du drame, souvent plus mémorable que le héros. L’objectif est d’identifier ce qui rend un “méchant” réussi : charisme, logique interne, pouvoir de nuisance, capacité à manipuler, à déformer le réel, ou à imposer une morale absolue jusqu’à l’inhumain.La vidéo aborde notamment Je n’ai pas de bouche et il faut que je crie (Harlan Ellison, 1967) et son superordinateur sadique, figure d’intelligence artificielle maléfique et de dystopie carcérale ; Occident (Simon Liberati, 2019) et un antagoniste humain, mondain et toxique, à la noirceur inattendue dans un roman de littérature blanche ; Méridien de sang / Blood Meridian (Cormac McCarthy, 1985) et la violence du Far West à travers une figure souvent citée parmi les plus terrifiantes de la littérature. Sont également évoqués La Compagnie noire / The Black Company (Glen Cook) et la Dame, incarnation du mal charismatique dans une fantasy sombre ; Neuromancien / Neuromancer (William Gibson, 1984) et Wintermute, IA manipulatrice au cœur du cyberpunk ; Le Dieu venu du Centaure / The Three Stigmata of Palmer Eldritch (Philip K. Dick, 1965) et la paranoïa métaphysique liée aux drogues, à l’emprise et à la réalité instable.La vidéo inclut aussi des classiques et variations psychologiques : Les Misérables (Victor Hugo, 1862) avec Javert, antagoniste de la loi absolue ; Nous avons toujours vécu au château (Shirley Jackson, 1962) avec Merricat, narratrice trouble et malaisante, exemple d’horreur psychologique et de narrateur non fiable. D’autres pistes sont abordées autour de la manipulation, de la violence, de la domination, et de l’érotisme comme instrument de pouvoir, afin de couvrir plusieurs types d’antagonistes : humain, institutionnel, surnaturel, technologique, ou mental.Cette vidéo s’intéresse aux méchants de littérature — aux antagonistes qui ne se contentent pas de contrarier un héros, mais imposent une logique, une esthétique, parfois un système entier. Des figures humaines (toxiques, manipulatrices, fanatiques) jusqu’aux entités qui dépassent l’humain, l’angle ici est simple : un récit tient souvent debout grâce à la force de son opposition. On y croise ainsi l’antagoniste comme moteur du drame, maître du tempo, architecte du piège, celui qui transforme l’intrigue en expérience physique : théâtre de la paranoïa, thriller psychologique, roman noir, horreur psychologique, ou encore dystopie où l’écrasement n’est plus une métaphore mais une mécanique. La vidéo met en perspective plusieurs types d’adversaires : la loi devenue absolu (et donc inhumaine), la séduction comme arme, la domination sociale, et surtout la variante la plus glaçante : l’IA maléfique, le superordinateur sadique, intelligence artificielle sans remords qui torture “par principe” et réduit l’existence à un protocole. Sans dérouler un catalogue, le parcours navigue entre science-fiction sombre, cyberpunk, fantasmes technologiques, et mythologies du mal plus anciennes, avec une attention particulière au charisme (quand il devient poison), à la manipulation (quand elle devient réalité), et à ce point de bascule où l’on ne “déteste” plus l’antagoniste : on le regarde agir, fasciné, parce qu’il révèle quelque chose de brutal sur le monde — et parfois sur le lecteur.

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    26 m
  • Apologie de Bonhomme (le deuil d'un chien)
    Feb 15 2026

    (Cet épisode est la version audio d’une vidéo disponible sur ma chaîne YouTube @SydVesper)


    Kenzo est mort. Cette vidéo est un texte-voix sur la mort d’un chien, la perte d’un animal de compagnie, et ce que ça fait à un humain quand le monde ne change pas alors que tout a changé. On y suit un “avant / après” brutal : un matin ordinaire, puis un message à demi lu (“Notre petit Kenzo nous a…”) qui suffit à tout comprendre. Le reste n’est plus qu’un effort maladroit pour retarder la vérité : ne pas ouvrir le SMS, laisser filer quelques minutes, chercher une marche arrière impossible.Ce récit aborde frontalement le chagrin, la tristesse, la culpabilité, la mémoire qui se dérobe (“l’a-t-on caressé la dernière fois ?”), et ce sentiment étrange de ne pas savoir comment réagir quand on apprend la mort de son chien au travail, dans un décor sans rapport. Il parle aussi de ce que beaucoup vivent et n’osent pas toujours dire : la douleur de perdre un compagnon, l’attachement à une bête considérée comme un membre de la famille, et le décalage avec ceux qui minimisent (“ce n’est qu’un chien”).Au fil du texte, Kenzo apparaît par fragments très concrets : le poids du petit corps fatigué qu’il faut parfois porter, la vieillesse, la cataracte, la surdité, l’errance mentale des derniers mois, la noblesse physique des chiens qui vieillissent, les rituels de la promenade (harnais, laisse, gilet de laine), les habitudes minuscules qui deviennent des reliques. La vidéo évoque aussi les promenades comme espace mental — marcher pour penser, écrire, laisser naître des idées — et ce que devient cette routine quand l’animal n’est plus là.Un détour inattendu relie ce deuil à la musique : un souvenir de concert de Converge et de la chanson All We Love We Leave Behind, dont le sens se révèle plus tard, après avoir appris qu’elle fut écrite à la suite de la mort d’un chien. La boucle se referme : ce qu’on aime finit par rester derrière, et c’est précisément ce que cette vidéo tente de regarder en face, sans emballement, sans morale, sans “leçon de vie” en kit.Vidéo conseillée à celles et ceux qui cherchent des mots sur : mort d’un chien, deuil animalier, perte d’un animal, chien mort, dire adieu à son chien, tristesse après euthanasie / fin de vie, chagrin animal de compagnie, comment faire son deuil — et à quiconque a déjà compris, un jour, que la peine peut tenir dans une photo anodine prise à 12h19.

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    21 m
  • Pourquoi les blockbusters deviennent chiants ? La Bigness cinématographique
    Feb 15 2026

    (Cet épisode est la version audio d’une vidéo disponible sur ma chaîne YouTube @SydVesper)

    Pourquoi les films deviennent-ils si gros et ennuyeux ? Jusqu’à quel point peut-on enfler sans imploser ?Dans cette vidéo, il est question d’un phénomène qui traverse les grandes productions : l’obsession de la surenchère. Chaque film, chaque franchise, semble condamné à faire “plus” — plus de budget, plus de héros, plus de plans, plus de décors, plus de “dernières fois”. Une fuite en avant permanente, qui ne laisse plus de place à l’épure, ni à la surprise.Ce constat est ici rapproché d’un concept théorisé par Rem Koolhaas au début des années 1990 : la Bigness, ou comment, au-delà d’un certain seuil de grandeur, un bâtiment cesse d’être un objet architectural pour devenir un pur dispositif logistique, impersonnel, détaché du tissu urbain, autonome et autophage. Appliqué au cinéma, ce concept permet de comprendre la logique interne des blockbusters contemporains : films hybrides, composites, produits par fragments et sans auteur véritable, destinés à être consommés dans un cycle de production continu.La Bigness cinématographique est décrite comme une esthétique du gigantisme, du trop-plein, de l’effondrement par excès. Elle s’incarne dans des univers étirés jusqu’au non-sens — le multivers Marvel, les spin-offs Star Wars, les reboots de franchises comme Alien ou Jurassic World, les cascades de Fast & Furious devenues parodiques.Le montage de ces films évoque celui d’un centre commercial international : des séquences tournées à des mois d’intervalle, des dialogues reconstitués en postproduction, des effets spéciaux pré-maquettés bien avant le script finalisé. Le résultat : un objet culturel saturé, fonctionnel, sans aspérités, parfois vidé de substance.Il est aussi question de la stratégie marketing de la “dernière fois”, désormais omniprésente : chaque film s’annonce comme un adieu, une conclusion, un moment unique à ne pas rater, tout en préparant déjà le retour suivant. Une logique circulaire, presque mythologique, qui mime la mort sans jamais l’assumer. À chaque fin correspond une relance, une reconfiguration, une régénération du produit.Le concept de Bigness est également rapproché des mathématiques et du modèle de croissance exponentielle : une architecture ou un récit qui croît selon une courbe incontrôlable, échappant à tout équilibre. Le cinéma grand public ressemblerait alors à un corps sans tête, un monstre algorithmique, reproduisant à l’infini ses propres clichés. L’image finale est celle d’un futur absurde mais plausible : celui où Leonardo DiCaprio affronte le requin des Dents de la mer dans un crossover Star Wars / X-Men / Titanic, perpétué par des IA bien après notre extinction.Une vidéo à la croisée du cinéma, de l’architecture, de la théorie critique et du cynisme culturel, destinée à tous ceux qui sentent confusément que quelque chose ne tourne plus rond dans la manière dont les images nous sont racontées.(Description vidéo générée par ChatGPT d’après mon texte d’origine)

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    14 m
  • Violette Leduc : La protégée scandaleuse de Simone de Beauvoir
    Feb 15 2026

    (Cet épisode est la version audio d’une vidéo disponible sur ma chaîne YouTube @SydVesper : https://youtu.be/zlgwV6s0k6s )


    Violette Leduc est sans doute l’une des voix les plus incandescentes, dérangeantes et oubliées de la littérature française du XXe siècle. Une écrivaine à la marge, trop intense, trop viscérale, trop vraie pour être facilement classée. Dans cette vidéo, on revient sur son œuvre, sa vie, ses obsessions, et la manière dont Simone de Beauvoir a tenté de la faire exister dans un monde littéraire qui n’était pas prêt à l’accueillir.Fille illégitime, marquée par le rejet, l’humiliation et la solitude, Violette Leduc transforme chaque blessure en matière littéraire. Elle écrit avec la chair, la honte, la faim, le sexe, le silence. Son œuvre ne cherche pas à séduire, mais à dire. À dire tout. À dire trop. "La Bâtarde", son œuvre phare, est un récit de filiation impossible, d’identité vacillante, de désir interdit. Un livre cru, sans fard, qui a bouleversé la littérature autobiographique. Mais avant cela, il y eut "Thérèse et Isabelle", roman jugé inavouable, censuré pendant des décennies, qui raconte une relation amoureuse et charnelle entre deux jeunes filles dans un pensionnat.Violette Leduc écrit contre la norme. Elle écrit contre la bienséance. Elle écrit pour survivre. L’amour maternel refusé, l’amour lesbien interdit, l’amour tout court, jamais réciproque : tout cela irrigue ses livres comme une fièvre. Elle confesse, elle s’expose, elle gêne. Et elle bouleverse. Simone de Beauvoir reconnaît aussitôt son talent, soutient sa publication, l’encourage, la protège. Mais même elle ne pourra empêcher l’étouffement progressif de cette voix trop inconfortable.Autrice queer avant l’heure, écrivaine autobiographique radicale, romancière du manque et de l’excès, Violette Leduc ne peut être réduite à un mouvement ou une école. Elle est un cri. Un cri que peu ont voulu entendre à sa sortie, mais qui résonne aujourd’hui avec une intensité troublante.Pourquoi Violette Leduc reste-t-elle encore méconnue ? Pourquoi son écriture, pourtant saluée par Beauvoir, reste-t-elle si peu lue aujourd’hui ? Est-ce parce qu’elle dit ce que d’autres se contentent d’évoquer ? Parce qu’elle refuse la pudeur littéraire ? Parce qu’elle force le lecteur à ressentir ce qu’il préférerait ignorer ?Si vous vous intéressez à la littérature féminine du XXe siècle, aux autrices oubliées, aux écrivaines de l’intime, à l’autofiction, aux récits charnels, aux figures marginales de la littérature, cette vidéo vous apportera un éclairage précieux sur une autrice rare, excessive, authentique.

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    3 m