Episodios

  • «Furcy, né libre»: quand Abd Al Malik filme l’Histoire pour parler d’aujourd’hui
    Jan 13 2026

    Artiste aux multiples casquettes - rappeur, écrivain, metteur en scène, réalisateur -, Abd Al Malik revient au cinéma avec la sortie de son deuxième long-métrage, Furcy, né libre, ce mercredi 14 janvier, dans lequel il exhume une affaire judiciaire méconnue de l’histoire coloniale française. À travers le combat obstiné d’un homme né libre mais réduit en esclavage, le film interroge la loi, la mémoire et notre rapport contemporain à la justice.

    À écouter aussi« Furcy, né libre » d'Abd Al Malik porte de le combat de la liberté et de l'injustice au cinéma

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    3 m
  • «Ressac», la tragédie migratoire dans laquelle Gabriel Gozlan-Hagendorf partage son traumatisme transgénérationnel
    Jan 12 2026

    Alors qu'il est lui-même porteur d'une histoire familiale marquée par l'exil - celle des juifs d'Europe et de la Shoah - qui l'a conduit à s'intéresser à la question des apatrides, le comédien, auteur et metteur en scène Gabriel Gozlan-Hagendorf raconte dans sa pièce Ressac la quête des migrants qui tentent de traverser la Manche depuis Calais, en France, pour rejoindre la Grande-Bretagne. Le spectacle est présenté dans le cadre de L’Envolée, un dispositif mis en place par le théâtre Nanterre-Amandiers pour soutenir la jeune création.

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    7 m
  • «Pianosong»: la chanson française au bout des doigts d'Alexandre Tharaud
    Jan 11 2026

    Il fait chanter le piano sous ses doigts : fort d'une carrière longue de plus de 25 ans, auteur d'une soixantaine d'albums, Alexandre Tharaud, l'un des plus grands ambassadeurs du piano en France, présente son nouveau disque à la Philharmonie de Paris, ce lundi 12 janvier 2026. Intitulé Pianosong, il s'apparente à une déclaration d'amour sans paroles à la chanson française, d'Édith Piaf à Michel Jonasz en passant par Serge Gainsbourg, Léo Ferré et Barbara, dans lequel musique classique et musique populaire dialoguent avec virtuosité.

    À écouter aussiLes variations d'Alexandre Tharaud

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    6 m
  • Ferdinandea entre mythe et réalité: Clément Cogitore rêve sa Méditerranée au Mucem
    Jan 8 2026

    On se croirait dans un récit de Jules Verne et pourtant c'est la réalité. Une île, surnommée Ferdinandea, est apparue au 19ᵉ siècle au large de la Sicile durant quelques mois avant d'être à nouveau immergée sous les flots de la Méditerranée. Clément Cogitore, artiste contemporain et cinéaste, est parti de ce fait et a construit une exposition entre documentaire et fiction. Ferdinandea, l'île éphémère, c'est au Mucem, le musée consacré aux cultures méditerranéennes à Marseille. Un beau livre aux éditions Atelier EXB accompagne l'exposition.

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    4 m
  • «Animus femina»: Éliane de Latour filme quatre femmes face au monde sauvage
    Jan 6 2026

    Anthropologue et cinéaste, Éliane de Latour a construit une œuvre marquée par de longs séjours en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Niger. Ses films et ses recherches s’attachent à des mondes souvent invisibilisés — en cherchant toujours à filmer depuis l’intérieur. Avec Animus femina, elle déplace ce regard vers le monde animal, tout en poursuivant la même interrogation centrale : comment se fabriquent nos relations de domination, et comment certain.e.s peuvent les déplacer.

    Pour aller plus loin : Animus Femina

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    4 m
  • Avec «Les petites filles modernes», Joël Pommerat met en scène la fin de l'enfance
    Jan 6 2026

    Après avoir adapté sa version de Cendrillon et du Petit Chaperon rouge, l'auteur et metteur en scène Joël Pommerat revient avec une nouvelle pièce, Les petites filles modernes, clin d'œil aux Petites filles modèles de la comtesse de Ségur.

    RFI : Votre pièce Les Petites filles modernes raconte l'histoire de deux jeunes filles qui nouent un pacte d'amitié si fort qu'il en devient, en quelque sorte, surnaturel. Qu'avez-vous voulu raconter ?

    Joël Pommerat : J'avais envie de me perdre un peu moi-même dans un certain nombre de questions. La question du pacte d'amour – amour au sens aussi, pourquoi pas, de l'amitié –, du serment du lien indestructible. Mais l'idée n'était pas d'avoir un projet de départ et de l'appliquer, c'était de vraiment faire une sorte de voyage avec des personnages d'enfants, ou d'adolescents en l'occurrence.

    Vous avez écrit et mis en scène plusieurs pièces qui étaient adaptées de contes dans lesquels vous partiez d'un univers imaginaire pour aller ensuite vers le réel. Là, c'est plutôt l'inverse. On part du réel pour aller vers l'imaginaire. Pourquoi et comment cela s'est fait ?

    Ce qui est certain avec ce spectacle, c'est que le surnaturel, j'avais envie de le représenter « en vrai », si on peut dire cela ainsi. Alors que dans certains autres spectacles qui partaient d'un conte très identifié comme Cendrillon, je crois que j'étais plutôt dans un travail de déconstruction de tout ce qui appartenait au surnaturel, voire au merveilleux. Je ramenais du trivial, je ramenais du réel. Là, il y avait cette idée de venir incarner le surnaturel, le rendre quasiment premier degré. Comment rendre compte de ce qui, normalement, dépasse le réel et comment le rendre visible ?

    D'ailleurs, on ne fait pas que le voir, on le ressent. Il y a le jeu des comédiennes, mais il y a aussi les vibrations, beaucoup de choses autour du jeu, pour nous faire ressentir ce surnaturel. Avec une volonté de nous y immerger.

    Il y a la volonté aussi de mettre le spectateur à contribution de cette incarnation, de cette représentation. Il y a une forme de co-réalisation. Cela utilise tout un tas de suggestions qui sont sensibles, qui sont de l'ordre du visuel et de l'auditif.

    Vous explorez beaucoup, dans vos spectacles précédents, l'enfance et l'imagination de l'enfance. Là, plutôt que cette idée générale, il s'agit plutôt de la période de la pré-adolescence. Qu'a-t-elle de particulièrement intéressant à vos yeux ?

    Nous avons, à peu près, entre douze et treize ans. C'est une période de rupture. C'est une période où, justement, il y a la question de l'enfance qui est posée comme la fin d'un chemin. Une mort, ou en tout cas la délivrance du poids que peut représenter l'idée d'être un enfant, d'être ligoté à l'intérieur de tout un tas d'injonctions. Finalement, d'un manque à vivre, d'un manque à exister par soi-même, presque un moment de combat pour aller récupérer, comme les personnages peuvent le dire, du pouvoir.

    Concernant le titre de la pièce, Les petites filles modernes, est-ce une référence aux Petites filles modèles de la comtesse de Ségur ?

    Je crois que, d'une façon assez lointaine, il y a une référence à cette autrice, la comtesse de Ségur, et à son univers, à sa façon à elle aussi de raconter cette période de la vie.

    La pièce Les petites filles modernes, de Joël Pommerat, se joue au théâtre des Amandiers, à Nanterre, jusqu'au 24 janvier 2026.

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    4 m
  • Béatrice Dalle à l'affiche du premier long métrage «Laurent dans le vent»
    Jan 4 2026

    Connue pour son franc-parler et révélée par le personnage explosif de Betty dans 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix, l'actrice iconique Béatrice Dalle est actuellement à l'affiche d'un premier long métrage. Elle tient un rôle secondaire dans le film Laurent dans le vent et vient d'achever une tournée avec le spectacle Come As You Are.

    RFI : Vous êtes à l'affiche du premier long métrage Laurent dans le vent pour lequel vous avez été contactée par un trio de jeunes réalisateurs : Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon. Qu'est-ce qui vous a plu ? Est-ce le personnage de Sophia, une mère célibataire exilée à la montagne avec son grand garçon ?

    Béatrice Dalle : Ce personnage, je n'en ai absolument rien à foutre. Ce qui m'a séduit ici, c'est leur vision. D'un seul coup, ils m'ont interpellé, je les ai trouvé intelligents, intéressants et je ne regrette pas de les avoir suivis.

    Vous avez tourné avec de grands réalisateurs « consacrés » tels Abel Ferrara, Claire Denis ou Jean-Jacques Beinex. Mais vous avez aussi souvent donné leur chance à de jeunes réalisateurs. Comment fait-on pour vous contacter ?

    C'est moi qui décide, c'est moi qui rencontre. Cette fois, je me dis qu'un jeune réalisateur ou une jeune réalisatrice, c'était mieux, parce qu'ils ont plus envie, qu'ils ont les crocs. Pour un jeune méconnu, c'est difficile de faire un film et d'avoir les financements. Quoique : en parlant d'Abel Ferrera, je suis restée très amie avec lui. Or aujourd'hui, Abel peine à monter ses films alors qu'il est le plus grand réalisateur au monde : c'est dingue ! C'est pour cela que j'étais si contente lorsque Jim Jarmusch a eu le Lion d'or à Venise.

    Jim Jarmusch pour qui vous avez tourné dans Night on Earth...

    Je me dis que c'est dingue. Des mecs aussi incroyables que lui galèrent pour produire leurs films alors que d'autres comme celui qui a fait les personnages bleus... James Cameron, Avatar... c'est différent. Ce n'est pas parce que ce n'est pas mon genre de cinéma que je vais critiquer ce qu'ils font, mais le fait qu'ils trouvent des milliards et des milliards pour tourner un film alors que des personnes talentueuses mais qui ne rapportent pas de millions galèrent, je trouve cela triste.

    On peut monter un film sur votre nom ?

    Je ne suis pas un cheval, tu ne montes pas sur moi. Crois-tu que Pasolini aurait pu faire Salo aujourd'hui ? Parce que c'est inspiré des 120 journées de Sodome, ce serait impossible. Et on se priverait aujourd'hui du plus grand film antifasciste qu'on n'ait jamais tourné : c'est triste parce que maintenant tout est censuré. Pour les scènes d'amour...

    On vous voit effectivement avec ce jeune Laurent qui a l'âge d'être votre fils.

    Oui, et dans toutes les interviews que j'ai faites, j'ai été interpellée à chaque fois parce qu'on n'avait jamais vu de scène d'amour ainsi. L'inverse en revanche, on l'a toujours vu : des mecs bien plus âgés que moi, qui ont 70 ans, se tapent des meufs de 20 ans et cela n'a jamais heurté personne.

    Par rapport au film Laurent dans le Vent et à votre personnage Sophia, qu'est-ce qui est de l'ordre de la composition ? Qu'est-ce qui est de vous ? Qu'apportez-vous de votre vécu ?

    Je joue telle que je suis dans la vie. Il n'y a jamais aucun calcul. Dans ma vie, il n'y a aucun calcul. Pour moi, calculer quelque chose, cela veut forcément dire mensonge.

    N'est-ce pas l'art du comédien, malgré tout ?

    Peut-être, mais c'est pas le mien. Dans la Grèce antique, acteur, cela se disait « hypocrite ». Je ne suis pas une actrice, je ne suis pas une « hypocrite ».

    Vous êtes encore en tournée avec Come As You Are.

    Honnêtement, j'ai fait beaucoup de choses depuis 40 ans, mais c'est le spectacle que j'ai le plus de plaisir à faire.

    Il s'agit d'un spectacle sur Kurt Cobain.

    C'est un hommage. Je lis le journal intime de Kurt Cobain en choisissant des textes entrecoupés de chansons. Comme elles sont toutes emblématiques, c'était difficile d'en chercher une plus que les autres. Si j'ai choisi ce titre, c'est parce que le morceau Come As You Are en fait évidemment partie, comme Smells LikeTeen Spirit. Mais ça a été compliqué, parce que tous les morceaux sont extraordinaires.

    Laurent dans le vent, un long métrage d'Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon, avec Baptiste Perusat, Béatrice Dalle, Thomas Daloz, Djanis Bouzyani, sorti le 31 décembre 2025 (durée: 1h52)

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    7 m
  • Jeanne Cherhal: la confiance de Benjamin Biolay «m'a redonné le goût d'écrire»
    Jan 1 2026

    Des Nuits de Fourvière, à Lyon, au festival Un piano sous les arbres, à Lunel, dans le sud-est de la France, en passant par les Francofolies de La Rochelle, la chanteuse, autrice et compositrice française a sillonné l'Hexagone en 2025 pour y défendre son dernier album, Jeanne, produit en toute indépendance. Une liberté qu’elle savoure. (Rediffusion du 21 août 2025)

    RFI : C'est presque une nouvelle Jeanne Cherhal que le public découvre sur scène. Vous aviez l'habitude d'un corps à corps avec votre piano. Là, vous allez encore plus loin. À quoi ressemble ce drôle de piano siamois que la scénographe Laura Léonard a conçu pour vous ?

    Jeanne Cherhal : Laura Léonard a imaginé un piano d'un seul tenant, avec deux claviers à ses extrémités. C'est comme si c'était un piano en miroir. Elle y a ajouté un petit escalier en me disant : « Tu pourras monter sur l'escalier de temps en temps, si tu le sens. » Je monte carrément sur le piano. Cela me donne une telle liberté. Le piano est vraiment devenu ma piste de danse.

    Dans les festivals, il y a beaucoup d'artistes, le public ne vient pas forcément pour vous. C'est un challenge supplémentaire ?

    Je crois que c'est ce que je préfère. J'aime toutes les configurations, mais c'est vrai qu'attraper des gens qui ne me connaissent pas, c'est un challenge que j'adore.

    Cinq ans séparent votre nouvel album du précédent, L'An 40. Le covid vous avait privé de tournée. Une période que vous avez mal vécue. Qu'est-ce qui vous a redonné l'envie de composer et d'écrire des chansons ?

    C'est Benjamin Biolay qui m'a secouée en me disant que c'était le moment pour moi de refaire un disque et qu'il en avait tellement envie qu'il allait l'arranger et le réaliser. Quand il m'a proposé cela, je n'avais rien écrit, je n'avais pas une seule chanson. Sa confiance m'a donné des ailes. Cela m'a redonné le goût d'écrire. Je lui dois cet album.

    Dans cet album, il y a une chanson, « Sous les toits », qui évoque les violences conjugales. Vous l'avez écrite en pensant au drame de Vilnius, à Marie Trintignant battue à mort par Bertrand Cantat.

    C'est en pensant à Marie Trintignant que j'ai écrit cette chanson le 1er août 2023, le jour anniversaire des 20 ans de sa mort. C'est une histoire qui m'a hantée. Je me suis rendu compte à quel point j'étais encore marquée et en colère. Cela ne passe pas. C'est une horreur qui est devenue un symbole, mais qui reste inacceptable, 20 ans après.

    Jeanne Jeanne Cherhal (Decibels production) 2025

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