Episodios

  • Les bouleversements du monde analysés par Pierre Haski
    Apr 5 2026

    C’est un globe-trotter qui, depuis un demi-siècle, raconte ou décrypte les soubresauts du monde, de Johannesbourg à Pékin en passant par Jérusalem… Il a été témoin du massacre des écoliers noirs de Soweto en 1976 sous l’apartheid. Il a assisté au retour de Yasser Arafat sur sa terre de Palestine en 1994 et observé l’incroyable essor de la Chine dans les années 2000… Et depuis huit ans, il tente d’analyser chaque matin sur France Inter la bascule du monde.

    Ce monde issu de la Seconde Guerre mondiale, dont la boussole était le droit international, qui est en train de disparaître, piétiné par des autocrates en mal d’empire ou à l’égo surdimensionné. Quelles leçons tirer du passé pour éviter le pire ? Serons-nous capables de construire demain un nouveau monde, meilleur et plus équitable ? Ces deux questions sont au cœur du dernier livre de Pierre Haski, La fin d'un monde : Comprendre notre époque.

    Invité :

    Pierre Haski, journaliste, chroniqueur Géopolitique à France Inter et au Nouvel Obs, président du conseil d'administration de Reporters sans frontières, auteur de La fin d'un monde : Comprendre notre époque aux éditions Stock.

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    48 m
  • Israël / Liban : la guerre jusqu’où ?
    Apr 4 2026

    Plus de 1300 morts, près de 4000 blessés, 1 million de déplacés : c’est le bilan d’un mois de guerre menée par Israël au Liban… L’escalade a commencé le 2 mars quand le Hezbollah a lancé une attaque sur l’État hébreu pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. La riposte israélienne a été massive : pluie de bombes sur les fiefs du mouvement chiite, assassinats ciblés jusqu’au cœur de Beyrouth, incursion terrestre de quatre divisions, envoi de centaines de drones qui quadrillent en permanence le ciel libanais…

    Israël a revendiqué hier 3500 frappes depuis le 2 mars sur le Liban. Alors jusqu’où l’État hébreu est-il prêt à aller pour désarmer le Hezbollah ? Veut-il vraiment réoccuper le Sud-Liban, 26 ans après en être parti, chassé par le mouvement chiite soutenu par l’Iran ? L’État hébreu peut-il répéter ce qu’il appelle « le modèle Gaza », c’est-à-dire raser les villages frontaliers pour empêcher le retour de centaines de milliers d’habitants de la région ? L’armée libanaise a-t-elle les moyens de contrer pareil scénario ? Quelle est la stratégie du Hezbollah, accusé par le gouvernement libanais d’avoir entrainé le pays dans la guerre ?

    Invités :

    • Anthony Samrani, co-rédacteur en chef du journal L’Orient-Le Jour, a publié en 2024 dans la collection Tract de Gallimard « Liban, la fin d’un pays, la fin d’un monde ? »
    • Denis Charbit, politiste et professeur de sciences politiques à l’université ouverte d’Israël, auteur de Yitzhak Rabin, la paix assassinée paru chez Lattes.
    • Karim Emile Bitar, enseignant à Sciences Po et professeur à l’université Saint-Joseph de Beyrouth.
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    49 m
  • Kurdes d'Iran : angle mort ou point de bascule ?
    Mar 29 2026

    À mesure que la confrontation régionale s'est durcie autour de l'Iran, une vieille périphérie revient brutalement au centre des discussions ; le Kurdistan iranien. Cette bande montagneuse de l'ouest du pays adossé à l'Irak et la Turquie où se mêlent depuis longtemps marginalisation, répression, politisation kurde et présence de partis armés.

    Et les groupes kurdes d'Iran sont face à un dilemme risqué : pris entre l'affaiblissement relatif du régime sous les frappes, les signaux contradictoires venus de Washington et le risque d'être activés comme levier sans qu'aucune fin politique claire ne leur soit garantie... peuvent-ils devenir un acteur de la guerre ? Ou bien sont-ils la surface de projection d'un imaginaire stratégique extérieur ?

    Avec

    - Adel Bakawan, directeur de l'Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord

    - Myriam Benraad, professeure à l'Université d'Exeter, autrice de Jihad la métamorphose d'une menace, au Cavalier Bleu.

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  • Les détroits : nouveaux centres de gravité de la guerre ?
    Mar 28 2026

    Des noms minuscules sur les cartes, mais des effets immenses sur la planète. Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez ou encore Malacca : ces détroits bien plus que de simples passages maritimes sont des points de compression du commerce mondial, de l'énergie et des stratégies militaires. Dans le contexte de la guerre iranienne, Ormuz apporte la démonstration spectaculaire que, dans le monde contemporain, contrôler un détroit c'est déjà peser sur l'ordre international...

    Avec

    - Guillaume Ancel, ancien officier, auteur de Petites leçons sur la guerre, comment défendre la paix sans avoir peur de se battre ?, aux éditions Autrement

    - Emmanuel Hache, adjoint scientifique à IFP Énergies nouvelles et directeur de recherche à l’IRIS. Dernier ouvrage : Géopolitique des matières premières, Éditions Eyrolles, 2025

    - Nicolas Mazzucchi, docteur en géographie économique, directeur de recherche au Centre d'études stratégiques de la marine.

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    48 m
  • Argentine : mémoire en danger ?
    Mar 22 2026

    Il y a cinquante ans, le 24 mars 1976, l’Argentine basculait dans la nuit. Un coup d’État militaire renversait la présidente Isabel Perón et installait une junte dirigée par le général Jorge Rafael Videla. Commençait alors ce que les militaires appelaient le « Processus de réorganisation nationale » : une dictature qui allait durer jusqu’en 1983 et faire près de 30 000 disparus, selon les organisations de défense des droits humains.

    Arrestations clandestines, torture systématique, exécutions, vols de bébés, disparitions forcées — un système de terreur pensé pour effacer toute trace.

    Au cœur de ce dispositif répressif, un lieu est devenu symbole : l’Escuela de Mecánica de la Armada, l’ESMA.

    Officiellement École de mécanique de la Marine, en plein Buenos Aires. Officieusement, l’un des plus grands centres clandestins de détention et de torture du pays. Environ 5 000 personnes y auraient transité. La plupart n’en sont jamais revenues.

    Aujourd’hui, l’ESMA est un site de mémoire. Un lieu de transmission, d’archives, de pédagogie. Mais cette mémoire est de nouveau contestée. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Javier Milei, les politiques publiques de mémoire sont fragilisées, les financements réduits, et certains discours relativisent, voire nient, l’ampleur des crimes de la dictature.

    Alors, que représente l’ESMA dans l’histoire argentine ?

    Comment un lieu de terreur devient-il un lieu de mémoire ?

    Pourquoi la bataille autour du passé est-elle redevenue si vive aujourd’hui ?

    Pour en parler, nous recevons deux grandes spécialistes de ces questions, les historiennes et chercheuses Marina Franco et Claudia Feld, qui publient « Crimes contre l'humanité à ESMA. Anatomie d'un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983) », Éd. Anamosa.

    Invitées :

    • Marina Franco, professeure à l'UNSAM et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'histoire du temps présent de l'École interdisciplinaire des Hautes études en Sciences sociales en Argentine
    • Claudia Feld, professeure à l'Université de Buenos-Aires et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'études sur la mémoire et directrice de la revue CLEPSIDRA.
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    48 m
  • Le discours civilisationnel de la Chine: projet de puissance et instrument de cohésion nationale?
    Mar 21 2026

    Pendant longtemps, la Chine a raconté au monde une histoire simple : celle d’un pays qui sortait de la pauvreté, qui s’ouvrait au commerce, et qui retrouvait peu à peu sa place dans la mondialisation. Mais aujourd’hui, le récit a changé. La Chine ne parle plus seulement de développement ou de puissance. Elle parle de civilisation sous l’impulsion de Xi Jinping.

    Pékin affirme que la Chine n’est pas simplement un État parmi d’autres, mais l’héritière d’une civilisation vieille de plusieurs millénaires, dotée de ses propres valeurs, de sa propre vision de l’ordre politique et de sa propre conception de l’harmonie sociale. Dans ce récit, la Chine aurait traversé les siècles sans rupture, et le pouvoir actuel serait le dépositaire d’une continuité historique et culturelle unique.

    Comment la longue durée de la civilisation chinoise s'articule-t-elle avec celle, plus courte, de la nation, et dont l'histoire repose aussi sur des silences?

    Que fait ce récit des épisodes les plus sensibles, comme le Massacre de la place Tiananmen ?

    Comment intégrer la figure de Mao Zedong, à la fois fondateur de la Chine populaire et responsable de catastrophes humaines majeures ?

    Et surtout, ce récit civilisationnel ne concerne pas seulement le passé.

    Il s’inscrit dans un affrontement idéologique contemporain : Pékin contestant de plus en plus ouvertement l’universalité des valeurs politiques défendues par l’Occident. Ce récit civilisationnel est-il un projet de puissance ?

    Un instrument de cohésion nationale ?

    Ou le début d’une bataille mondiale des modèles politiques ?

    Pour cette troisième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.

    Invités

    • Jean-François Huchet, professeur d’économie spécialiste de la Chine. Président de l’INALCO.
    • Alexandre Gandil, politiste. Postdoctorant du programme DECRIPT à l’Université Bordeaux Montaigne. « Kinmen, un archipel entre Taiwan et la Chine », éd. Karthala.
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  • La fiscalité est-elle devenue un champ de bataille central de la compétition internationale?
    Mar 15 2026

    Nous vivons dans une économie mondialisée où les capitaux circulent plus vite que les lois, où les entreprises peuvent choisir leur résidence fiscale presque comme on choisit un siège social sur une carte, et où les États, eux, restent ancrés dans des territoires, avec des budgets à équilibrer, des services publics à financer et des opinions publiques de plus en plus sensibles aux inégalités.

    La fiscalité est devenue l’un des champs de bataille centraux de la compétition internationale. Entre États qui baissent leurs impôts pour attirer les multinationales, territoires qui prospèrent en organisant l’optimisation fiscale, cabinets spécialisés dans l’ingénierie de l’évasion, et organisations internationales qui tentent d’imposer des règles communes, le système fiscal mondial ressemble de plus en plus à un jeu sans arbitre.

    Les États-Unis occupent une place singulière dans ce paysage. À la fois promoteurs de règles internationales via l’Organisation de coopération et de développement économiques, l'OCDE, et défenseurs assumés de leurs intérêts nationaux, ils utilisent aussi l’arme douanière comme instrument stratégique. Sous la présidence de Donald Trump, les hausses différenciées de droits de douane ont redessiné les rapports de force commerciaux, dans une logique mêlant allègement fiscal intérieur, réindustrialisation et sanctions ciblées.

    En Europe, la question est tout aussi brûlante : concurrence fiscale interne, poids des « paradis fiscaux » au sein même de l’Union, difficulté à taxer les géants du numérique comme Google, Apple ou Amazon, tensions entre souveraineté nationale et intégration communautaire.

    Alors, assistons-nous à un désordre fiscal mondial ? Ou à la recomposition d’un nouvel ordre où la fiscalité devient un instrument assumé de puissance ?

    Pour cette édition en partenariat avec la revue Questions internationales, « Le désordre fiscal international », nos invités :

    • Mireille Chiroleu-Assouline, professeur à l’École d’Économie de Paris et à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
    • Sébastien Laffite, enseignant chercheur à CY Cergy-Paris Université et chercheur associé à l’Observatoire européen de la Fiscalité
    • Serge Sur, membre de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut. Professeur émérite de l’U Panthéon-Assas, rédacteur en chef de Questions Internationales.
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    48 m
  • Face aux guerres, quelles voie/voix pour l'Europe?
    Mar 14 2026

    Deux semaines, qu’a démarré l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. Pour l’Union européenne qui, depuis la pandémie de 2020, fonctionne sur le mode de la permacrise -la crise permanente- la guerre en Iran apporte une nouvelle salve de risques sécuritaires, énergétiques et économiques. Ce conflit oblige l’UE à accélérer sa réflexion sur sa place dans le monde et ses méthodes.

    Une réflexion déjà engagée avec la guerre en Ukraine et le retour d’un Donald Trump hyper-agressif à la Maison Blanche. Des voix s’élèvent pour demander une Union européenne plus en phase avec les changements rapides qui se produisent. Une Union plus affirmée à même d’incorporer les questions de sécurité dans l’ensemble de ses moyens stratégiques et de ses politiques. Quelle voie pour l’Europe dans la guerre au Moyen-Orient ?

    Invités :

    • Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors et professeur émérite au CNAM. Fractures dans l’Occident, chez Odile Jacob
    • Guillaume Duval, ancien speechwriter de Josep Borrell, ex vice-président de la Commission européenne.
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    48 m