Nos gueules de biais ! Podcast Por  arte de portada

Nos gueules de biais !

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Je rentre d’un moment de retrouvailles-bonheur avec notre fille au Mexique ! La chance de pouvoir la rejoindre à 8000 k ms, la joie de la savoir heureuse, le souffle du dépaysement ! De l’autre côté de l’Océan, on retrouve le ciel constellé des mêmes étoiles que celles qu’on contemple au-dessus de nos têtes, la Grande Ourse, le Dragon, Cassiopée, la lune jaune dorée comme un hamac sur la voûte céleste. Un même ciel pour nous tous, petits humains de cette planète. En revanche, la terre et ce qui y pousse, les visages et la manière de se relier, la langue, le climat et ses saisons, l’histoire et la culture, tout est différent, tout est autre ! Et comme il est bon d’aller à la découverte et à la rencontre de l’inconnu, de l’étranger, de l’inhabituel ! C’est bon d’être témoin de ce qui nous échappe, de rejoindre un autre monde aux racines toute autres, de laisser notre regard se poser avec amour sur des êtres qu’on n connait pas, sur des lieux où on ne fait que passer, sur une culture dont on a tout à apprendre, sur des valeurs qu’on ne pratique pas. Au Mexique, la pauvreté et la joie sont mêlées, elles sont omni présentes tout autant l’une que l’autre. On est atteints par la misère, et dans le même temps on est éclaboussés en continu par les sourires. On est choqués de l’usure terrible des bâtiments et dans le même temps on est énergisés par leurs couleurs pepsis. On peut manger les meilleures tortillas du monde dans un cabanon misérable de bord de route, chouchoutés par une cuisinière qui trottine pieds nus de son fourneau à notre table en riant aux éclats de nous recevoir. Les monuments à Mexico sont de traviole, de biais, déséquilibrés du sol aux façades par les tremblements de terre successifs, et ils sont encore là, miracles en diagonale ! De la jungle verdoyante à la côte Caraïbe bleu menthe, des ruines Mayas à l’art contemporain, on est sans cesse saisis par les contrastes ! C’est pour moi une belle analogie de l’art thérapie. Par le voyage qu’est toute créativité, on visite des espaces en soi qu’on connait mal ou dont on a peur. On se fait le témoin des contrastes qui nous habitent, de ce qui nous semble à première vue inconciliables : la fragilité d’où peut naître la joie, les zones abîmées qui rayonnent, les recoins crasseux pas bien enthousiasmants d’où peut jaillir de la saveur, du goût à la vie ! Ce qui va de traviole en nous, dans des sens anarchiques, traumatisés, mais qui reste debout, vivant, puissant ! Il est bon le voyage vers l’inconnu de soi ! Pas pour se contempler le nombril avec satisfaction mais pour constater que les misères et les failles, les cassures et les déséquilibres, ont leur rayonnement particulier, si beau ! On a tous la gueule de biais, on a tous une tronche, un pif cassé, un os en moins, une jambe trop courte, un muscle froissé. C’est là que rayonne notre être, unique en son genre, inclassable ! Aimons ces gueules, elles sont vivantes !!
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