Farid Vahid est co-directeur de l’Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la fondation Jean Jaurès, spécialiste de l'Iran. Il explique que si les négociations ont eu lieu, c'est que la guerre ne peut pas durer, ni pour l'Iran, ni pour les Etats-Unis.
Farid Vahid commence par analyser la dernière décision de Donald Trump, à savoir le blocus américain sur les pétroliers et les bateaux iraniens. Il explique que cette mesure, bien que rationnelle d'un point de vue géopolitique et économique, a des conséquences désastreuses pour l'Iran, dont la situation économique est au bord du gouffre avec une inflation dépassant les 50%. Cependant, il souligne que les États-Unis ne peuvent pas non plus se permettre de prolonger cette guerre trop longtemps, notamment en raison des prochaines élections de mi-mandat.
L'invité met en lumière le paradoxe de la situation, où les Iraniens ont eux-mêmes donné l'idée du blocus en bloquant le détroit d'Ormuz, démontrant ainsi leur capacité à perturber l'économie mondiale. Farid Vahid explique que cette guerre est une véritable guerre de résilience, où chaque camp tente de faire craquer l'autre en premier. Il souligne que le régime iranien, composé d'anciens commandants de la guerre Iran-Irak, est prêt à sacrifier des vies civiles pour rester au pouvoir, contrairement aux États-Unis qui doivent tenir compte de l'opinion publique.
L'invité aborde ensuite la question des négociations entre l'Iran et les États-Unis. Il estime qu'un accord sur le nucléaire est envisageable, avec un renoncement provisoire à l'enrichissement de l'uranium. Cependant, il souligne que les sujets épineux comme les missiles balistiques et le soutien aux milices pro-iraniennes dans la région seront beaucoup plus difficiles à résoudre.
Farid Vahid souligne également que le régime iranien actuel, qu'il qualifie de "militaro-oligarchique", n'a plus grand-chose à voir avec le régime des mollahs. Il met l'accent sur le rôle prépondérant des Gardiens de la Révolution et des oligarques, plutôt que sur celui du clergé.
Enfin, l'invité aborde la situation de la population iranienne, qui espérait une intervention militaire étrangère après les massacres de manifestants en janvier 2020, mais qui se sent aujourd'hui désemparée et déprimée face à l'impasse dans laquelle se trouve le pays. Il estime que sans une lutte armée intérieure ou un effondrement du régime sous les coups de boutoir israélo-américains, il sera difficile pour les Iraniens de prendre leur destin en main et de faire tomber ce régime sanguinaire.
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