Episodios

  • E.23 : L’Olympia et Nougaro, Barbara , Reggiani.
    Dec 26 2025

    Épisode 23 – L’Olympia et Nougaro, Barbara, Reggiani

    À l’Olympia, Bruno Coquatrix a toujours eu ce flair particulier. Celui qui lui faisait reconnaître les artistes quand ils n’étaient pas encore des évidences.
    Et s’il est un chanteur qu’il a soutenu contre vents et marées, c’est bien le Toulousain Claude Nougaro.

    Lorsque Nougaro monte pour la première fois sur la scène de l’Olympia, en novembre 1963, il arrive avec des béquilles. Il sort tout juste d’un grave accident de voiture. Le corps est encore meurtri, mais la voix, elle, est intacte. Et l’énergie aussi.

    Très vite, Nougaro impose ce qui fait sa singularité : une chanson française nourrie de jazz, de swing, de rythmes venus d’ailleurs, portée par une diction percussive, presque physique.
    Pour lui, l’Olympia n’est pas simplement une salle de concert. C’est un lieu de passage, un endroit où l’on se met à nu, où l’on se réinvente, où l’on mesure la force du lien avec le public parisien.

    Il y reviendra plusieurs fois, jusqu’à l’ultime rendez-vous, en 2000. Malgré la maladie, il est là, étonnamment en forme, habité jusqu’au bout.
    Chapeau l’artiste.

    À l’Olympia, une autre voix va marquer les esprits de manière durable. Une voix grave, intérieure, habitée : celle de Barbara.

    Son parcours est atypique, fait de détours, de silences et de chansons devenues mythiques. On la découvre sur cette scène en septembre 1965, en première partie de Georges Brassens. Elle n’est pas encore une vedette, mais dès ces premières apparitions, quelque chose se passe.

    Sa présence, son intensité, la singularité de son répertoire frappent immédiatement. En quelques soirs, Barbara quitte le monde du cabaret pour entrer dans celui du grand public.

    Assise à son grand piano noir, elle chante et enchante. Chaque soir, les applaudissements font vibrer les murs de l’Olympia.
    Barbara n’occupe pas la scène, elle l’habite. Elle la transforme en théâtre intime, en lieu de confession, et le prestige de l’Olympia donne à ses chansons une dimension de tragédie en musique.

    Bruno Coquatrix dira d’elle cette phrase restée célèbre :
    « Elle a inventé sa place à l’Olympia. Elle ne remplissait pas la salle, elle la possédait. »

    Et c’est aussi grâce à Barbara que l’Olympia accueille un autre artiste singulier : un comédien qui se met à chanter… Serge Reggiani.

    Avant la chanson, Reggiani est déjà un grand homme de théâtre, un acteur de cinéma reconnu. Lorsqu’il se présente pour la première fois à l’Olympia, l’épreuve est rude. Il débute à peine dans le chant, et la salle lui semble immense.

    Il racontera plus tard que ce premier Olympia l’a profondément intimidé. Presque trop grand, trop impressionnant pour un « chanteur débutant ».

    Mais Reggiani persévère. Et il revient.
    En 1972, cette fois en vedette. Le public est là, fidèle. Reggiani s’impose par ses interprétations graves, tendues, habitées, donnant une force nouvelle à des chansons comme Le petit garçon, Sarah, Ma liberté, Les loups sont entrés dans Paris

    À l’Olympia, ces artistes-là n’ont pas seulement chanté.
    Ils ont laissé une empreinte. Une voix. Une mémoire.

    Et les fantômes de la salle, eux, s’en souviennent encore…En savoir plus sur les activités d' A tout bout de chant: https://www.atoutboutdechant.com


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  • E.22 — Comment Hugues Aufray, Serge Lama et Michel Sardou ont permis à l’Olympia de survivre à son créateur ?
    Nov 30 2025

    Après la disparition de Bruno Coquatrix, une page se tourne. Mais Jean-Michel Boris, Paulette Coquatrix et leur fille Patricia vont préserver l’héritage de Bruno. Ils gardent le cap dans la programmation, veillent à la mémoire du lieu, et maintiennent vivante cette exigence artistique qui faisait l’âme de l’Olympia.

    Heureusement, les chanteurs continuent de façonner l’Olympia.
    Hugues Aufray, d’abord. Il monte souvent sur cette scène où il connaît certains de ses plus grands triomphes. C’est là qu’il va a faire découvrir Dylan au public français.

    Puis vient Serge Lama. Après son grave accident de voiture, c’est à l’Olympia qu’il se réconcilie avec la vie, avec la scène, avec la douleur… et qu’il trouve finalement la gloire. Il y revient souvent, par fidélité aussi, à Bruno Coquatrix, so père spirituel.

    Et puis Michel Sardou. C’est ici, sous les néons rouges, qu’il finit par s’imposer. Pas en héritier, mais en conquérant. En 1995, c’est l’apothéose : du 11 au 30 avril, puis prolongation jusqu’au 10 juin… plus de 100 concerts ! Un record d’endurance pour un artiste masculin.

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  • E 21: Comment L'Olympia va-t-il survivre après la disparition de Bruno Coquatrix?
    Nov 18 2025

    Le thème : Le 1er avril 1979… Mauvais poisson d’avril. Bruno Coquatrix meurt d’une crise cardiaque. Il avait 69 ans.

    Le monde du spectacle est bouleversé. Ce soir-là, Johnny est là. En larmes. Alain Delon aussi. Comme des enfants orphelins.

    Alors comment l’Olympia, cette salle mythique alors criblée de dettes, va t’elle survivre après la mort de son leader ? Tout le monde doute…

    Réservé à tous ceux qui aiment la chanson française, la grande scène et les récits qui font vibrer.

    Bonne écoute ! 🎧

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  • E20: Monsieur Ivo Livi, alias Yves Montand, et l’Olympia.
    Nov 11 2025

    ELes relations entre Montand et Bruno Coquatrix sont empreintes d’une certaine distance.

    Montand, pointilleux, exigeant, à la fois sur l’artistique et sur la technique, n’est pas homme à céder aux compromis commerciaux. Pour lui, une seule chose compte : l’artiste, le travail, le professionnalisme.

    Lorsque l’Olympia renaît, Montand y est. Il fait partie des premiers grands noms à s’y produire. Et dès son premier passage en 1954, on voit se dessiner ce qui deviendra sa marque de fabrique : un spectacle construit, pensé, où chaque chanson est une scène.

    Car Montand, ce n’est pas seulement une voix. C’est un acteur qui chante. Chaque chanson devient une petite pièce de théâtre. Gestuelle précise. Diction impeccable. Présence magnétique.

    Il revient plus tard dans un contexte très particulier, celui de l’après-Mai 68. On connaît ses engagements, son positionnement à gauche, ses idées progressistes. Pourtant, Montand ne fait jamais de discours sur scène. Il laisse parler les chansons. Il fait confiance à la force des mots, à l’élégance de l’interprétation.

    Puis vient octobre 1981. Montand revient pour un véritable come-back. Et c’est un événement. On vient de toute la France, mais aussi de Tokyo, de New York. L’Olympia affiche complet des mois à l’avance. Rien n’est laissé au hasard : le spectacle est réglé comme une horloge.

    Le 7 octobre 1981, c’est la grande première. Le Tout-Paris est là. La salle est pleine, deux mille spectateurs, suspendus à ce qui va se passer.

    Montand entre en scène.

    Et tout se joue dans le détail : la finesse du geste, la nuance du regard, l’élégance de la voix.

    Plus qu’un chanteur, Montand est un comédien qui chante. Il ne séduit pas seulement un public, il construit une relation, une complicité, un lien qui traverse les générations.

    Le triomphe est total. Un show digne des plus grandes scènes américaines. À la fin, des femmes s’avancent vers lui, les bras chargés de bouquets. La scène en est presque irréelle.

    Le succès est tel qu’il revient l’année suivante, du 20 juillet au 14 août 1982, pour un « Olympia d’été » exceptionnel.

    Montand, l’homme de scène jusqu’au bout. Celui qui ne triche pas. Celui pour qui le spectacle est une affaire de vérité.

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  • E19 : Jacques Brel, de ses débuts discrets en 1954 à ses adieux bouleversants de 1966.
    Oct 23 2025

    Les Petits Fantômes de l’Olympia – Émission N°19

    Au programme : un certain Jacques Brel.

    Sa toute première apparition à l’Olympia remonte à 1954. Jacques Brel n’est alors qu’un jeune chanteur encore inconnu du grand public. Il passe en « supplément de programme », comme on disait à l’époque. Son style, un peu raide — un pied sur un tabouret, la guitare sur le genou, plus immobile encore que Brassens — ne séduit pas vraiment Bruno Coquatrix. Autant dire que cette première prestation passe plutôt inaperçue.

    Mais Bruno a du flair. Il sent qu’il y a là quelque chose, une sincérité brute, une intensité à fleur de peau. Alors, il le reprogramme en 1958, cette fois en première partie. Et là, tout change. Les textes frappent fort, l’interprétation bouleverse : la salle découvre un artiste habité, incandescent. Brel commence à affirmer ce qui fera sa marque de fabrique : un univers à la fois poétique, violent, tendre et désespérément humain.

    Entre lui et Bruno Coquatrix, une relation de confiance s’installe. Brel reviendra régulièrement à l’Olympia, où il connaîtra certains de ses plus grands triomphes.

    En 1964, il envoûte les 2 000 spectateurs dès le premier soir, offrant notamment, pour la toute première fois, « Amsterdam ». Le public est saisi, conquis, bouleversé.

    Et puis, soudain, au sommet de la gloire, il décide de tout arrêter. Non par lassitude, mais par refus de s’user. Il ne voulait pas devenir « un vieux chanteur ». Brel rêvait d’ailleurs, de cinéma, d’aventure, d’horizons lointains.

    Ses adieux à la chanson ont lieu à l’Olympia, du 6 octobre au 1er novembre 1966. Le soir de la dernière, les coulisses pleurent : Bruno, les musiciens, les techniciens… tous savent qu’ils assistent à un moment unique. La soirée est bouleversante, du début à la fin.

    L’image de Jacques Brel, en peignoir, descendant une dernière fois saluer son public, restera à jamais gravée dans la mémoire de l’Olympia — celle d’une soirée d’émotion pure, devenue légende.

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  • E.18 Enrico Macias foule pour la première fois la scène mythique de l’Olympia en 1964.
    Oct 8 2025

    Enrico Macias foule pour la première fois la scène mythique de l’Olympia en 1964.
    Il est alors la vedette américaine des Compagnons de la Chanson.
    Ce passage marquera un véritable tournant dans sa carrière.

    Enrico, c’est l’exilé resté fidèle à ses racines. Il incarne à lui seul une part de l’histoire des pieds-noirs en France.
    Chanteur de paix et d’amour entre les peuples, défenseur du respect et de la fraternité, il rayonne d’une profonde générosité.

    Il reviendra souvent ici. À chaque passage, il laisse derrière lui une trace lumineuse, indélébile, dans le cœur de son public.
    Avec lui, le public ne se contente pas d’écouter : il chante, il danse, il vibre.
    Sur cette scène, l’artiste populaire retrouve ses racines, et autour de lui, la diaspora algérienne vit une véritable communion, presque religieuse.

    Son passage en 1982, c’est l’apothéose.
    Accompagné par l’orchestre oriental de son père, Enrico rend hommage à Cheikh Raymond, le maître de la musique arabo-andalouse.
    Un moment suspendu… d’une intensité rare.

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  • E.17 Premier passage de Claude François et de Michèle Torr
    Sep 25 2025

    Michelle Torr se produit pour la première fois à l’Olympia en 1964 en première partie de Claude François.

    Les premières parties, c’est souvent là que les artistes prennent leur envol.

    En 1980, elle revient en vedette, pour un mois entier de concerts à guichets fermés !

    Un mois de triomphe ! Chaque soir, elle illumine cette salle mythique.

    Et bien sûr, elle y chante son incontournable « Emmène-moi danser ce soir ».

    Quant à Claude François et l’Olympia, c’est une histoire... mouvementée.

    Dans les années 60, il commence à percer avec « Belles ! Belles ! Belles ! »

    Ce titre le propulse idole des jeunes. Il rêve alors de chanter à l’Olympia, ce temple de la chanson française.

    Mais Bruno Coquatrix refuse de l’y programmer. Il le considère comme un chanteur "yéyé", trop commercial, pas assez "noble" pour la salle.

    Il faut dire que Bruno privilégie des artistes comme Brel, Aznavour, Ferré, Brassens ou Bécaud… Un autre registre.

    Mais Claude prendra sa vraie revanche en avril 1964…

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  • E.16 Les petits fantômes de l'Olympia : ces chanteuses qui ont façonné l'Olympia Dalida, Nana Mouskouri ...
    Sep 19 2025

    Épisode 16 – Les petits fantômes de l’Olympia

    Ces chanteuses qui ont façonné l’Olympia : Dalida & Nana Mouskouri

    Dans cet épisode, deux icônes féminines prennent vie sous la voûte de l’Olympia.

    Dalida
    Elle fait sa première apparition en 1956, encore presque inconnue. Au fil des ans, elle passe du statut d’idole populaire à celui de diva tragique et élégante. Entre elle et l’Olympia, c’est une véritable histoire d’amour artistique, intense et durable : elle s’y produira au moins une douzaine de fois, souvent à guichets fermés. Son récital de 1967 reste un moment marquant, mêlant variété, musiques du monde et chansons à texte.

    Nana Mouskouri
    Sobre et élégante, ses lunettes sont devenues légendaires, tout comme sa voix cristalline. Son répertoire, entre chanson française, folklore grec, musiques du monde, jazz et classique, incarne la rencontre des cultures. L’Olympia était sa maison de cœur : elle y revenait toujours, fidèle et discrète, véritable ambassadrice de l’âme.


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