Ce jeudi 26 mars 2026, c'est les 10 ans de la mort de Jim Harrison. On en parle avec Brice Matthieussent, traducteur français attitré de la quasi-totalité de l'oeuvre de l'écrivain américain. Il est aussi le traducteur et le préfacier de l'ouvrage "Jim Harrison : Métamorphoses : Romans, novellas" (Gallimard / Quarto), sorti en 2025. Romancier au large succès depuis Légendes d’automne (1979), Harrison opère avec Dalva (1988) un virage à 180 degrés et, à travers la voix d’une narratrice audacieuse et indépendante, il trouve la sienne. Le personnage devient un double de l’auteur, une incarnation de l’écrivain métamorphosé en femme. « Ma capacité à écrire en tant que femme, confesse-t-il, m’a sauvé de la mort par excès de drogues et d’alcool, car dans notre culture la virilité peut vous acculer dans un recoin où la seule chose qui reste à faire consiste à bouffer des animaux tués sur la route et à mordre la lune. » Question de survie, donc. Cette idée de métamorphose – de réincarnation – possible, rêvée, désirée, assumée n’est pas sans lien avec la culture amérindienne dont il se sent proche. Sa jumelle fantomatique – sa part féminine, secrète, dont tout un chacun dispose, étouffée dès la naissance par le poids des conventions – et sa sœur Judith tragiquement disparue se réinventent en Dalva, qui porte en elle la force, la puissance, la rage et la liberté de ces deux présences invisibles. D’autres personnages suivront, comme celui de Claire (La Femme aux lucioles), offrant une variation sur le thème de la femme puissante et autonome, conquérant sa liberté au prix fort. Ces « voix de femmes » qu’on découvre à travers le choix de textes ici retenus (connus ou inédits) constituent un point de bascule majeur dans l’œuvre si abondante de Jim Harrison, mais aussi un exploit : l’écrivain renonce aux postures et aux clichés de la virilité pour retrouver et accueillir en lui une féminité dérobée, inventer une écriture qu’il qualifie lui-même d’« androgyne ». En s’ouvrant à une dimension inédite, son écriture elle-même se transforme, adoptant une fluidité nouvelle, une pratique de l’association libre résumée par deux formules lapidaires chères à l’auteur : « Dieu est une femme » et « Écris sans effort ». La narration harrisonienne figure désormais une expérience intérieure, le cheminement tantôt douloureux, tantôt comique, voire burlesque, de personnages instables, en devenir, en métamorphose. Merci pour votre écoute Entrez sans Frapper c'est également en direct tous les jours de la semaine de 16h à 17h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez l'ensemble des épisodes et les émission en version intégrale (avec la musique donc) de Entrez sans Frapper sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/8521 Abonnez-vous également à la partie "Bagarre dans la discothèque" en suivant ce lien: https://audmns.com/HSfAmLDEt si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Vous pourriez également apprécier ces autres podcasts issus de notre large catalogue: Le voyage du Stradivarius Feuermann : https://audmns.com/rxPHqEENoir Jaune Rouge - Belgian Crime Story : https://feeds.audiomeans.fr/feed/6e3f3e0e-6d9e-4da7-99d5-f8c0833912c5.xmlLes Petits Papiers : https://audmns.com/tHQpfAm Des rencontres inspirantes avec des artistes de tous horizons. Galaxie BD: https://audmns.com/nyJXESu Notre podcast hebdomadaire autour du 9ème art.Nom: Van Hamme, Profession: Scénariste : https://audmns.com/ZAoAJZF Notre série à propos du créateur de XII et Thorgal. Franquin par Franquin : https://audmns.com/NjMxxMg Ecoutez la voix du créateur de Gaston (et de tant d'autres...) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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