Amen, Brother – The Winstons Il y a des chansons qui deviennent célèbres. Et puis il y a celles qui deviennent invisibles, tout en étant partout. “Amen, Brother”, enregistré en 1969 par The Winstons, est à l’origine d’un des fragments sonores les plus utilisés de l’histoire de la musique moderne. Quelques secondes de batterie, glissées presque par hasard dans un morceau de soul instrumental, ont fini par voyager bien au-delà de leur contexte d’origine. On les retrouve, transformées, découpées, réinterprétées, dans des centaines de morceaux, du hip-hop à l’électro, de la jungle à la pop. Dans cet épisode d’Empreinte Sonore, on remonte à la source. À un groupe aujourd’hui presque oublié. À une session d’enregistrement qui n’avait rien d’exceptionnel. À un morceau qui n’était pas destiné à devenir un pilier de la culture musicale mondiale. On parle de ce que signifie être à l’origine de quelque chose sans le savoir. De la manière dont un geste musical, un break, un moment suspendu, peut être arraché à son époque et réutilisé par des générations d’artistes qui n’ont parfois jamais entendu la chanson entière. On évoque aussi les questions de reconnaissance, de mémoire, de droits, et ce que cette histoire raconte de notre rapport à la création à l’ère du sampling. Mais surtout, on s’attarde sur l’empreinte laissée par “Amen, Brother”. Comment un fragment devient une langue commune. Comment un rythme traverse les styles, les décennies, les continents. Et comment une chanson discrète peut façonner, en silence, une partie de la musique que l’on écoute encore aujourd’hui. Ici, pas de nostalgie fabriquée, pas de démonstration technique. Juste une voix, une histoire, et la trace d’un morceau que l’on a tous déjà entendu… sans toujours savoir d’où il venait.
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