Avec «Les petites filles modernes», Joël Pommerat met en scène la fin de l'enfance
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Après avoir adapté sa version de Cendrillon et du Petit Chaperon rouge, l'auteur et metteur en scène Joël Pommerat revient avec une nouvelle pièce, Les petites filles modernes, clin d'œil aux Petites filles modèles de la comtesse de Ségur.
RFI : Votre pièce Les Petites filles modernes raconte l'histoire de deux jeunes filles qui nouent un pacte d'amitié si fort qu'il en devient, en quelque sorte, surnaturel. Qu'avez-vous voulu raconter ?
Joël Pommerat : J'avais envie de me perdre un peu moi-même dans un certain nombre de questions. La question du pacte d'amour – amour au sens aussi, pourquoi pas, de l'amitié –, du serment du lien indestructible. Mais l'idée n'était pas d'avoir un projet de départ et de l'appliquer, c'était de vraiment faire une sorte de voyage avec des personnages d'enfants, ou d'adolescents en l'occurrence.
Vous avez écrit et mis en scène plusieurs pièces qui étaient adaptées de contes dans lesquels vous partiez d'un univers imaginaire pour aller ensuite vers le réel. Là, c'est plutôt l'inverse. On part du réel pour aller vers l'imaginaire. Pourquoi et comment cela s'est fait ?
Ce qui est certain avec ce spectacle, c'est que le surnaturel, j'avais envie de le représenter « en vrai », si on peut dire cela ainsi. Alors que dans certains autres spectacles qui partaient d'un conte très identifié comme Cendrillon, je crois que j'étais plutôt dans un travail de déconstruction de tout ce qui appartenait au surnaturel, voire au merveilleux. Je ramenais du trivial, je ramenais du réel. Là, il y avait cette idée de venir incarner le surnaturel, le rendre quasiment premier degré. Comment rendre compte de ce qui, normalement, dépasse le réel et comment le rendre visible ?
D'ailleurs, on ne fait pas que le voir, on le ressent. Il y a le jeu des comédiennes, mais il y a aussi les vibrations, beaucoup de choses autour du jeu, pour nous faire ressentir ce surnaturel. Avec une volonté de nous y immerger.
Il y a la volonté aussi de mettre le spectateur à contribution de cette incarnation, de cette représentation. Il y a une forme de co-réalisation. Cela utilise tout un tas de suggestions qui sont sensibles, qui sont de l'ordre du visuel et de l'auditif.
Vous explorez beaucoup, dans vos spectacles précédents, l'enfance et l'imagination de l'enfance. Là, plutôt que cette idée générale, il s'agit plutôt de la période de la pré-adolescence. Qu'a-t-elle de particulièrement intéressant à vos yeux ?
Nous avons, à peu près, entre douze et treize ans. C'est une période de rupture. C'est une période où, justement, il y a la question de l'enfance qui est posée comme la fin d'un chemin. Une mort, ou en tout cas la délivrance du poids que peut représenter l'idée d'être un enfant, d'être ligoté à l'intérieur de tout un tas d'injonctions. Finalement, d'un manque à vivre, d'un manque à exister par soi-même, presque un moment de combat pour aller récupérer, comme les personnages peuvent le dire, du pouvoir.
Concernant le titre de la pièce, Les petites filles modernes, est-ce une référence aux Petites filles modèles de la comtesse de Ségur ?
Je crois que, d'une façon assez lointaine, il y a une référence à cette autrice, la comtesse de Ségur, et à son univers, à sa façon à elle aussi de raconter cette période de la vie.
La pièce Les petites filles modernes, de Joël Pommerat, se joue au théâtre des Amandiers, à Nanterre, jusqu'au 24 janvier 2026.