«Mon père a été tué par les FSR»: au Soudan, se reconstruire malgré les séquelles de la guerre Podcast Por  arte de portada

«Mon père a été tué par les FSR»: au Soudan, se reconstruire malgré les séquelles de la guerre

«Mon père a été tué par les FSR»: au Soudan, se reconstruire malgré les séquelles de la guerre

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Le Soudan entre, mercredi 15 avril 2026, dans sa quatrième année de guerre. Le 15 avril 2023, démarraient à Khartoum, la capitale, les affrontements entre l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR) des paramilitaires. Il y a environ un an, la capitale a été récupérée par les forces armées soudanaises. La bataille a duré des mois et l'occupation de la ville par les FSR a laissé des stigmates durables. Comme dans le quartier d'Omdum, dans la banlieue est de la capitale

De notre correspondante à Khartoum,

Au fond d'un dédale de ruelles de sable de Khartoum, la capitale du Soudan, se trouve la petite maison de Maria Hassam Ibrahim, ou plutôt ce qu'il en reste. Durant leur occupation, les FSR ont tout pillé : « J'ai retrouvé cette pièce vide. Ils ont pris la cuisinière, la bonbonne de gaz, le mixeur, le frigo. Il ne restait rien. Dans ma chambre, ils n'ont laissé que le passeport de mon mari et mon diplôme universitaire. » En revanche, les livres n'ont pas bougé. « Ils n'ont rien pris de la bibliothèque. Ils n'ont rien pris parce que ce sont des illettrés », souligne-t-elle.

Maria Hassam Ibrahim est rentrée à Khartoum il y a une dizaine de jours. Omdum est l'un des derniers quartiers à avoir été libéré. Les voisins de Maria Hassam Ibrahim, eux, sont restés tout au long du conflit. Leur famille en a payé le prix fort. Hassan, 12 ans, le plus jeune fils, confie : « Les FSR étaient partout. On ne sortait pas de chez nous. Un jour, j'étais dans la cour quand ils ont frappé à la porte. Je suis allé chercher mes parents. Les miliciens cherchaient des femmes et il voulait entrer. Mes parents ont refusé, alors ils leur ont tiré dessus. Mon père a été tué et les FSR sont repartis. »

Suha Mustapha, la mère d'Hassan, nous accueille chez elle, comme elle le fait pour chaque voisin qui regagne le quartier. Dans son salon, quelques chaises, quatre lits pour les proches et un peu de vaisselle : « Beaucoup de choses ont été pillées, mais aujourd'hui, on a le minimum pour vivre décemment chez nous. De la vaisselle, des ustensiles de cuisine... La vie continue. Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé. À chaque fois que je regarde mes enfants, je me souviens qu'ils n'ont plus de père. M'occuper d'eux est une grande responsabilité. Ma maison se répare, mais ,on a perdu notre père. »

L'école du quartier a rouvert ses portes récemment. Hassan s'y rend cinq fois par semaine. Quand il sera grand, il sera médecin.

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