France: la flambée des prix du carburant met en péril l'activité des soignants à domicile
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En France, les prix à la pompe explosent, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Le litre d'essence a passé la barre symbolique des deux euros. La semaine dernière, pour faire face à l'envolée des prix, le gouvernement français a annoncé des mesures de soutien à certaines branches professionnelles, parmi lesquelles les pêcheurs, les agriculteurs et les transports routiers. D'autres, comme les professionnels de santé libéraux, se sentent abandonnés.
Il est 5h45 lorsque Naouel Helloub se prépare à démarrer sa journée, pochette de soins en bandoulière, devant sa voiture. Infirmière libérale, elle s'apprête à parcourir une quarantaine de kilomètres à travers plusieurs arrondissements de la ville de Marseille pour dispenser des soins à domicile. Une routine qu'elle connaît bien, mais qui, ces derniers temps, lui pèse davantage en raison de la flambée des prix du carburant.
« Hier, j'ai mis de l'essence et j'ai payé 70 euros, alors que j'ai une petite voiture. D'habitude, pour le plein, j'en ai pour 50 euros. C'est 20 euros de plus, confie-t-elle, préoccupée. Sachant que je fais deux pleins par semaine, je vous avoue que je n'ai pas osé compter, parce que sinon, j'arrête. »
Mais au-delà de l'aspect financier, c'est une question éthique qui la tourmente : « À un moment, je vais être obligée de sélectionner des patients qui sont à côté. » Un risque qui inquiète particulièrement ceux qui dépendent de ses visites, comme Hassen, son premier patient de la journée.
Âgé de 65 ans, ce dernier, lourdement malade et sans famille, ne cache pas son angoisse à l'idée de se passer de ses soins : « Je serais dans le pétrin, surtout pour les médicaments, parce que je m'y perds un peu. Qui va me faire la toilette ? Même avec déambulateur, je tombe. »
Aujourd'hui, les professionnels de santé qui réalisent des actes à domicile bénéficient d'indemnités kilométriques. Elles couvrent le temps de trajet, le coût du carburant et du stationnement. Mais selon Mélanie Ordines, présidente du syndicat national des orthoptistes et membre du bureau de l'Union nationale des professionnels de santé, elles sont loin de suffire : « La Sécurité sociale nous dit que pour aller apporter des soins, ça ne doit pas nous coûter d'argent par rapport à un autre soin. Avant cette augmentation du carburant, ce n'était déjà pas jouable. Désormais, on est encore plus en perte. »
Pour continuer à exercer, elle revendique des aides immédiates. « On demande des aides financières, des déductions afin d'éviter une nouvelle angoisse de stress financier simplement pour continuer à faire notre métier », insiste Mélanie Ordines. Mais elle demande aussi une priorité à la pompe pour les professionnels de santé. En revanche, elle comme Naouel excluent toute possibilité de faire grève, au nom de l'obligation de soins.
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