Quentin : une manif et des enjeux politiques - L'intégrale -
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Depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon samedi dernier, à l'issue d'une rixe entre militants d'extrême-droite et militants antifascistes, le climat politique s'est brusquement tendu.
La France Insoumise est pointée du doigt. La radicalité de ton du mouvement est, selon ses adversaires, responsable de la violence du débat public. Une violence dans les mots qui trouve d'après eux un écho dans ces affrontements de rue. L'association de LFI à l'organisation antifasciste la Jeune Garde alimente ces critiques.
Plusieurs partis appellent désormais à établir un cordon sanitaire autour du mouvement en vue des élections municipales à venir. Le PS a annoncé hier qu'il n'acceptera que dans de "rares" cas des rapprochements avec LFI lors du second tour de ces élections.
De l'autre côté de l'échiquier politique, le Rassemblement national de Jordan Bardella espère tirer profit de cette séquence pour poursuivre sa normalisation.
Car lors du second tour de la dernière élection présidentielle, le barrage républicain avait privé son parti de victoire. Le Medef, principale organisation patronale du pays, avait appelé à ce barrage. Les cadres du parti avaient alors identifié l'hostilité des milieux d'affaire comme l'une des dernières barrières à lever pour accéder au pouvoir. Depuis, les rendez-vous entre chefs d’entreprise et représentants du RN, autrefois tabous, se multiplient. Des rencontres qui en disent autant sur la volonté du patronat de séduire le RN que sur l'évolution du programme économique du parti. Mais si le RN se targue de ces rendez-vous avec les dirigeants de grands groupes, peu parmi ces derniers les confirment officiellement. Signe que le parti demeure un épouvantail pour l’élite économique.
Experts :
Abel MESTRE : Chef adjoint du service politique -“Le monde”
Jérôme JAFFRE : Politologue - Chercheur associé au CEVIPOF
JÉRÔME FOURQUET : Institut de sondages IFOP, Auteur de “Métamorphoses françaises”
Agathe LAMBRET : journaliste - “France Info”
En duplex de MILAN : Caroline BORDECQ; correspondante à Milan, notamment pour Ouest France