Produits éclaircissants: pourquoi on les utilise et comment on s'en sort? Podcast Por  arte de portada

Produits éclaircissants: pourquoi on les utilise et comment on s'en sort?

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[Questions de femmes]

Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Cette semaine, nous parlons de dépigmentation et de la pression sociale qui est exercée sur les femmes pour avoir un teint plus clair. Quels peuvent être les risques pour la santé ? Comment aider les femmes à arrêter cette pratique préjudiciable pour leur santé ?

Vouloir changer quelque chose dans son apparence, ça peut sembler à la fois légitime et naturel, surtout lorsque l'environnement y incite, et que l'on est persuadé que les produits employés sont inoffensifs, sur le plan de la santé. La dépigmentation volontaire est une pratique fréquente, dans certaines régions du monde. Une étude de l'OMS montre ainsi que près de 77 % des femmes utiliseraient régulièrement ces produits éclaircissants au Nigéria, 66 % au Congo Brazzaville ou encore 50 % au Sénégal.

Brûlures, infections, boutons ou vergetures

Derrière une pratique qui peut sembler à première vue inoffensive, existent en réalité de multiples risques pour la santé associés à l'usage de certains produits : des complications dermatologiques, mais aussi à long terme, un risque accru de maladies comme certains cancers ou le diabète…

Valoriser les peaux au naturel

Une pression sociétale incite les femmes à ces usages : une représentation de la réussite sociale, une valorisation de modèles importés, et une forme de dépréciation de la peau noire ou naturelle, associée à des normes héritées de la colonisation.

Le cercle vicieux de la dépigmentation

Cette pratique dangereuse pour la santé est d'autant plus problématique qu'y mettre fin présente plusieurs difficultés. On associe ainsi la dépigmentation à une dépendance, très complexe à arrêter : dans un premier temps, la peau peut présenter des tâches et imperfections qui vont conduire les personnes à reprendre cet usage. Certains dermatologues comparent les produits éclaircissants à une drogue.

Responsabilité publique

Il faut donc envisager la sensibilisation d'un point de vue global, qui exclut la culpabilité des usagers et intègre la complexité de l'arrêt de la pratique, dans un environnement propice. La lutte contre la dépigmentation est donc non seulement l'affaire des soignants, des patients mais aussi des pouvoirs publics, des médias et des supports de communication qui continuent de tolérer ou de faire la promotion de ces cosmétiques néfastes en particulier pour la santé des femmes.

Avec :

  • Ismahan Soukeyna Diop, Maitresse de conférences au département de psychologie et docteure en psychologie clinique à l’Université de Cheikh Anta Diop à Dakar au Sénégal

  • Dr Elena Bougaire, dermatologue, activiste féministe, Co-fondatrice de la Kimpavita, initiative culturelle féministe et éco-responsable

  • La palabre au féminin de Charlie Dupiot

Programmation musicale :

AsaJailer

ZilyMamio

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